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Le terroriste de Hadera a bénéficié d’une réduction de peine en 2016

Ibrahim Ighbariah a été condamné à 18 mois de prison pour ses liens avec l'État islamique ; le deuxième tireur aurait été transféré de l'aile Fatah de la prison car "trop radical"

Ayman Ighbariah (à droite) et Ibrahim Ighbariah (à gauche), alors qu'il était en procès pour avoir tenté de rejoindre l'État islamique en Syrie, au tribunal de district de Haïfa, le 29 juin 2016 (Crédit : Capture d'écran)
Ayman Ighbariah (à droite) et Ibrahim Ighbariah (à gauche), alors qu'il était en procès pour avoir tenté de rejoindre l'État islamique en Syrie, au tribunal de district de Haïfa, le 29 juin 2016 (Crédit : Capture d'écran)

L’un des deux terroristes auteurs d’une fusillade meurtrière à Hadera dimanche dernier aurait vu sa peine de prison pour ses liens avec l’État islamique réduite par un juge lors de son procès il y a plusieurs années, malgré les demandes de l’accusation pour une peine plus longue.

Les deux cousins Ibrahim et Ayman Ighbariah, tous deux citoyens israéliens, ont tué deux agents de la police des frontières dimanche et en ont blessé plusieurs autres avant d’être abattus par des agents en civil qui dînaient dans un restaurant à proximité.

Ibrahim Ighbariah avait été arrêté par la police turque en 2016 alors qu’il tentait de se rendre en Syrie afin de rejoindre le groupe terroriste de l’État islamique, avait alors déclaré le service de sécurité Shin Bet. Il avait prévu de prendre un bus pour rejoindre la frontière avec la Syrie, mais a été intercepté par les autorités turques, qui auraient été averties par Israël, selon Haaretz.

Ighbariah a été extradé en Israël, où il a été arrêté à l’aéroport par des agents du Shin Bet, puis a été accusé d’avoir quitté illégalement le pays et d’avoir tenté de rejoindre un groupe terroriste.

Au cours de son interrogatoire, Ighbariah a déclaré aux enquêteurs qu’il avait commencé à s’identifier à l’idéologie de l’État islamique après avoir regardé des vidéos et lu des informations distribuées par le groupe, a déclaré le Shin Bet dans un communiqué en 2016.

Avant de partir, le jeune homme de 23 ans a écrit une lettre à sa famille sur son intention de « rejoindre le djihad » et a discuté de cette décision avec certains de ses amis, dont certains « ont exprimé leur soutien à cette idée », a précisé le Shin Bet.

Sur cette photo d’archive non datée publiée par un site Web militant, qui a été vérifiée et qui correspond à d’autres rapports de l’AP, des djihadistes du groupe État islamique brandissent leurs armes et agitent ses drapeaux sur leurs véhicules dans un convoi vers l’Irak, à Raqqa, en Syrie. (Crédit : Site web militant/ AP)

Lors de son procès, les procureurs avaient demandé qu’Ighbariah purge une peine de 20 à 36 mois de prison, selon Haaretz. Toutefois, le juge a opté pour une peine plus légère, ne le condamnant qu’à un an et demi de prison.

« Nous devons tenir compte des aveux du suspect, de son jeune âge, de son casier judiciaire vierge, de ses remords, de l’examen positif de son dossier et du fait qu’il est issu d’une famille normative », a écrit le juge Ehud Kaplan dans sa décision.

Haaretz a également rapporté qu’au cours du procès, les autorités avaient demandé qu’Ighbariah reste en détention pendant toute la durée de la procédure, indiquant au tribunal qu’il avait été désigné comme un prisonnier à haut risque en raison de sa « profonde identification non seulement avec l’État islamique et la charia, mais aussi avec les agissements brutaux de l’État islamique ».

Tout au long du procès, Ighbariah a demandé au tribunal de le libérer, affirmant qu’il n’avait pas de casier judiciaire et que son frère est officier de police. Haaretz a également rapporté que son frère avait témoigné en sa faveur pendant le procès, affirmant que sa famille avait informé les autorités lorsqu’Ighbariah avait quitté le pays.

« Nous le soutenons avant tout. C’était difficile pour nous qu’il quitte le pays, c’était presque comme un deuil », avait déclaré son frère au tribunal à l’époque. « Nous le soutiendrons jusqu’à ce qu’il reprenne une vie normale, qu’il travaille et construise une famille. »

Le frère a également déclaré qu’Ighbariah lui avait même dit qu’il voulait rejoindre la police et travailler son hébreu.

Le deuxième terroriste, son cousin, Ayman Ighbariah, aurait également déclenché des signaux d’alarme lors de son précédent séjour en prison, selon les informations de la Douzième chaîne.

Tout comme son cousin, Ayman a été arrêté en Turquie en 2016 après avoir tenté de traverser la frontière syrienne pour rejoindre l’EI. Il a été renvoyé en Israël et emprisonné dans la prison de Gilboa, où il était incarcéré dans une aile détenant des prisonniers du Fatah, selon le rapport.

La Douzième chaîne a indiqué qu’en 2016, 27 partisans de l’État islamique étaient détenus dans les prisons israéliennes.

Un officier de police montant la garde depuis un mirador dans la prison de Gilboa, dans le nord d’Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : JALAA MAREY/FP)

Mais, selon la Douzième chaîne, les détenus du Fatah avaient remarqué que les opinions d’Ayman Ighbariah étaient beaucoup plus extrêmes que celles des autres prisonniers de l’EI.

Suite à cela, Ighbariah a commencé à être battu et harcelé par les autres prisonniers, et à un moment donné, il a été expulsé de l’aile et transféré dans une aile de prisonniers du Hamas – où il a continué à purger sa peine.

En 2017, il a de nouveau été arrêté par le Shin Bet pour des infractions liées aux armes à feu, mais a été libéré au bout de trois semaines et n’a jamais été mis en examen, rapporte Haaretz.

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