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Le rabbin Moshe Tendler, militant orthodoxe du don d’organes, décède à 95 ans

Doyen de l'école rabbinique et professeur de biologie à l'université Yeshiva, il était considéré comme un expert en matière de loi juive et d'éthique médicale

Le rabbin Moshe Tendler, décédé le 28 septembre, était un fervent partisan de l'idée que la mort cérébrale, plutôt que la simple cessation des battements du cœur, devrait être considérée comme un décès selon la loi juive, permettant ainsi le don d'organes. (Crédit : Ben Harris)
Le rabbin Moshe Tendler, décédé le 28 septembre, était un fervent partisan de l'idée que la mort cérébrale, plutôt que la simple cessation des battements du cœur, devrait être considérée comme un décès selon la loi juive, permettant ainsi le don d'organes. (Crédit : Ben Harris)

JTA – Le rabbin Moshe Tendler, expert en droit juif et en éthique médicale, est décédé mardi à l’âge de 95 ans.

Doyen de l’école rabbinique et professeur d’éthique médicale et de biologie juive à l’université Yeshiva, Tendler était considéré comme un expert en matière de loi juive et d’éthique médicale.

Il était néanmoins surtout célèbre pour l’ardeur avec laquelle il défendait la position juridique juive selon laquelle la mort cérébrale constituait la mort, permettant ainsi aux Juifs orthodoxes de recevoir et de donner des organes en cas de mort cérébrale.

Il était également connu pour l’attitude parfois dédaigneuse avec laquelle il considérait ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui sur cette question et sur d’autres. Lorsqu’un groupe de rabbins a émis un avis concluant que l’arrêt des battements du cœur, plutôt que la mort cérébrale, constituait la mort, il les a dénoncés publiquement, un acte inhabituel dans le monde habituellement discret des décideurs de la loi juive orthodoxe.

« Vous dites une chose, je crois que vous êtes ignorant sur ce sujet », avait déclaré Tendler à la Jewish Telegraphic Agency en 2011. « Ce n’est pas une insulte. C’est un fait.  »

Né et élevé dans le Lower East Side de Manhattan, Tendler a grandi dans un environnement dans lequel il a pu à la fois étudier les matières communes et religieuses, de façon rigoureuse, dès son plus jeune âge, et ce sous la tutelle de sa mère, diplômée en droit, et de son père, directeur de la yeshiva Rabbi Jacob Joseph.

Tendler a grandi à quelques rues de la maison du rabbin Moshe Feinstein, l’une des plus importantes autorités rabbiniques orthodoxes des États-Unis au XXe siècle. Tendler est finalement devenu le gendre de Feinstein. Il a rencontré la fille de Feinstein, Shifra, lorsqu’elle l’a abordé dans une bibliothèque publique du quartier pour lui poser une question sur la chimie.

« Après cela, j’ai réussi à venir plus souvent à la bibliothèque pour étudier », se souvient Tendler. Il a étudié à l’université de New York, a été ordonné à l’université Yeshiva en 1949 et a obtenu un doctorat en microbiologie à l’université Columbia en 1957. Il a formé des centaines de médecins et de rabbins lorsqu’il enseignait la biologie et le Talmud à l’université Yeshiva.

En plus d’enseigner, Tendler a également été rabbin de la Community Synagogue de Monsey, à New York, de 1967 à sa mort.

Le rabbin Moshe Feinstein. (Crédit : Chanoch Gruenman, Wikimedia Commons)

Tendler a exercé une importante influence sur les positions de Feinstein sur les questions de loi et de médecine juives et a servi de pont entre les experts scientifiques et les experts en loi et éthique juives, écrivant des articles dans les meilleures revues médicales, ainsi que pour les érudits juifs.

« Je me souviens qu’il m’a raconté comment il avait l’habitude d’échanger avec le rabbin Feinstein et qu’il décrivait la science derrière tout cela. En fin de compte, c’est le rabbin Feinstein qui prenait les décisions, mais le rabbin Tendler était son interprète pour une grande partie des connaissances scientifiques », a déclaré Alan Jotkowitz, professeur à l’université Ben Gourion du Negev, directeur du Jacobovits Center for Jewish Medical Ethics et directeur de la Medical School for International Health and Medicine.

M. Jotkowitz, qui a suivi les cours de biologie et de Talmud de M. Tendler à l’université Yeshiva, a décrit M. Tendler comme une influence majeure pour lui-même et pour d’autres médecins orthodoxes, à qui M. Tendler a donné les moyens d’être des spécialistes du judaïsme et de la science.

« Il disait qu’il n’y avait pas de conflit entre la connaissance scientifique et la Torah… Il disait qu’on pouvait voir la sagesse de Dieu dans la Torah, mais le rabbin Tendler pensait aussi qu’on pouvait voir la sagesse de Dieu dans la nature et dans l’étude de la nature », a déclaré Jotkowitz.

Les funérailles de Tendler étaient prévues jeudi après-midi à la Community Synagogue de Monsey, à New York. Il laisse derrière lui huit enfants.

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