Le Voyage de Fanny : raconter la Shoah à hauteur d’enfant
L'exposition est présentée au musée pour enfants Yad LaYeled, au sein de la Maison des combattants du ghetto en Israël
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Présentée au musée pour enfants Yad LaYeled, au cœur de la Maison des combattants du ghetto en Israël, l’exposition Le voyage de Fanny (Fanny’s Journey), propose un regard singulier et profondément humain sur l’histoire de la Shoah. Conçue pour un jeune public à partir de 10 ans, elle met en lumière un aspect encore trop peu raconté : celui des enfants juifs devenus acteurs de leur propre sauvetage.
Au fil du parcours, les visiteurs découvrent les dessins de Fanny Ben-Ami, réalisés à l’âge de 13 ans. Ces œuvres racontent, avec une force saisissante et une grande simplicité graphique, son expérience d’enfant cachée en France durant la Seconde Guerre mondiale.
À travers ses traits et ses couleurs, Fanny retrace les étapes de sa clandestinité : la séparation d’avec les siens, la fuite, la traversée de la forêt, puis le passage périlleux de la frontière suisse, lorsqu’elle conduit un groupe de 28 enfants vers un refuge, échappant ainsi à la persécution nazie dans la France du régime de Vichy.
L’exposition se distingue par son approche pédagogique. En mettant l’accent sur les sauveteurs juifs et sur la capacité d’initiative des enfants, elle aborde une thématique encore marginale dans les récits muséographiques de la Shoah. Ici, les enfants ne sont pas seulement des victimes : ils font preuve de courage, de responsabilité et de solidarité. Le parcours valorise également des notions de leadership et d’entraide, en résonance directe avec les valeurs éducatives portées par le musée.
Pensée comme une expérience à la fois narrative, artistique et éducative, Fanny’s Journey invite les jeunes visiteurs à appréhender l’histoire de la Shoah « à hauteur d’enfant ». Sans jamais édulcorer la réalité historique, l’exposition ouvre un espace de compréhension, de réflexion et de transmission, où l’art et le cinéma deviennent de puissants vecteurs de mémoire.
Fanny Ben-Ami est née en 1930 à Baden-Baden, en Allemagne. Quand Hitler a accédé au pouvoir en 1933, sa famille s’est enfuie à Paris. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, le père de Fanny, Hirsch, a été emprisonné.
À la suite de l’occupation allemande en mai 1940, Fanny et ses petites sœurs Erica et Georgette sont envoyées au château de Chaumont avec l’aide de l’OSE, une organisation d’aide aux enfants juifs.
Après la guerre, Fanny découvrit que ses parents avaient été assassinés et rentra en France avec ses sœurs. Fanny a reçu la Légion d’honneur française pour son travail dans la résistance, mais elle a refusé de l’accepter.
Fanny a immigré en Israël en 1956. Elle et son mari, Benyamin ont 2 enfants et plusieurs petits-enfants.
S’adressant en 2019 au Mémorial de Yad Vashem de Jérusalem devant un large public qui l’a écouté dans un silence absolu, et devant une nation regardant la télévision, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait salué des survivants comme Fanny Ben-Ami, qui avait fait demi-tour lorsqu’elle avait constaté qu’une fillette de trois ans avait été oubliée dans la zone démilitarisée. « Fanny est retournée la chercher », s’est émerveillé le Premier ministre, « elle a zigzagué sous les coups de feu » pour mettre la fillette à l’abri : « Un ange du salut, âgée de 13 ans. »
Cette histoire a également inspiré le film Le Voyage de Fanny, réalisé par Lola Doillon en 2016. Adapté du roman autobiographique Le Journal de Fanny, le film retrace la fuite de neuf enfants juifs contraints de quitter leur foyer alors que la menace se fait plus pressante.
La jeune Fanny est interprétée par Léonie Souchaud, tandis que Cécile de France incarne Madame Forman, une Juste qui tente de protéger les enfants.
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