Le psychiatre juif américain qui a pris le contrôle de la vie d’un patient
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Le psychiatre juif américain qui a pris le contrôle de la vie d’un patient

Pendant 40 ans, Isaac Herschkopf a convaincu l'homme d'affaires Martin Markowitz de s'éloigner de sa famille et de lui confier sa fortune

Marty Markowitz montrant son rucher dans la cour de son jardin de sa maison de Shouthampton. (Debra Nussbaum Cohen via JTA)
Marty Markowitz montrant son rucher dans la cour de son jardin de sa maison de Shouthampton. (Debra Nussbaum Cohen via JTA)

SOUTHAMPTON, New York (JTA) — C’est l’une des histoires les plus étranges que vous aurez l’occasion de lire, sur l’une des plus étranges histoires jamais racontées dans un podcast.

« Mon voisin le psy », classé numéro un dans les classements de podcast sur Apple pendant trois semaines d’affilée, s’intéresse à un psychiatre de Manhattan, le Dr Isaac « Ike » Herschkopf, connu pour avoir traité – et utilisé leur nom – un grand nombre de patients célèbres tout en se faisant un nom dans les cercles juifs américains et les clubs littéraires philanthropiques.

Le podcast, écrit et préparé par Joe Nocera, un journaliste de Bloomberg, traite principalement de Martin Markowitz, un patient de longue date d’Herschkopf, qui affirme avoir passé la majorité de sa vie – plus de 30 ans – sous l’influence d’Herschkopf. En sept épisodes, Joe Nocera décrit comment le psychiatre a isolé Markowitz de ses amis et de sa famille et l’a encouragé à ne pas chercher de partenaire potentiel pour se marier.

Ce n’est pas tout : « Le Psy » décrit comment Herschkopf est devenu le président de l’entreprise de Markowitz, a créé une fondation de charité presque entièrement avec l’argent de ce dernier et comment il a obtenu que la fondation et sa femme soient dans le testament de Markowitz après que son patient en eut retiré sa sœur et ses enfants sur les conseils du psychiatre.

Dans le même temps, le médecin a engrangé plus de 3 millions de dollars auprès de Markowitz sur trois décennies pour ses services, a déclaré le patient au JTA le mois dernier lors d’un entretien chez lui.

C’est cette même propriété bucolique en bois que l’on retrouve très largement dans le podcast : Nocera vit juste à côté, et bien qu’elle appartienne à Markowitz, Herschkopf a réussi à se l’approprier et à la présenter comme sienne pendant 26 ans – reléguant Markowitz dans les parties réservées aux invités à l’arrière de la propriété.

Herschkopf a affirmé que son patient était d’accord pour tout. La femme du journaliste parle au nom de nombreux auditeurs quand elle dit dans le podcast : « Il faut être deux pour danser ». Markowitz a reconnu qu’il était vulnérable et qu’il avait suivi de son plein gré les instructions de son psychiatre. Ceci étant, le podcast explore la question de l’éthique professionnelle d’un psychiatre qui s’insinue dans la vie personnelle, familiale et financière d’un patient à ce point.

Depuis le lancement du podcast en mai, Herschkopf en a subi des conséquences professionnelles.

Il a rapidement disparu du site internet de la faculté de médecine de l’Université de New York. Il a démissionné de son plein gré, a expliqué l’intéressé au JTA lors d’un entretien téléphonique.

Il a ensuite également démissionné de la FASPE, une association pour l’étude de l’éthique professionnelle, où il siégeait au comité de direction, selon son président, David Goldman.

« Nous avons accepté sa démission. Notez, s’il-vous-plaît, que nous n’avons pas fait la moindre enquête indépendante sur les éléments contenus dans le podcast », a déclaré ce dernier au JTA.

En réponse à un message, Herschkopf a appelé le JTA à trois reprises.

« J’ai démissionné [de NYU et de la FASPE] pour leur éviter la mauvaise publicité que Nocera allait leur apporter », a déclaré Herschkopf dans l’un des appels.

Il a ensuite remis en question la motivation de Nocera pour réaliser le podcast, notant que le journaliste joue au tennis sur le court de Markowitz.

« On pourrait penser que cela compromet sa neutralité », a déclaré le psychiatre.

Herschkopf a également dit que « 90 % du podcast n’est pas vrai ou sorti de son contexte », et que « Nocera mène une vendetta contre moi depuis 10 ans », cela remonte au moment où le journaliste a commencé à enquêter sur les affirmations de Markowitz.

