Le parti travailliste fusionnera avec le Meretz ou Kakhol lavan, assure son n°1
Rechercher

Le parti travailliste fusionnera avec le Meretz ou Kakhol lavan, assure son n°1

Après avoir conduit le parti à ses pires résultats électoraux en avril et rencontré Netanyahu pour une possible entrée dans la coalition, Gabbay veut une alliance de centre-gauche

Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay s'exprime devant ses partisans et les médias à l'annonce des résultats des élections au siège du parti à Tel Aviv, le 9 avril 2019. (Crédit : FLASH90)
Le chef du Parti travailliste Avi Gabbay s'exprime devant ses partisans et les médias à l'annonce des résultats des élections au siège du parti à Tel Aviv, le 9 avril 2019. (Crédit : FLASH90)

Le président contesté duparti travailliste Avi Gabbay a fait savoir vendredi que le parti de centre-gauche fusionnerait avec le Meretz ou Kakhol lavan en vue des élections de septembre.

« Aux prochaines élections, le centre-gauche doit présenter trois partis plutôt que cinq », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Tel Aviv. « Le parti travailliste fusionnera avec le Meretz ou Kakhol lavan ».

Il a aussi appelé le parti centriste à renoncer à son accord de rotation « stupide », en vertu duquel ses dirigeants Benny Gantz et Yair Lapid partageront le poste de Premier ministre à tour de rôle, d’après la Treizième chaîne.

Le chef des travaillistes a exhorté les responsables politiques de centre-gauche à mettre de côté leurs intérêts personnels pour accroître leurs chances de chasser le Likud du pouvoir, quelques jours après avoir reconnu qu’il avait sérieusement envisagé de rejoindre la coalition de Benjamin Netanyahu.

Ses tractations avec le Likud avaient déclenché la fureur de son camp, qui a réalisé le pire résultat électoral de son histoire, ne remportant que six sièges lors du scrutin d’avril.

Le parti doit organiser des primaires pour désigner un nouveau président le mois prochain.

Le Meretz a publiquement soutenu l’idée d’une fusion avec le parti travailliste, une proposition bien accueillie par de nombreux hauts responsables du parti d’Avi Gabbay.

La députée et chef du parti Meretz Tamar Zandberg lors d’une réunion du parti à la Knesset, le 27 mai 2019. (Yanothan Sindel/Flash90)

Mercredi soir, ce dernier avait reconnu avoir considéré, et finalement rejeté, l’offre faite par le Likud de rejoindre le gouvernement à la place du parti Yisrael Beytenu d’Avigdor Liberman, qui a refusé de signer l’accord de coalition.

Il a assuré, jeudi soir, que la proposition comprenait la disparition de la législation de contournement de la Cour suprême et toute tentative d’immunité du Premier ministre, et accordait au parti travailliste un droit de veto sur « toute loi anti-démocratique ».

Avi Gabbay a également assuré qu’il avait tiré les leçons de ses déclarations générales après avoir affirmé, pendant la campagne électorale, qu’il ne rejoindrait « jamais » un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontre la présidente de la Cour suprême Esther Hayut et le vice-président Hanan Melcer, à gauche, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 28 mai 2019 (Autorisation)

Le dirigeant travailliste a confirmé des informations des médias selon lesquelles la réunion surprise de mardi entre le Premier ministre et la présidente de la Cour suprême Esther Hayut relevait d’une tentative du chef du Likud de montrer à Gabbay que sa proposition était sérieuse.

Cette rencontre était survenue après qu’Esther Hayut avait fustigé Netanyahu et ses efforts législatifs visant à étouffer le système judiciaire et s’octroyer une immunité contre toute poursuite. Netanyahu et sa formation du Likud tenteraient d’adopter une législation dite « de contournement », qui ôterait à la Cour son pouvoir de rejeter des lois adoptées à la Knesset et les décisions gouvernementales et parlementaires qu’elle considère comme anticonstitutionnelles.

Lors d’un entretien avec la douzième chaîne jeudi soir, Avi Gabbay a confié que lorsque Benjamin Netanyahu l’a contacté dimanche, il était alors clair que Liberman n’avait pas l’intention de rejoindre le gouvernement.

« J’avais sous les yeux une occasion d’empêcher l’érosion de la démocratie et ces lois », a-t-il estimé, faisant référence au projet de loi d’immunité et à celui de contournement de la Cour suprême.

« Si j’avais soupçonné un instant qu’il tentait de nous utiliser, je n’aurais pas décidé tenter de négocier », a expliqué le président travailliste, qui avait clamé pendant la campagne qu’on ne pouvait pas faire confiance à Netanyahu, produit des dizaines de publicités appelant les dirigeants des autres partis à promettre de ne pas siéger dans son gouvernement et mené une campagne accusant le Premier ministre de racisme à l’égard des Juifs séfarades.

En amont des élections d’avril, il avait également distingué son parti de Kakhol lavan en affirmant que sa formation était la seule des deux qui ne participerait pas à un gouvernement Netanyahu.

Interrogé sur ses déclarations passées, Avi Gabbay a répondu : « Je sais une chose aujourd’hui : je ne ferai plus de telles déclarations, car on ne sait jamais dans quelle situation on peut se retrouver un jour ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...