Le Premier ministre polonais invite ses citoyens à éviter les propos antisémites
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Le Premier ministre polonais invite ses citoyens à éviter les propos antisémites

Mateusz Morawiecki a appelé ses compatriotes à "éviter comme la peste même les blagues stupides et inutiles" et aussi à "expliquer les uns aux autres la réalité des faits"

Mateusz Morawiecki (à droite), Premier ministre polonais, serre la main de Jaroslaw Kaczynski, leader du parti PiS (Droit et Justice), au palais présidentiel de Varsovie, le 8 décembre 2017 (AFP / Janek Skarzynski)
Mateusz Morawiecki (à droite), Premier ministre polonais, serre la main de Jaroslaw Kaczynski, leader du parti PiS (Droit et Justice), au palais présidentiel de Varsovie, le 8 décembre 2017 (AFP / Janek Skarzynski)

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a appelé dimanche les Polonais à s’abstenir de tout commentaire antisémite, au moment où la Pologne est critiquée pour sa loi controversée sur la Shoah, qui vise à défendre le pays contre ceux qui l’associeraient aux crimes nazis.

« Je voudrais inviter chacun d’entre vous à contribuer à une pensée positive… à éviter des déclarations antisémites, car elles apportent de l’eau au moulin de nos ennemis, de nos adversaires », a déclaré M. Morawiecki lors d’une réunion à la mairie de Chelm.

Le Premier ministre a appelé ses compatriotes à « éviter comme la peste même les blagues stupides et inutiles », et aussi à « expliquer les uns aux autres la réalité des faits ».

La veille, le chef du parti conservateur au pouvoir en Pologne Jaroslaw Kaczynski avait appelé ses compatriotes à « rejeter résolument » l’antisémitisme, au moment où la Pologne est en pleine querelle avec Israël à propos de cette loi.

« Aujourd’hui, les ennemis de la Pologne, on pourrait dire le diable, nous soufflent une très mauvaise recette, une grave maladie de l’âme, de l’esprit… Cette maladie est l’antisémitisme. Nous devons le rejeter, le rejeter résolument », a affirmé M. Kaczynski.

La nouvelle loi, promulguée par le président Andrzej Duda le 6 février, prévoit trois ans de prison pour quiconque accuse la nation ou l’État polonais de participation aux crimes de l’Allemagne nazie, ou d’autres crimes contre l’humanité ou crimes de guerre. Elle a été critiquée par la France et les Etats-Unis et provoqué des tensions avec Israël.

Les initiateurs de la loi ont surtout voulu bannir la formule « camps de la mort polonais » utilisée parfois pour désigner les camps d’extermination nazis comme Auschwitz-Birkenau car ils étaient situés en Pologne à l’époque de l’occupation.

Les dirigeants israéliens y ont vu une tentative – démentie par Varsovie – de nier la participation de certains Polonais au génocide des Juifs.

Début février, l’ambassade d’Israël à Varsovie avait dénoncé une « vague d’attaques à base d’antisémitisme » et de commentaires antisémites déferlant en Pologne, sur internet et aussi dans des médias comme la chaîne publique TVP Info.

Un commentateur de cette chaîne avait tenu des propos censés être ironiques sur les camps de la mort. « On pourrait dire que ces camps n’étaient ni allemands ni polonais mais juifs. Finalement qui desservait les fours crématoires ? Et qui est-ce qui y périssait ? », avait-il dit.

Un autre commentateur avait dans un tweet ressuscité une vieille insulte adressée aux Juifs les qualifiant, dans des termes grossiers, de « cupides ».

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