L’élue juive qui a traité Corbyn d’antisémite dit avoir « eu raison » de le faire
Rechercher

L’élue juive qui a traité Corbyn d’antisémite dit avoir « eu raison » de le faire

Margaret Hodge, qui a perdu des proches durant la Shoah, a déclaré que les dirigeants du Labour ont créé un environnement hostile aux Juifs au sein du parti

La député Margaret Hodge. (Crédit : capture d'écran YouTube)
La député Margaret Hodge. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Une députée juive du parti travailliste britannique, qui pourrait devoir répondre devant une audience disciplinaire, après avoir accusé le chef du Labour Jeremy Corbyn d’antisémitisme et de racisme, a insisté sur le fait qu’elle a eu raison de l’affronter, et a ajouté qu’elle « maintient ses actions et ses mots ».

Dans un article pour The Guardian mercredi, la députée Margaret Hodge a déclaré que la réponse des dirigeants du Labour aux préoccupations des Juifs sur l’antisémitisme au sein du parti était dédaigneuse et arrogante, et que sa décision d’assouplir une définition internationalement acceptée du terme était exaspérante.

« Sous la direction de Jeremy, le conflit israélo-palestinien a pu infecter l’approche du parti face à l’antisémitisme grandissant », a-t-elle déploré.

« Il a semblé qu’elle est devenu le prix à payer pour défendre la cause des Palestiniens au Moyen Orient ».

« Sous sa direction, le parti du Labour est perçu par la plupart des Juifs, par des centaines de membres du parti et par des millions de personnes comme un parti antisémite et donc raciste. En tant que dirigeant, il est désormais considéré par de nombreuses personnes comme un antisémite. »

Bien qu’elle ait souligné sa laïcité et indiqué n’avoir jamais été active au sein de la communauté juive, Hodge a déclaré avoir rejoint le Labour pour lutter contre le racisme, au travers des leçons de la Shoah.

« Ma grand-mère et mon oncle ont été tués par Hitler et de nombreux cousins et d’autres proches ont été tués dans les chambres à gaz », a-t-elle dit.

« Dans les années 1960, le parti du Labour était un foyer naturel pour les Juifs. Je me retrouve, 50 ans plus tard, à combattre l’antisémitisme dans mon propre parti. C’est ignoble. »

Hodge a ajouté qu’elle et d’autres collègues avaient subi des attaques antisémites sur les réseaux sociaux et ailleurs au cours de l’année écoulée.

En avril, Margaret Hodge s’exprimait sur ces actes antisémites.

Mais la récente décision du parti, d’assouplir une définition de l’antisémitisme acceptée par 31 nations, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Mais, a déploré Hodge, le Labour « sait mieux que le Crown Prosecution Service (un des services non ministériels du Royaume-Uni qui est chargé des poursuites judiciaires), mieux que les administrations et les autorités locales, il pense mieux savoir que les 31 autres pays, notamment l’Autriche, la France et la Hongrie, qui ont tous adhéré à la définition internationale dans sa totalité. »

Le Labour a exclu au moins quatre points présents dans la définition originale, notamment le fait d’accuser les Juifs d’afficher « plus de loyauté » envers Israël, d’appliquer une politique « deux poids, deux mesures » concernant Israël, de clamer que l’existence d’Israël est un « projet raciste », et de comparer la politique israélienne contemporaine à celle des nazis.

Les partisans de ces changements ont affirmé que certains passages de la définition pourraient conduire les détracteurs d’Israël a être accusés d’antisémitisme. Mais les dirigeants juifs ont averti que les antisémites assimilent Israël au judaïsme de la Diaspora, et utilisent les politiques de l’Etat d’Israël comme excuse pour des attaques racistes contre les Juifs.

Hodge a assuré qu’elle était elle-même « virulente et critique des divers gouvernements israéliens, sur plusieurs aspects ».

Mais, a-t-elle souligné, « le parti aurait pu adopter la définition internationale dans sa totalité et aurait pu lancer une consultation inclusive, invitant les Palestiniens et les Juifs a ajouter des clarifications à cette définition le droit de critiquer le gouvernement israélien si nécessaire. Au lieu de cela, il a choisi d’offenser les Juifs. Il a choisi de faire du parti un environnement hostile aux Juifs. Il a choisi d’entériner l’antisémitisme. »

Les dirigeants du parti ont demandé à ce que des mesures soient prises contre Hodge après ses propos « inacceptables » sur Corbyn.

Le chef du Parti travailliste de l’opposition britannique Jeremy Corbyn prend la parole lors de la commémoration du 25e anniversaire du meurtre de Stephen Lawrence à Trafalgar Square à Londres, le 23 avril 2018. (AFP PHOTO / POOL / Victoria Jones)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...