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Le Nobel de la paix remis en son absence à l’Iranienne Narges Mohammadi

Couronnée pour "son combat contre l'oppression des femmes en Iran et sa lutte pour la promotion des droits humains et la liberté pour tous", la militante est détenue depuis 2021 à Téhéran

La célèbre militante iranienne des droits de l'Homme, Narges Mohammadi, participant à une réunion sur les droits des femmes, à Téhéran, en Iran, 27 août 2007. (Crédit : Vahid Salemi/AP)
La célèbre militante iranienne des droits de l'Homme, Narges Mohammadi, participant à une réunion sur les droits des femmes, à Téhéran, en Iran, 27 août 2007. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Une cérémonie prestigieuse avec une grande absente : le prix Nobel de la paix va être remis dimanche à Oslo à la militante iranienne Narges Mohammadi qui, emprisonnée dans son pays, sera représentée par ses enfants.

Farouche adversaire du port obligatoire du hijab pour les femmes et de la peine de mort en Iran, Mme Mohammadi, maintes fois arrêtée et condamnée ces dernières décennies, est détenue depuis 2021 à la prison d’Evin de Téhéran.

Couronnée par le comité Nobel en octobre pour « son combat contre l’oppression des femmes en Iran et sa lutte pour la promotion des droits humains et la liberté pour tous », elle sera donc absente à la cérémonie de remise du prix à 13H00 (12H00 GMT) à l’hôtel de ville d’Oslo.

A sa place, ce seront ses jumeaux de 17 ans, Ali et Kiana, qui se verront remettre la récompense en son nom et liront un discours qu’elle a réussi à transmettre depuis sa prison.

Quant à la lauréate, elle observera au même moment, selon sa famille, une grève de la faim en solidarité avec la communauté Bahaïe, plus importante minorité religieuse en Iran, qui se dit victime de discriminations dans de nombreux pans de la société.

De santé fragile, la militante de 51 ans avait déjà cessé de s’alimenter pendant plusieurs jours début novembre pour obtenir le droit d’être transférée à l’hôpital sans se couvrir la tête.

Elle est un des principaux visages du soulèvement « Femme, Vie, Liberté » en Iran.

Le mouvement, qui a vu des femmes tomber le voile, se couper les cheveux et manifester dans la rue, a été déclenché par la mort l’an dernier d’une jeune Kurde iranienne de 22 ans, Mahsa Amini, après son arrestation à Téhéran pour non-respect du strict code vestimentaire islamique.

Une femme brandissant une pancarte représentant une photo de Mahsa Amini, 22 ans, une Iranienne décédée alors qu’elle était détenue par les autorités iraniennes, lors d’une manifestation dans la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie, le 25 septembre 2022. (Crédit : Delil Souleiman/AFP)

La revoir en vie ?

Exilés en France depuis 2015, Kiana et son frère Ali n’ont plus vu leur mère depuis près de neuf ans et disent ignorer s’ils la reverront en vie. Lui dit y croire, elle non.

« La cause ‘Femme, Vie, Liberté’, la liberté en général et la démocratie valent la peine qu’on se sacrifie pour elles et qu’on donne sa vie pour elles parce qu’au final ces trois choses n’ont pas de prix », a estimé Kiana lors de la conférence de presse.

« Pour ce qui est de la revoir en vie un jour, personnellement, je suis assez pessimiste », a-t-elle confié. « Peut-être que je la verrai dans 30 ou 40 ans mais sinon, je ne pense pas la revoir un jour mais ce n’est pas grave car ma mère restera toujours avec moi dans mon cœur et avec ma famille. »

Ali, lui, s’est au contraire dit « très, très optimiste » même si cela ne se produira sans doute « pas dans deux, cinq ou dix ans ».

La contestation en Iran a été sévèrement réprimée. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), 551 manifestants, y compris des dizaines de femmes et d’enfants, ont été tués par les forces de sécurité, et des milliers d’autres arrêtés.

Selon leur avocate en France, les parents et le frère de Mahsa Amini ont été empêchés de quitter le territoire iranien pour recevoir, dimanche lors d’une cérémonie parallèle en France, le prix Sakharov décerné à la jeune femme à titre posthume.

Quant à Narges Mohammadi, elle est, dans l’histoire plus que centenaire du Nobel de la paix, la cinquième lauréate à recevoir le prix alors qu’elle est en détention après l’Allemand Carl von Ossietzky, la Birmane Aung San Suu Kyi, le Chinois Liu Xiaobo et le Bélarusse Ales Beliatski.

Les Nobel dans les autres disciplines (littérature, chimie, médecine, physique, économie) doivent être également remis dans la journée à Stockholm.

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