Nocera a répondu au JTA que le podcast se basait sur des « informations rigoureuses et des faits vérifiés à trois niveaux, par moi, des employés de Wondery et de Bloomberg », qui ont produit le podcast ensemble.

Le podcast a fait l’effet d’une bombe dans les cercles philanthropiques et juifs orthodoxes modernes très fermés de Manhattan. Herschkopf était connus pour avoir organisé des fêtes d’été dans les Hamptons qui réunissaient entre 70 et 170 personnes transportées en bus – loués par Markowitz – vers une maison dont la boîte aux lettres portait le nom du « Dr Isaac Stevens », le surnom d’Herschkopf. Ce dernier faisait préparer à Markowitz la maison pour chaque fête et lui demandait de s’occuper du barbecue casher et de servir les invités.

Même si les patients étaient souvent invités à des fêtes et se mêlaient aux autres convives, les invités avec qui le JTA s’est entretenu ne se doutaient pas que Markowitz était le patient de Herschkopf. Ils pensaient – d’après la tenue de Markowitz et son rôle visible de serveur – qu’il avait été recruté pour la fête.

Actrice Gwyneth Paltrow participe à un Bal de Tiffany & Co. Blue Book Ball au centre Rockefeller le jeudi 18 avril 2013 à New York. Le magasine People a nommé Paltrow comme la plus belle femme du monde pour 2013. (Crédit photo : Evan Agostini/Invision/AP, File)

Les fêtes attiraient des célébrités, des acteurs et écrivains, et la crème de la crème du monde juif orthodoxe moderne de Manhattan. Gwyneth Paltrow, qui a été la patiente d’Herschkopf pendant un certain temps, comptait parmi les invités, relate Markowitz.

Parmi les autres invités figuraient l’écrivain Shalom Auslander et Gary Rosenblatt, rédacteur en chef et propriétaire du New York Jewish Week. Pendant des années, Herschkopf y a écrit des articles, le plus récemment en septembre. L’un d’eux parlait du fait qu’il avait été battu par son père, un survivant d’Auschwitz.

Gary Rosenblatt précise qu’il ne connaissait Herschkopf que de vue.

« J’ai dîner avec lui quelques fois, et il semble connaître tout le monde, mais rien de plus », a déclaré ce dernier au JTA.

Shalom Auslander a produit un récit à peine voilé de son époque avec son psychiatre obsédé par les célébrités pour le New York Times en 2006. Peut-être qu’il s’agissait simplement de renvoyer l’ascenseur : Herschkopf avait écrit une lettre au magazine Esquire en 2001 en se présentant comme Isaac Steven Hersch, le psychiatre d’Auslander.

Auslander n’a pas donné suite aux tentatives du JTA de le contacter.

Une autre écrivaine célèbre, qui a demandé à ce que son nom ne paraisse pas dans cet article, a déclaré qu’elle n’était jamais allée aux fêtes de Southampton, mais qu’elle avait participé à un Seder de Pessah avec Herschkopf et sa famille dans leur appartement de Manhattan.

« Est-ce que c’est un véritable choc pour moi ? Non », confie-t-elle. « Il y a quelque chose chez lui, son obsession pour les gens célèbres, et il semble toujours se ranger du côté des personnalités célèbres littéraires. Personnellement, je ne le recommanderais jamais à quiconque ».

D’importants rabbins orthodoxes modernes et des responsables de la communauté étaient aussi invités à ces fêtes estivales : le rabbin Haskel Lookstein de l’école Ramaz et de la congrégation Kehilath Jeshurun, le rabbin Arthur Schneier de la synagogue Park East, son fils, le rabbin Marc Schneier de la Synagogue Hampton, le rabbin Joseph Telushkin, l’auteur de nombreux livres sur la littérature et l’éthique juives.

« Dans le Code de l’éthique juive volume 2 : aimer son voisin comme soi-même », Herschkopf est la première des dizaines de personnes que Telushkin remercie. Il cite aussi le psychiatre plusieurs fois dans le livre. Il n’a pas répondu à un courriel et aux messages vocaux laissés par le JTA.

Le psychiatre Samuel Klagsbrun et sa femme, l’écrivaine Francine Klagsbrun, étaient aussi de ces fêtes.

« Nous avons pu y participer. Je ne le connais pas particulièrement bien », a déclaré Samuel Klagsbrun, qui a fondé les Hôpitaux des quatre vents, qui proposent des service psychiatriques dans le nord de l’État de New York.

