Le président allemand appelle à combattre les réseaux d’extrême droite
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Le président allemand appelle à combattre les réseaux d’extrême droite

Frank-Walter Steinmeier s'exprimait à l'occasion d'une cérémonie commémorant les 40 ans de l'attentat meurtrier à l'Oktoberfest de Munich

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier s'exprime à l'institut Goethe de Boston, le 31 octobre 2019. (Crédit : AP Photo/Elise Amendola)
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier s'exprime à l'institut Goethe de Boston, le 31 octobre 2019. (Crédit : AP Photo/Elise Amendola)

Le chef de l’Etat allemand a appelé samedi à combattre « plus résolument » les réseaux d’extrême droite dans le pays, marqué par une montée des violences de ces milieux et des affaires de messageries à caractère néonazi dans la police.

« Les meurtres perpétrés par des terroristes d’extrême droite ces dernières décennies n’étaient pas le fait de déséquilibrés. Leurs auteurs étaient intégrés dans des réseaux de la haine et de la violence, ou bien se sont laissés inciter à commettre leurs actes », a déclaré Frank-Walter Steinmeier lors d’une cérémonie commémorant les 40 ans de l’attentat meurtrier à l’Oktoberfest de Munich.

« Nous devons dénicher ces réseaux. Nous devons les combattre, encore plus résolument que jusqu’à présent ! », a jugé le président allemand dans son discours.

Le 26 septembre 1980, treize personnes – dont l’auteur Gundolf Köhler – sont tuées pendant l’Oktoberfest par l’explosion d’une bombe déposée dans une poubelle. Plus de 200 autres sont blessées.

L’acte est considéré aujourd’hui comme l’attentat d’extrême droite le plus meurtrier d’Allemagne depuis 1945.

Longtemps les enquêteurs avaient toutefois jugé que l’auteur avait agi à la suite d’un chagrin amoureux, même si ses sympathies pour les franges radicales de droite étaient connues dès cette époque, a rappelé M. Steinmeier.

Le souvenir de cet attentat doit faire réfléchir « sur les erreurs » faites dans le passé pour élucider les attentats perpétrés par ces milieux, a-t-il estimé, citant aussi en exemple le groupuscule néonazi NSU dont les membres ont pu commettre une dizaine d’assassinats racistes pendant la décennie 2000 avant d’être finalement démasqués.

L’Allemagne a récemment été secouée par plusieurs actes violents perpétrés par des néonazis, dont la tentative d’attaque d’une synagogue à Halle qui s’est soldée par deux morts il y a un an, ou le meurtre de neuf personnes d’origine étrangère dans deux bars de Hanau en février.

M. Steinmeier a aussi évoqué l’affaire révélée récemment de groupes de discussion diffusant de la propagande d’extrême droite dans la police de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

« Il n’est plus permis de fermer les yeux » sur ce genre d’affaires, a-t-il prévenu. « Tous les efforts possibles doivent être faits pour démasquer ces réseaux d’extrême droite, où qu’ils se trouvent », a-t-il insisté.

L’Allemagne a connu plusieurs scandales similaires ces derniers mois au sein de ses services de sécurité et de l’armée.

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