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Le rejet de l’accord par le Hamas a précédé le vote du Conseil de sécurité de l’ONU – USA

Selon un haut responsable de l'administration Biden, l'affirmation de Netanyahu selon laquelle la résolution a durci la position du Hamas est inexacte et injuste pour les otages

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des parents et des sympathisants des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza par le groupe terroriste palestinien du Hamas à la tête du défilé de Pourim, à Jérusalem, le 25 mars 2024. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)
Des parents et des sympathisants des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza par le groupe terroriste palestinien du Hamas à la tête du défilé de Pourim, à Jérusalem, le 25 mars 2024. (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP Photo)

WASHINGTON – Le rejet par le Hamas de la dernière proposition d’accord sur les otages a précédé la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies appelant à un cessez-le-feu et à un accord sur les otages, que Washington a laissé adopter, a déclaré jeudi un haut responsable de l’administration Biden au Times of Israel, reprochant au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir affirmé que le vote de l’ONU avait amené le groupe terroriste à durcir sa position.

Le cabinet de Netanyahu avait déclaré par voie de communiqué que la décision du Hamas de rejeter le compromis négocié par les États-Unis était « une triste illustration des dégâts causés par la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU ».

S’exprimant sous couvert d’anonymat, le haut responsable de l’administration Biden a réagi à l’affirmation de Netanyahu en disant : « Cette déclaration est inexacte à presque tous les égards et injuste envers les otages et leurs proches. »

« La description faite de la réponse du Hamas a à voir avec le traitement de l’information et non avec la substance réelle de cette réponse, qui était prête avant le vote de l’ONU », a déclaré le responsable.

« Nous ne ferons pas de politique avec cette question très importante et difficile, et nous restons concentrés sur notre objectif de conclure un accord pour libérer les otages », a ajouté le responsable en critiquant ouvertement Netanyahu, auquel il reproche manifestement de négliger les 134 otages encore aux mains du Hamas et de ses complices.

La veille, la Maison Blanche avait reproché au Premier ministre d’avoir provoqué une crise entre les États-Unis et Israël. Netanyahu avait renoncé à envoyer une délégation de proches collaborateurs à Washington pour parler d’une éventuelle offensive de Tsahal à Rafah, dans le sud de Gaza, en représailles à l’abstention des États-Unis lors du vote sur la résolution du Conseil de sécurité, qui a permis son adoption.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu célèbre la fête juive de Pourim avec des agents du Bataillon Erez de la police militaire, le 24 mars 2024. (Crédit : Haim Zach, GPO)

Quelques heures après le vote, le Hamas a publié une déclaration disant avoir informé les médiateurs des négociations sur les otages à Doha qu’il s’en tiendrait à sa position initiale – déjà rejetée – d’un cessez-le-feu permanent assorti du retrait des troupes israéliennes de Gaza, du retour des Palestiniens déplacés et d’un « véritable » échange de « prisonniers ».

Le haut responsable de l’administration a maintenu que le Hamas avait donné sa réponse avant le vote.

Un haut responsable du Hamas, Oussama Hamdan, a en effet publié une déclaration, quelques heures avant la réunion du Conseil de sécurité, rejetant l’implication des États-Unis dans les pourparlers avec le Qatar et l’Égypte et affirmant que les médiateurs mettaient trop l’accent sur le nombre de prisonniers de sécurité palestiniens à libérer dans le cadre de l’accord, plutôt que sur des questions plus importantes pour le Hamas telles que la fin de ce qu’il qualifie d’ « agression » israélienne à Gaza ou l’intensification de l’aide humanitaire, sans oublier le retour des Palestiniens dans le nord de la bande de Gaza et le projet de reconstruction de l’enclave.

Mardi, le cabinet de Netanyahu a accusé le Hamas de se replier sur ses « exigences extrêmes », jusqu’à la cessation totale et définitive des hostilités et le retrait complet de Tsahal de Gaza.

Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a déclaré dans une interview à la radio, mardi matin, que la décision américaine de ne pas opposer son veto à la résolution du Conseil de sécurité nuirait à la position d’Israël dans les pourparlers en vue de la libération des otages.

Le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, a déclaré mardi à Bloomberg TV que la décision américaine donnait au Hamas des raisons de croire qu’il « pourrait obtiendr un cessez-le-feu sans pour autant relâcher les otages ».

Le cabinet de Netanyahu a déclaré lundi que l’abstention américaine l’éloignait de la politique américaine pratiquée jusqu’alors, conditionnant le cessez-le-feu à la libération par le Hamas des otages enlevés le 7 octobre, ce à quoi les autorités américaines ont rétorqué que ce n’était pas leur interprétation de la résolution et que leur position n’avait pas changé.

Le conseiller du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, répondant à des questions sur Israël lors d’une conférence de presse, le 25 mars 2024. (Crédit : Jacquelyn Martin/AP Photo)

« Il semble que le cabinet du Premier ministre tente de faire croire quelque chose qui n’a pas lieu », a déclaré le conseiller de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, lors d’une conférence de presse.

« Nous sommes un peu perplexes à ce sujet. Il s’agit d’une résolution non contraignante, donc il n’y a aucun impact sur la capacité d’Israël à continuer à lutter contre le Hamas », a déclaré Kirby.

Un deuxième responsable américain a déclaré à un petit groupe de journalistes que les États-Unis s’étaient efforcés de garantir que les demandes de cessez-le-feu et de libération des otages, dans la résolution, figurent dans le même paragraphe – ce qui n’était pas le cas initialement -, afin de ne pas donner l’idée qu’elles ne seraient pas liées. Pour autant, le texte ne conditionne pas explicitement la demande de cessez-le-feu à celle de libération des otages.

Ce responsable a ajouté que l’administration Biden était perplexe face à ce qu’elle considère comme une réaction excessive de Netanyahu, qu’elle pense motivée par la politique intérieure israélienne.

Lazar Berman a contribué à cet article.

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