Après avoir entendu les accusations portées contre Herschkopf, Samuel Klagsbrun a déclaré : « C’est l’une des pires histoires que j’ai jamais entendues. Utiliser la psychiatrie pour manipuler les gens comme cela est vraiment criminel. On devrait lui retirer son autorisation de pratiquer la médecine. Il a utilisé ses talents pour manipuler les gens. Les dégâts qu’il a faits à Marty… et cela salit l’image de toute la psychiatrie ».

Martin Markowitz la maison de Southampton, qui a été la scène de fêtes bruyantes, organisées par son psychiatre, avec des célébrités et des membres de la communauté orthodoxe moderne de New York. (Debra Nussbaum Cohen via JTA)

Mettre du sel sur les plaies ouvertes

J’ai rendu visite à Markowitz dans les Hamptons un samedi de juin. Il m’a fait faire le tour de sa somptueuse propriété lors d’une journée ensoleillée, rafraîchie par une petite brise. Celle-ci est dotée d’une grande piscine agrémentée d’un toboggan, d’un terrain de basketball de taille réelle, d’un court de tennis, d’un jacuzzi et de sculptures modernes. A cela viennent s’ajouter de multiples mares pleines de carpes et un parcours de golf miniature de 18 trous conçu par un professionnel – l’un des cinq installés dans des maisons privées dans le pays à l’époque, d’après Markowitz. Il a été installé sur les instructions du psychiatre et payé par Markowitz, a-t-il expliqué au JTA.

Markowitz paraît 10 ans plus jeune que ses 77 ans. Il est ravi de me montrer la ruche où il a récemment commencé à produire du miel. Il prévoit d’installer bientôt un poulailler. Il fait preuve d’esprit et de sérénité et semble assez détaché lorsqu’il relate sa relation avec Herschkopf. Il semble assez content.

Mais cela n’a pas toujours été le cas. En juin 1981, Markowitz, alors âgé de 39 ans, avait récemment perdu ses deux parents et s’est retrouvé, de manière inattendue, à la tête de leur importante entreprise familiale, Associated Fabrics. En 1980, son oncle l’a poursuivi en justice, mécontent que son défunt frère ait laissé 50 % de l’entreprise à son fils Marty. L’année précédente, Markowitz a rompu ses fiançailles après que sa fiancé a refusé de signer un accord prénuptial. Une période stressante et douloureuse.

Le rabbin Shlomo Riskin s’exprime à la Lincoln Square Synagogue. (Capture d’écran: YouTube/JBS)

Il s’est adressé à son rabbin, Shlomo Riskin, à l’époque responsable de la synagogue Lincoln Square, qui avait rapproché Markowitz du judaïsme. Celui-ci lui a recommandé Herschkopf, alors jeune psychiatre approchant la trentaine. Par le biais de son assistant, Riskin – qui vit en Israël depuis 1983 – a indiqué qu’il « ne peut fournir aucun souvenir, réflexion ou informations sur le sujet ».

Markowitz a commencé à voir Herschkopf trois fois par semaine.

« Petit à petit, sur une période d’environ 18 mois, Ike a commencé a mettre du sel sur mes plaies ouvertes », a déclaré Markowitz. Il a fait sortir de ma vie ma sœur et ses trois enfants, toute ma famille et mes amis proches ».

« Le mantra qu’Ike répétait tout le temps était ‘tu n’arrives pas à faire face à la vérité. Tu es passif agressif, tu n’arrives pas à faire face à la confrontation, tu vas faire foirer tes activités et perdre des clients », s’est souvenu Markowitz.

Alors qu’il détruisait le peu de confiance en lui qu’il restait à Markowitz, Herschkopf a progressivement commencé à s’immiscer dans les décisions professionnelles d’Associated Fabrics.

Phyllis Shapiro, la sœur de trois ans la cadette de Markowitz, travaillait alors dans l’entreprise. Au début 1983, Herschkopf m’a donné « l’instruction de réduire progressivement le salaire de Phyllis de 5 000 dollars, ce que j’ai fait plusieurs fois », a déclaré Markowitz au JTA.

Le psychiatre lui a dit de faire une deuxième bar mitzvah en mai 1983 et de ne pas y inviter sa sœur et ses enfants.

Puis Shapiro est partie en Suisse, selon le podcast, et a retiré l’argent hérité de leurs parents d’un compte en banque détenu en commun avec son frère, elle a retiré des pièces d’or d’un coffre fort également conjoint et a pris des obligations dans l’appartement de Markowitz.

