Le Shin Bet crée une nouvelle division pour lutter contre la criminalité arabe
La nouvelle division a été créée suite aux accords entre le Likud et Otzma Yehudit ; les ONG réagissent avec colère, demandent à l’agence de "pas toucher à la communauté arabe"
L’accord de coalition entre le Likud de Benjamin Netanyahu et le parti d’extrême droite Otzma Yehudit comprendrait la formation d’une nouvelle division au sein de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet dédiée à la lutte contre la criminalité dans la société arabe, a annoncé ce dernier jeudi.
Otzma Yehudit est présidé par le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir, connu pour ses propos anti-arabes et pour avoir appelé à l’expulsion des Arabes qui sont « déloyaux » envers l’État.
Les violences meurtrières au sein de la société arabe sont un véritable fléau depuis quelques années. Depuis le début de l’année 2022, 113 membres de la communauté arabe ont été tués dans des incidents violents, selon Abraham Initiatives, l’organisme qui recense ces violences.
L’accord a déclenché la colère au sein de la société arabe. Mohammad Barakeh, chef du High Follow-Up Committee for Arab Citizens of Israel, un panel de dirigeants de la communauté arabe, a déclaré à Walla que les Arabes n’étaient pas des « objets » et que l’État devait « s’occuper des besoins [des citoyens arabes] comme de ceux de tout autre groupe ».
Selon le reportage de Walla, la nouvelle division du Shin Bet travaillerait en consultation avec le bureau du Premier ministre et le ministre de la Sécurité nationale, qui sera probablement Ben Gvir.
Barakeh enjoint le Shin Bet à « ne pas toucher à la société arabe » et à ne pas utiliser les organisations criminelles comme « outil » pour « fragmenter » la société arabe.
« Ce qu’il faut, c’est que la police remplisse son rôle comme toutes les forces de police du monde et qu’elle appréhende les criminels. La manière dont la police opère dans les villes juives est la manière dont elle devrait opérer dans la société arabe », a-t-il déclaré.
Jafar Farah, directeur de l’organisation des droits des Arabes, Mossawa Center, a exprimé des sentiments similaires, accusant le Shin Bet d’empêcher la police d’arrêter des criminels connus, pour les utiliser comme sources de renseignements.
« Il n’existe pratiquement aucun programme de réhabilitation. Les jeunes qui commettent des délits mineurs ne sont pas réhabilités. Au lieu de cela, ils sont envoyés dans des prisons où ils sont recrutés comme soldats dans des organisations criminelles organisées. »
Le Adalah Legal Center for Arab rights in Israel a déclaré à Walla que « le Shin Bet opère contre les citoyens arabes même maintenant… Si cette politique est réellement instaurée, cela constituera alors une autre étape importante dans la politique de type apartheid qu’Israël préconise contre les Palestiniens. »