Le taux de mortalité lié à la e-cigarette grimpe aux USA ; Israël met en garde
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Le taux de mortalité lié à la e-cigarette grimpe aux USA ; Israël met en garde

Le ministère de la Santé a averti que l'usage d'huile de cannabis dans les cigarettes électroniques peut être fatal ; les autorités sanitaires américaines enquêtent sur 5 morts

Une femme fume du cannabis avec une cigarette électronique, à Los Angeles, le 22 novembre 2018, (Crédit : AP/Richard Vogel)
Une femme fume du cannabis avec une cigarette électronique, à Los Angeles, le 22 novembre 2018, (Crédit : AP/Richard Vogel)

Alors que les autorités américaines tentent d’éclaircir les raisons qui ont envoyé des dizaines d’Américains en parfaite santé aux urgences pour problèmes respiratoires, le ministère de la Santé israélien a émis lundi un avertissement contre l’usage d’huile de cannabis dans les cigarettes électroniques, car il « pourrait provoquer la mort ».

Cette mise en garde survient après que les autorités sanitaires américaines ont recommandé, ce week-end, par mesure de précaution, de ne pas utiliser de cigarettes électroniques, quelles qu’elles soient.

Cinq personnes sont décédées cet été, et 450 sont tombées malades, après avoir utilisé des vapoteuses, en Californie, dans l’Indiana et le Minnesota.

Les enquêteurs fédéraux n’ont pas précisé quelles marques ou substances dans les liquides des cigarettes étaient susceptibles d’avoir causé les problèmes respiratoires observés. Mais un dénominateur commun fréquent des malades est qu’ils avaient vapoté des produits contenant du THC, la substance active du cannabis.

Selon le Washington Post, un possible lien a été établi entre certains malades et une huile de vitamine E, qui se consomme normalement en gélule ou en huile pour la peau. La vaporisation à haute température de cet additif pourrait avoir endommagé les poumons des fumeurs. Récemment, les producteurs d’huile de cannabis pour des produits de vapotage l’ont additionnée à l’huile pour épaissir le liquide. Les autorités ont indiqué que son inhalation était dangereuse.

Illustration : des dispositifs de vapotage confisquées à des élèves dans une école américaine. (Crédit : AP Photo/Steven Senne)

Les enquêteurs de l’Etat de New York ont identifié la substance dans 13 cartouches auprès de huit patients. Dans plusieurs cas, cet ingrédient représentait plus de la moitié du contenu de la cartouche.

Dans son communiqué de lundi, le ministère de la Santé israélien a mentionné les découvertes des autorités américaines.

« Une enquête préliminaire a permis de déterminer que la plupart des cas étaient liés à l’usage de vaporisateurs pour huile de cannabis », a déclaré le ministère de la Santé israélien.

Bien que « l’enquête soit toujours en cours », le ministère « met l’accent sur le fait que l’huile de cannabis est conçue pour être consommée uniquement sous forme de gélule et n’est pas autorisée dans les dispositifs de vapotage. Une utilisation inappropriée peut causer la mort. »

Une « vapoteuse », « e-cigarette » ou encore « cigarette électronique » est un petit dispositif qui fonctionne à l’électricité et permet de générer de la vapeur à partir de substances diverses et variées, généralement des plantes, afin qu’elles soient inhalées. Elles sont vendues sur le marché comme des alternatives aux cigarettes de tabac et de marijuana.

Image illustrative de deux femmes en train de vapoter à l’extérieur. (iStock par Getty Images/licsiren)

Mais les cigarettes électroniques sont « dangereuses pour la santé », a déclaré le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman Tov, dans une vidéo YouTube où il met en garde : « Faites attention à ce que vous faites entrer dans votre corps. »

Dans une autre vidéo, son adjoint Itamar Grotto a déclaré qu’il était « en contact direct avec la FDA » [l’agence sanitaire américaine] et que le ministère « suit de près l’enquête ».

Le communiqué israélien de lundi comprend une copie de l’avertissement lancé vendredi par la Food & Drug Administration, qui affirme que « de nombreux échantillons [provenant des vaporisateurs de patients] testés par les États ou par la FDA dans le cadre de cette enquête en cours ont été identifiés comme des produits de vapotage contenant du tétrahydrocannabinol (ou THC, un composant psychoactif de la plante de marijuana) et contenaient également des quantités importantes d’acétate de vitamine E. L’acétate de vitamine E est une substance présente dans les produits de consommation topiques ou les compléments alimentaires, mais les données concernant ses effets après inhalation sont limitées.