« A la demande insistante du Dr. Ike, j’ai renvoyé Phyllis d’Associated Fabrics », a écrit Markowitz dans une chronologie des événements qu’il m’a partagée à Southampton.

Markowitz a écrit une lettre dont il a dit qu’elle avait été rédigée par Herschkopf affirmant que « personne dans la famille ne devrait jamais hériter de mon argent ». Toujours sur l’insistance du psychiatre, il a embauché un coursier pour déposer la lettre, qui l’a laissée à la fille de Shapiro alors âgée de 11 ans.

Après avoir poussé Markowitz à couper les liens avec toutes ses relations, « Ike a dit, ‘tu n’as pas de famille ? Ne t’inquiète pas. Ma famille sera ta famille, mes enfants sont comme tes nièces et neveux, et nous allons te bâtir une vie sociale », a raconté Markowitz.

En février 1984, Herschkopf « m’a donné l’instruction de créer la fondation Yalon », a écrit Markowitz dans sa chronologie. « Le Dr. Ike, Rebecca (sa femme) et moi sommes les responsables et directeurs. Dans le même temps, il m’a convaincu de rédiger un testament laissant toute ma propriété à la fondation Yalon. Le Dr Ike est le seul exécuteur du testament ».

Cette année-là, Markowitz et sa sœur étaient en très mauvais termes. Ils ont accepté de laisser le rabbin Riskin régler le conflit et, après un beit din, ou tribunal rabbinique, auquel le frère et la sœur ont fait venir des avocats, Riskin a publié une décision de séparation des biens entre les deux, ce qu’ils ont tous les deux accepté.

Après cela, « je n’ai pas vu ma sœur pendant 27 ans », a déclaré Markowitz au JTA.

« J’avais un anneau dans le nez, et il me menait pas le bout du nez », a-t-il dit au sujet d’Herschkopf.

Quand on lui demande s’il avait une résistance interne aux demandes que le psychiatre lui faisait, Markowitz répond : « Je devais mettre mes sentiments de côté. Si ma sœur me contactait, si elle laissait un message ou m’envoyait une carte d’anniversaire ou de Nouvel An, il me donnait l’instruction de « m’apporter toutes ces choses ». Nous les lisions ensemble, et il les interprétait ».

« J’étouffais vers ma propre mort »

A l’époque, Markowitz ne possédait que la propriété de Southampton, aujourd’hui une résidence d’amis. En septembre 1986, selon Markowitz, Herschkopf lui a donné l’instruction d’acheter la propriété attenante. Les propriétés étaient liées, et la première de ce qui allait devenir des fêtes estivales légendaires eut lieu en juin 1987 à la propriété que Herschkopf a commencé à présenter comme étant la sienne.

Des photos d’Herschkopf en compagnie de célébrités recouvraient les murs de la maison. Herschkopf donnait l’instruction à Markowitz de les encadrer à ses propres frais. Il a aussi demandé à Markowitz de taper à la machine chaque manuscrit des 12 livres qu’il a écrits, dont la plupart n’ont jamais été publiés.

Le Dr Isaac Herschkopf, à gauche dans la photo avec Henry Kissinger, qui a donné la tâche à son patient Marty Markowitz de s’occuper des photos qu’il a prises avec des célébrités. (Debra Nussbaum Cohen via JTA)

Pour les fêtes, « chaque invitation venait de la part du Dr Ike et de sa famille, sans aucune mention de moi », a écrit Markowitz dans sa chronologie.

Assurément, ce n’est pas le seul cas où un psychiatre a été accusé d’avoir manipulé un patient en l’éloignant de sa famille. L’héritière Gloria Vanderblit, aujourd’hui décédée, a fait la même expérience avec son psychiatre, le Dr Christ Zois. Elle a fini par le poursuivre en justice et obtenu 1,3 million d’euros de lui et d’un avocat qu’elle a accusé d’avoir « profité de sa fortune et de sa fragilité émotionnelle ». Il a fallu beaucoup plus de temps pour qu’elle se réconcilie avec son fils Stan Stokowski.

Markowitz a commencé à être agacé par son psychiatre quand le docteur a insisté pour qu’il conserve ses activités à Manhattan, dans un espace qu’il ne pouvait plus se permettre.

