Le président du Parlement sous pression pour avoir défié la Cour suprême
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Le président du Parlement sous pression pour avoir défié la Cour suprême

Si Yuli Edelstein ignore les juges, ce sera la fin de l'état de droit, mettent en garde plusieurs commentateurs

Le Président du Parlement israélien, Yuli Edelstein, s'exprime lors de la Conférence des Présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem, le 17 février 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Président du Parlement israélien, Yuli Edelstein, s'exprime lors de la Conférence des Présidents des principales organisations juives américaines à Jérusalem, le 17 février 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La pression s’accentue mardi sur le président du Parlement israélien Yuli Edelstein, sommé par la Cour suprême d’organiser l’élection de son successeur, ce qu’il a refusé de faire jusqu’à présent, exacerbant une grave crise politique.

La Cour suprême a ordonné lundi soir l’organisation d’un vote pour élire un nouveau président du Parlement, comme voulu par une majorité de députés issus du bloc de centre-gauche mené par Benny Gantz, rival du Premier ministre sortant de droite Benjamin Netanyahu.

Les juges ont motivé leur décision par la nécessité de sortir le pays de l’impasse politique, trois législatives en moins d’un an n’ayant pas permis d’aboutir à la formation d’un nouveau gouvernement.

M. Edelstein, un proche de M. Netanyahu, avait refusé de suivre un avis non contraignant préalablement formulé par la Cour suprême, jugeant qu’il s’agissait d’un « ultimatum » et qu’il n’appartenait pas aux juges de déterminer l’ordre du jour du Parlement.

Il a réaffirmé qu’un nouveau président ne pouvait être désigné qu’une fois un gouvernement formé.

A l’issue des législatives du 2 mars, Benny Gantz a été chargé de former un gouvernement, ayant reçu l’appui de 61 députés, contre 58 pour le Premier ministre sortant. Mais avec un paysage politique morcelé, il n’est pas certain qu’il parvienne à former une coalition stable.

Des membres du Likud, parti de M. Netanyahu et de M. Edelstein, ont soutenu le président du Parlement dans son refus d’obéir à la Cour suprême, plus haute juridiction du pays.

Le ministre de la Justice Amir Ohana à la Knesset, le 11 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Parmi ces personnalités figurent plusieurs ministres, dont celui de la Justice Amir Ohana.

A LIRE : Edelstein doit suivre l’avis de la Cour – sinon, c’est la fin de l’État de droit

Le parti Kakhol lavan de Gantz a accusé Edelstein de prendre en otage le pays, qui en plus d’une crise politique est confronté à une crise sanitaire posée par le nouveau coronavirus, avec 1 656 cas officiellement déclarés et deux décès.

« Aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin que ses élus mettent de côté leurs considérations politiques et travaillent pour lui », a affirmé mardi Kakhol lavan mardi dans un communiqué.

Benjamin Netanyahu a lui appelé M. Gantz à la « responsabilité ». « Les citoyens israéliens ont besoin d’un gouvernement d’union pour sauver leurs vies (…). L’heure n’est pas à une quatrième élection », a-t-il écrit sur Twitter.

M. Gantz refuse qu’un gouvernement d’union soit mené par M. Netanyahu, inculpé pour corruption dans trois affaires.

L’un des objectifs des adversaires de M. Netanyahu est de faire adopter une loi empêchant toute personne inculpée d’être Premier ministre. Or pour qu’une telle loi soit placée à l’ordre du jour, le président du Parlement doit être issu de leurs rangs.

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