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L’équipage d’un vol United s’en prend à une femme qui refuse de changer de siège

La correspondante US de la Treizième chaîne, Neria Kraus, décrit un "incident humiliant" car elle ne voulait pas céder à la demande de passagers ultra-orthodoxes

Neria Kraus, correspondante américaine de la Treizième chaîne. (Crédit : Capture d'écran YouTube ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)
Neria Kraus, correspondante américaine de la Treizième chaîne. (Crédit : Capture d'écran YouTube ; utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)

Neria Kraus, correspondante américaine de la Treizième chaîne, a déclaré qu’un membre de l’équipage de cabine lui avait crié dessus et l’avait menacée sur un vol United Airlines reliant New York à Tel Aviv parce qu’elle avait refusé de changer de siège pour accommoder des passagers masculins ultra-orthodoxes – qui très souvent refusent de s’asseoir à côté de femmes en raison de leurs convictions religieuses dans le cadre de la loi juive orthodoxe – ou halakha.

Kraus a publié un message sur X (anciennement Twitter) mardi pour décrire « l’incident humiliant », détaillant comment un groupe de haredim lui avait demandé de quitter la place qui lui avait été attribuée pour ne pas avoir à s’asseoir à côté d’elle, et qu’un membre de l’équipage lui a crié que le vol ne décollerait pas à cause de son refus de changer de siège.

« Les ultra-orthodoxes présents sur le vol essaient maintenant de me faire changer de place. Parce que je suis une femme. L’équipage de United Airlines ne réagit pas. Ils me disent qu’à cause de moi, le vol ne partira pas. Honte à vous », a écrit Kraus dans un tweet en hébreu, accompagné d’une photo des hommes qui, selon elle, lui ont demandé de se déplacer.

Dans un autre tweet, elle a déclaré s’être sentie « humiliée » lorsqu’un responsable de l’équipage de United Airlines, une Israélienne parlant hébreu, s’est approchée d’elle et lui a crié que le vol ne décollerait pas tant qu’elle ne bougerait pas.

« On m’a dit que le vol risquait d’atterrir en Égypte et que ce serait ma faute », a écrit Kraus.

« Merci aux deux extraordinaires Israéliens qui se trouvaient à côté de moi et qui m’ont soutenue », a-t-elle ajouté.

Le vol est parti comme prévu et Kraus est restée à la place qui lui avait été initialement attribuée.

« Nous avons proposé un autre siège à la cliente, ce qu’elle a refusé ; le vol est parti pour New York/Newark et devrait arriver à l’heure », a répondu la compagnie aérienne à Haaretz.

Dans un message adressé à Kraus sur X, United a déclaré qu’elle « s’excusait profondément pour cette interaction » et qu’une enquête avait été ouverte.

Dans une vidéo publiée sur X tôt mercredi, l’homme accusé d’avoir refusé de changer de siège, identifié comme un habitant bien connu de Brooklyn, a déclaré qu’il avait demandé à Kraus de se déplacer pour que son fils puisse s’asseoir à côté de son ami, niant toute intention de discrimination fondée sur le sexe.

Selon l’homme, Kraus ne s’est mise en colère que lorsqu’il a retiré sa casquette, révélant qu’il portait une kippa.

L’incident fait suite à une série d’événements similaires survenus ces derniers jours dans des bus en Israël, quelque six ans après un arrêt historique de la Cour suprême qui a déclaré que le transporteur national israélien, El Al, ne pouvait plus accéder aux demandes des passagers ultra-orthodoxes de ne pas s’asseoir à côté de femmes.

El Al, United Airlines et d’autres compagnies aériennes sont connues pour demander régulièrement aux passagers de changer de siège à la demande, et parfois à l’exigence, des hommes ultra-orthodoxes qui ne veulent pas s’asseoir à côté de femmes.

La décision est intervenue après des années de tumulte autour de cette politique, sous l’impulsion d’associations de défense des droits de l’Homme qui la jugent discriminatoire. Le Centre d’action religieuse israélien a intenté une action en justice, estimant que cette pratique était illégale.

La principale plaignante dans cette affaire était Renee Rabinowitz, une survivante de la Shoah âgée de 81 ans, qui avait poursuivi la compagnie aérienne pour discrimination après qu’une hôtesse de l’air lui eut demandé de changer de siège lors d’un vol en décembre 2015.

Renee Rabinowitz, 81 ans, dont l’expérience avec El Al a fait jurisprudence. (Crédit : Jessica Steinberg)

En 2020, une femme israélo-britannique a poursuivi la compagnie aérienne low cost EasyJet pour lui avoir demandé de changer de siège sur deux vols distincts parce que des hommes ultra-orthodoxes ne voulaient pas s’asseoir à côté d’elle.

EasyJet avait réglé l’affaire en 2021, en versant une indemnité à la plaignante et en déclarant que sa politique consistant à ne pas accéder aux demandes des passagers masculins n’avait pas été respectée dans cette affaire.

Cet incident s’inscrit dans une série de cas récents de discrimination à l’égard des femmes dans les transports publics en Israël.

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