L’échec de YouTube à retirer des vidéos néonazies « est un défi aux convictions »
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L’échec de YouTube à retirer des vidéos néonazies « est un défi aux convictions »

Le Congrès juif mondial, qui se bat constamment contre des contenus "obscènes et facilement accessibles", dénonce le "scandaleux" comportement de Google

La couverture d'un des albums de Kommando Freisler (Crédit : capture d'écran YouTube)
La couverture d'un des albums de Kommando Freisler (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le Congrès juif mondial (WJC) a exprimé son exaspération contre Google durant le week-end pour son échec « scandaleux » à supprimer des vidéos néo-nazies de son service YouTube, disant que la conduite de l’entreprise en la matière « est un défi aux convictions ».

Lundi, les dirigeants de WJC ont affirmé que Google « refuse obstinément de prendre des mesures contre la prolifération de matériel raciste et antisémite sur ses plates-formes ».

Bien que certaines vidéos signalées par le WJC aient été retirés du service de partage de vidéos suite à la plainte, le groupe a déclaré vendredi que des milliers d’autres sont restées disponibles.

« Des clips vidéo contenant des chansons obscènes qui, entre autres, appellent au gazage des Juifs et glorifient l’Holocauste nazi, continuent d’être facilement accessible via YouTube », a déclaré le président du WJC, Ronald S. Lauder, dans un communiqué.

« Quoique illégale en Allemagne, Google n’a aucun scrupule à rendre disponible la musique de groupes extrémistes. Une telle inaction est scandaleuse, et c’est un véritable défi aux convictions », a-t-il dit.

Bien que l’organisation ait reconnu que les rapports des médias sur la question avaient conduit à retirer et à bloquer certains clips, elle a déclaré que de nombreuses chansons par des groupes néo-nazis tels que « Kommando Freisler » et « Landser » étaient encore accessibles.

« Il est triste que Google refuse de supprimer les ignobles chansons de Kommando Freisler comme « In Belsen », « Giftgas » et « Judenschwein », en violation avec ses propres mode d’emploi utilisateur », a déclaré Lauder.

« En fournissant une plate-forme pour les pires expressions de l’antisémitisme, Google va aider les néo-nazis. YouTube est devenu une aire de jeux pour les apologistes nazis et antisémites ».

Lundi, le WJC a envoyé à Philipp Justus, le directeur général de l’unité allemande de la société mère de YouTube, Google, une lettre demandant une action plus décisive pour retirer les contenus illégaux louant l’Holocauste et Adolf Hitler.

« Croyez-vous vraiment que les chansons glorifiant, ou incitant à l’assassinat en masse des Juifs relèvent de la liberté d’expression ? » a écrit le vice-président exécutif, Robert Singer, du WJC basé à New York, dans une lettre rendue disponible à l’AFP.

Singer a souligné une chanson en particulier, « In Belsen, » qu’il a dit être « largement disponible » sur YouTube en dépit du fait qu’elle ait été interdite en Allemagne et que les membres du groupe aient reçu des peines de prison avec sursis en 2009 pour incitation à la haine raciale.

Singer fait référence à une précédente lettre de plainte datée de septembre dernier par le directeur du mémorial de l’ancien camp de concentration de Bergen-Belsen, Jens-Christian Wagner, demandant à ce que « In Belsen » soit bloqué. 

Le porte-parole de WJC, Michael Thaidigsmann a déclaré que la lettre n’avait reçu aucune réponse et que, suite à un rapport sur la lettre dans le quotidien allemand Bild, samedi, la plupart, mais pas toutes, des versions de la chanson avaient été retiré de YouTube.

D’autres plages du même album et « des milliers de clips » d’autres groupes néo-nazis seraient également encore visibles, dit-il.

« Il est évident que Google / YouTube ne traite pas sérieusement cette question, qu’il est dépourvu de toute attitude proactive, et que même lorsque les messages offensants sont dénoncés, il est très lent pour supprimer les fichiers incriminés de son service », a déclaré Thaidigsmann.

« Si je poste quelque chose d’Adele ou de Taylor Swift, vous pouvez parier que ce sera retiré en quelques heures », a-t-il dit, se référant à l’approche de la société sur les violations des droits d’auteur.

Un porte-parole pour l’unité allemande de YouTube a déclaré que la compagnie avait « des lignes directrices claires pour interdire les discours de haine contre certains groupes ou les contenus incitant à la haine raciale ».

« Nous enlevons toutes les vidéos qui violent ces directives dès qu’elles sont signalées. Cela vaut aussi pour les interdictions de la musique d’extrême-droite », a-t-il ajouté.

L’Allemagne a des lois strictes sur les discours de haine et ses autorités ont instamment demandé aux entreprises de médias sociaux de faire davantage pour réguler la provocation sur leurs sites.

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