Le taux d’anticorps contre le COVID diffère entre hommes et femmes – étude
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Le taux d’anticorps contre le COVID diffère entre hommes et femmes – étude

L'âge est également, selon cette étude, un facteur majeur dans la réponse immunitaire, ce qui pourrait conduire à un traitement ciblé en fonction du sexe biologique

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Une nouvelle étude menée en Israël a révélé que les niveaux d’anticorps contre la COVID-19 varient en fonction de l’âge et du sexe biologique. les hommes et les femmes développant différents niveaux de protéines pour lutter contre le virus à différentes étapes de leurs vies, selon une déclaration de l’Université de Tel Aviv mardi.

La recherche, fruit d’une collaboration entre l’Université de Tel Aviv et l’hôpital Shamir a été publiée la semaine dernière sur le journal en ligne Medrxiv et n’a pas encore été examinée par des pairs.

Entre le 8 novembre 2020 et le 5 mars 2021, les chercheurs ont analysé 26 170 échantillons sanguins prélevés sur des personnes infectées par le virus du COVID-19, des personnes vaccinées contre le coronavirus et des personnes non vaccinées suspectées d’avoir contracté la COVID-19 mais asymptomatiques.

« Les disparités dans les niveaux d’anticorps entre les différents groupes reflètent de nombreux phénomènes qui n’ont pas été suffisamment explorés et comportent de potentielles conséquences cliniques, telles que l’écart entre la présence ou non de symptômes de la COVID-19 en fonction de l’âge et du sexe », ont conclu les chercheurs lors de cette étude.

Bien qu’une recherche approfondie soit nécessaire, ces découvertes pourraient révéler le besoin de différentes méthodes afin d’encourager le développement des anticorps chez les hommes et chez les femmes, a indiqué au Times of Israël Noam Shomron, chercheur à l’Université de Tel Aviv et l’un des auteurs de l’étude.

M. Shomron reste prudent quant au fait de dresser des hypothèses prématurément à partir de ces résultats. En tant que scientifiques, « nous n’aimons pas les conclusions trop hâtives, en particulier avec le COVID-19 », a-t-il déclaré.

Mais « l’une des conclusions reste que le vaccin est très certainement formidable », a dit M. Shomron, chef du Laboratoire Informatique de Génomique à la Faculté de Médecine Sackler de l’Université de Tel Aviv. Dans le cadre de la recherche, il est entré en partenariat avec le Dr. Adina Bar Chaim de l’hôpital Shamir.

Le professeur Noam Shomron. (Crédit : Autorisation de l’université de Tel Aviv)

Autre découverte clé liée à cette étude, le fait que la réponse immunitaire des personnes vaccinées était bien plus forte que celle des personnes qui avaient guéri de la COVID-19.

« En fait, le niveau d’anticorps trouvé dans le sang des personnes vaccinées était quatre fois supérieur à celui trouvé chez les personnes guéries », indique la déclaration de l’Université de Tel Aviv.

Des comparaisons ont été réalisées entre des hommes et des femmes de même âge qui avaient été infectés ou vaccinés à peu près au même moment.

M. Shomron a expliqué au Times of Israël que les échantillons avaient été prélevés sur des personnes vaccinées entre deux et quatre semaines après qu’elles ont reçu leur deuxième dose du vaccin.

Les échantillons des personnes infectées par la COVID-19 ont été prélevés sur des patients en traitement à l’hôpital tandis qu’ils présentaient encore des symptômes, a-t-il ajouté.

Chez les femmes, on observe une augmentation des niveaux d’anticorps à partir de l’âge de 51 ans en comparaison avec les hommes du même âge.

« Ce phénomène peut être lié à des changements dans les taux d’œstrogènes, que l’on observe autour de cet âge et qui affecte le système immunitaire », précisait la déclaration.

Chez les hommes, l’augmentation des niveaux d’anticorps a été observée plus tôt, à partir d’environ 35 ans.

« Cela peut être lié à des changements dans le niveau de l’hormone mâle, la testostérone, et leur effet sur le système immunitaire », ajoutait la déclaration.

Des différences semblables dans la présence d’anticorps chez les hommes et les femmes de différents groupes d’âge ont également été observées durant les épidémies de SARS et de MERS en 2003 et 2012, respectivement, a indiqué M. Shomron.

Le docteur Adina Bar Chaim de l’hôpital Shamir. (Crédit : Idan Gross, The Shamir Medical Center)

L’œstrogène agit comme un immunomodulateur qui sert de facteur de protection contre le coronavirus. Les niveaux croissants d’anticorps observés chez les femmes après 51 ans peuvent être le résultat d’une chute d’œstrogène due à la ménopause, selon les chercheurs.

Cependant, l’étude souligne que l’effet de la testostérone sur la pathologie de COVID-19 est « moins certain et cette association n’est pas aussi solide. »
Dans l’ensemble, les chercheurs ont noté que les jeunes adultes maintenaient des concentrations plus élevées d’anticorps sur une période plus longue en comparaison avec des personnes vaccinées plus âgées. Une différence de « dix pourcent » fut trouvée dans la baisse des niveaux d’anticorps entre les plus jeunes et les groupes d’âge « très avancé ».

« Chez les jeunes adultes, une forte concentration d’anticorps est habituellement le résultat d’une plus forte réponse immunitaire, tandis que chez les personnes plus âgées elle indique typiquement sur surréaction du système immunitaire associée à une maladie grave », est-il indiqué.

Les données ayant servi à l’étude ont été rassemblées par le Dr. Ramzia Abu Hamad de l’Hôpital Shamir, et l’analyse fut dirigée par Guy Shapira, étudiant en doctorat au laboratoire de M. Shomron.

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