La FDA a indiqué qu’elle « ne dispose toujours pas de suffisamment de données » pour être certaine que l’acétate de vitamine E est à l’origine des maladies et des décès et « l’agence estime qu’il est prudent d’éviter d’inhaler cette substance.

Les consommateurs ne pouvant pas savoir avec certitude si des produits de vapotage de THC peuvent contenir de l’acétate de vitamine E, ils doivent éviter d’acheter des produits de vapotage dans la rue et s’abstenir d’utiliser de l’huile de THC ou de modifier/ajouter des substances aux produits achetés en magasin. »

Les médecins disent que les maladies se manifestent par une détresse respiratoire, le corps réagissant apparemment à une substance caustique que quelqu’un aurait respirée.

Les symptômes comprennent l’essoufflement, la fatigue, des douleurs à la poitrine et des vomissements.

Gros plan d’un bourgeon de cannabis dans la chaîne de montagnes du Rif au Maroc. (Ziv Genesove/ Times of Israel)

Les maladies ont toutes fait surface cette année et leur nombre a rapidement augmenté le mois dernier, alors que de plus en plus d’États ont ouvert des enquêtes. Il y a une semaine, les autorités américaines ont estimé le nombre de cas possibles à 215 dans 25 États.

On ignore si de telles maladies se sont déclarées avant cette année.

« Nous nous demandons tous s’il s’agit d’une nouveauté ou simplement d’une découverte récente », a déclaré vendredi à la presse la docteure Dana Meaney-Delman du Centre de contrôle et de prévention des maladies.

La docteure Jennifer Layden, responsable de la santé dans l’Illinois, a déclaré que les responsables locaux ne savaient pas quand ces maladies avaient débuté, mais elle a noté une nette augmentation depuis le printemps. Des décès ont déjà été signalés dans l’Illinois et l’Oregon. Les autorités sanitaires de Los Angeles ont déclaré qu’elles enquêtaient également sur un décès lié au vapotage. Leurs homologues du Minnesota ont fait savoir que le premier décès connu, survenu en août, concernait un individu de plus de 65 ans ayant des antécédents de problèmes pulmonaires qui avait vapoté des produits illicites à base de THC.

Les responsables ont souligné qu’ils n’étaient pas encore certains que l’acétate de vitamine E soit à l’origine des maladies. Les responsables du Centre de contrôle et de prévention des maladies ont déclaré qu’ils étudiaient plusieurs ingrédients, et Meaney-Delman a ajouté qu’aucun facteur unique n’a été mis en évidence.

Vendredi, le New England Journal of Medicine a publié une série d’articles fournissant des détails médicaux sur des cas rapportés dans l’Illinois, le Wisconsin et l’Utah. Un article sur 53 maladies dans l’Illinois et le Wisconsin notait que près d’un cinquième des cas étaient des personnes qui disaient avoir vapoté de la nicotine et non des substances contenant du THC ou de l’huile de CBD.

Un homme expulse de la fumée après avoir actionné sa cigarette électronique à Portland, dans le Maine, le 28 août 2019. (Crédit : AP/Robert F. Bukaty, File)

Pour cette raison, les médecins et les autorités sanitaires continuent de suggérer aux personnes de rester à l’écart de tous les produits de vapotage jusqu’à ce que l’enquête établisse exactement ce qui est à l’origine des maladies.

Les experts en santé publique sont divisés sur l’intérêt du vapotage de la nicotine. Certains prétendent que les cigarettes électroniques ne sont pas aussi meurtrières que les cigarettes et peuvent constituer une aide précieuse pour les fumeurs qui tentent de s’en défaire.

Mais d’autres disent que les études n’ont pas établi que les fumeurs adultes qui essaient de vapoter finissent par arrêter de fumer à long terme. Et ils craignent que des enfants qui n’auraient peut-être jamais commencé à fumer se mettent à vapoter.

L’Agence de santé publique américaine « s’est longtemps montrée prudente vis-à-vis des cigarettes électroniques même avant la récente vague de maladies, car il existe peu de preuves scientifiques montrant que les cigarettes électroniques et d’autres dispositifs d’administration de nicotine soient des dispositifs efficaces pour arrêter le tabac », a déclaré sa porte-parole, Adriane Casalotti, dans un communiqué.

Le ministère israélien de la Santé, pour sa part, a conclu lundi sa déclaration en exhortant les Israéliens à éviter de vapoter.

« La position du ministère de la Santé est claire : l’usage de cigarettes électroniques est dangereux pour la santé ! »

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