Le parti arabe israélien soutient une loi irlandaise contre les implantations
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Le parti arabe israélien soutient une loi irlandaise contre les implantations

La Liste arabe unie déclare qu'Israël "mérite toutes les sanctions et les boycotts", encourage les pays européens à ne pas céder au "lobby sioniste"

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh (C) dirige la faction hebdomadaire du parti à la Knesset, le 31 octobre 2016. (Miriam Alster/Flash90)
Le chef de la Liste arabe unie, Ayman Odeh (C) dirige la faction hebdomadaire du parti à la Knesset, le 31 octobre 2016. (Miriam Alster/Flash90)

Les députés arabes israéliens se sont prononcés mercredi en faveur d’un projet de loi irlandais qui devrait être présenté plus tard dans la journée et qui interdirait la vente et l’importation de biens produits par les implantations en Irlande.

« Il s’agit d’une mesure bienvenue et juridiquement justifiée », a déclaré le parti de la Liste arabe unie dans un communiqué de presse.

Le projet de loi 2018 sur le contrôle des activités économiques (des territoires occupés) érige en infraction « le fait d’importer ou de tenter d’importer des marchandises originaires des implantations ».

De même, ceux qui « aident une autre personne à importer ou à tenter d’importer des produits des implantations » commettraient un crime passible d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison, si le projet de loi était adopté.

Dans son éloge du projet de loi, la Liste arabe unie a évoqué à la fois l’“oppression israélienne contre le peuple palestinien” et ce qu’elle a décrit comme une capitulation européenne devant le « lobby sioniste ».

Le parti a déclaré qu’il espérait que l’adoption du projet de loi « marquerait le début d’une nouvelle étape dans laquelle Israël commence à payer un prix politique, économique et moral international pour ses actions » et, ajoute la déclaration, « une nouvelle étape dans le traitement du lobby sioniste comme un danger pour les valeurs que l’Europe prétend représenter ».

Bien que le projet de loi semble avoir le soutien d’une majorité de parlementaires irlandais, le gouvernement de Dublin – connu comme l’un des plus pro-palestinien en Europe – s’oppose à la loi et a soutenu qu’il n’est pas légalement autorisé à restreindre le commerce avec les entreprises israéliennes situées dans les implantations.

Des vignerons juifs inspectent les grappes de raisin dans un vignoble d’une implantation du Gush Etzion, en Cisjordanie, le 8 septembre 2014. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

« Le gouvernement irlandais a toujours condamné la construction d’implantations illégales », a tweeté la semaine dernière le ministre des Affaires étrangères Simon Coveney.

« Mais ce projet de loi demande au gouvernement irlandais de faire quelque chose qu’il n’est pas légalement habilité à faire – le commerce est une compétence de l’UE, pas une compétence irlandaise. FF [Fianna Fáil – Le Parti républicain] le sait – donc ce projet est à la fois opportuniste et irresponsable. »

La Liste arabe unie a déclaré que la « vague de lois fascistes » en cours au Parlement israélien était « le résultat direct du silence du monde contre les crimes du pays.

« Il est temps que le monde revienne à la raison et comprenne qu’il s’agit d’un État voyou », a précisé le parti, ajoutant qu’Israël « doit comprendre qu’il mérite toutes les sanctions, les boycotts et le gel des relations, comme punition pour sa politique violente et l’oppression quotidienne du peuple palestinien ».

La semaine dernière, l’ambassade d’Israël à Dublin a critiqué le projet de loi irlandais en disant qu’il était « immoral » et encourageait le terrorisme.

« L’ambassade d’Israël est préoccupée par les projets de loi qui accentuent les divisions entre Israël et les Palestiniens. La loi, qui promeut le boycott sous toutes ses formes, devrait être rejetée car elle ne fait rien pour parvenir à la paix, mais renforce les terroristes du Hamas ainsi que les Palestiniens qui refusent de s’asseoir à la table des négociations », a déclaré la mission israélienne dans un communiqué de presse.

« Fermer les portes ne facilitera en rien le rôle et l’influence de l’Irlande, est-il indiqué. « Il y a des parties directes au conflit. Boycotter l’un d’entre eux ne servira à rien et serait immoral. »

Le 30 janvier, le Sénat irlandais, connu sous le nom de Seanad Éireann, a étonnamment reporté le vote sur le projet de loi, quelques heures après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a vivement critiqué le projet de loi.

À l’époque, le gouvernement s’était opposé au projet de loi, mais s’était engagé à le réexaminer et peut-être à l’appuyer avant les congés d’été du Parlement, au cas où il n’y aurait pas de progrès significatifs dans le processus de paix israélo-palestinien.

« L’initiative soutient ceux qui cherchent à boycotter Israël et contrevient complètement aux principes directeurs du libre-échange et de la justice », avait déclaré M. Netanyahu à l’époque. Il avait également ordonné au ministère des Affaires étrangères de convoquer l’ambassadrice irlandaise en Israël, Alison Kelly.

Raphael Ahren a contribué à cet article.

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