« J’étouffais lentement vers ma mort », se souvient-il. « Nous étions à quatre ou cinq mois de la faillite », aussi bien à cause du loyer que des frais qu’il payait à son psychiatre directement de son activité.

Markowitz a déclaré qu’en 1995, il avait perdu plus de 1,3 million d’euros qu’il avait investis, sur les conseils d’Herschkopf, dans le Bennett Funding Group, qui a fait faillite après que le SEC [l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers] a lancé une procédure judiciaire pour fraude. A l’époque, il s’agissait de la plus grande fraude de Ponzi dans l’histoire des Etats-Unis.

Markowitz explique qu’il a rompu avec Herschkopf en 2010 après que Markowitz s’est fait opérer d’une hernie et qu’Herschkopf n’a pas pris des nouvelles de son patient, et ami supposé, pendant presque 40 ans.

« J’étais dévasté », a déclaré Markowitz. « Je commençai à remettre en question l’intégralité de notre relation ».

En utilisant les leçons tirées d’Herschkopf, Markowitz a écrit une lettre disant qu’il voulait faire une pause. Le docteur lui a écrit en retour pour avertir Markowitz qu’il faisait une terrible erreur et qu’il perdrait son affaire à cause d’employés manipulateurs.

En décembre, Markowitz, a contacté sa sœur, Phyllis. Quand elle a décroché le téléphone, elle lui a dit, « j’attends cet appel depuis 27 ans ».

Même s’il a fallu du temps à ses enfants pour lui faire à nouveau confiance, ils sont maintenant plus proches que jamais.

Martin Markowitz et sa soeur, Phyllis Shapiro, réconciliés après 27 ans de séparation – une séparation, dont ils disent tous les deux qu’elle a été orchestrée par le psychiatre Isaac Herschkopf. (Debra Nussbaum Cohen via JTA)

Dans les années qui ont suivi 2010, le frère et la sœur ont fait ensemble le tour de l’Italie et voyagé en Chine. Shapiro passe désormais beaucoup de temps dans la propriété de Southampton, où elle prend des leçons de tennis quotidiennes et participe à des compétitions. Le jour où j’ai rendu visite à Markowitz, ces voisins sont passés – y compris Joe Nocera, qui vit juste à côté. Les deux se sont rencontrés il y a des années, quand Herschkopf l’a invité à l’une de ses fêtes d’été. Nocera, comme tout le monde, pensait alors que Markowitz était l’employé du psychiatre.

En quête de justice

Les choses ont changé pour Markowitz.

« Une fois que j’ai commencé à diriger complètement l’entreprise par moi-même, j’ai retrouvé la pêche », a déclaré Markowitz au JTA. Je suis diplômé de l’Ecole Wharton et en droit à NYU – ça fait un sacré CV ! »

L’activité est plus petite, mais elle fait des bénéfices pour la première fois depuis des années.

« Je suis plus heureux que je ne l’ai été pendant des années et des années », se félicite-t-il.

Selon lui, deux autres patients d’Herschkopf, avec des histoires similaires de manipulation, se sont faits connaître, même si ni lui ni Nocera n’ont dévoilé leurs noms ni accepté de les contacter pour le compte du JTA.

Le seul autre objectif de Markowitz est de s’assurer qu’Herschkopf soit sanctionné disciplinairement pour ses fautes éthiques. Les plaintes qu’il a déposées au Département de la Santé de New York en 2012 n’ont pas abouti. Et Herschkopf a démissionné de l’Association de psychiatres américains, a déclaré Markowitz, après qu’il a été informé qu’il allait être visé par une enquête sur son comportement.

Une porte-parole du Département de la Santé (DOH), Erin Silk, a déclaré au JTA, qu’en « rapport avec la loi de santé publique, le Département ne peut pas confirmer ou démentir la réception de toute plainte ou l’existence d’une enquête du Bureau de conduite professionnelle médicale (OPMC) d’un titulaire à moins que des charges n’aient été publiées sur le site internet du DOH ou que le Comité pour la conduite professionnelle médicale ait entrepris une action publique ».

Dans le podcast, Markowitz décrit une conversation avec un employé de l’OPMC qui l’a informé que la plainte était traitée, mais n’a rien pu dire d’autre.

Une recherche du nom d’Herschkopf dans la section de l’OPMC du site internet du DOH n’a rien donné.

« Je veux que justice soit rendue, et pour moi, le voir perdre son autorisation à pratiquer la médecine, c’est la justice. Je ne veux pas qu’il refasse la même chose à quiconque ».

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