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Les accusations anti-Israël d’un délégué démocrate de Virginie

Ibraheem Samirah défend par ailleurs la décision de Sunrise DC de boycotter un rassemblement en raison de la participation de groupes sionistes

Ibraheem Samirah apparaît dans une vidéo de campagne non datée. (Crédit : capture d'écran via JTA)
Ibraheem Samirah apparaît dans une vidéo de campagne non datée. (Crédit : capture d'écran via JTA)

ARLINGTON, Virginie (JTA) – Un démocrate de l’assemblée législative de Virginie a accusé Israël d’être responsable des guerres de « combustibles fossiles », notamment la guerre Iran-Irak des années 1980 et la guerre d’Irak de 2003, et a déclaré qu’identifier le sionisme au judaïsme était une forme d’antisémitisme.

Les tweets d’Ibraheem Samirah sont intervenus alors qu’il s’est rallié à l’appel de la branche DC du groupe de défense de l’environnement, Sunrise Movement, à boycotter un rassemblement organisé samedi dernier à Washington pour le droit de vote en raison de la participation de trois mouvements progressistes juifs ayant des liens avec Israël.

« Le Mossad crée des guerres de combustibles fossiles en utilisant des renseignements malveillants, dont le plus célèbre est le mensonge sur les ADM (armes de destruction massive) que Colin Powell a vomi au monde pour justifier la guerre en Irak », a déclaré Samirah mercredi sur Twitter, en faisant référence à l’agence de renseignement israélienne. Il a joint à son tweet un article du Guardian qui n’affirme rien de tel.

Powell, décédé la semaine dernière, était le secrétaire d’État américain qui, en privé, doutait des arguments de l’administration George W. Bush en faveur de la guerre contre l’Irak, mais qui a accepté de plaider la cause de la guerre aux Nations unies, citant des renseignements américains défectueux selon lesquels l’Irak développait des armes de destruction massive. Powell n’a pas cité les renseignements israéliens. Au moment où Powell a prononcé ce discours, il a lui-même déclaré des années plus tard que Bush était déjà déterminé à entrer en guerre.

Interrogé par d’autres personnes sur Twitter, Samirah a doublé la mise, accusant également Israël d’être responsable de la guerre Iran-Irak des années 1980, et joignant un article du New York Times de 1986 révélant des contrats d’armement entre Israël et le Shah d’Iran. Le Shah, destitué en 1979, était mort en septembre 1980 lorsque l’Irak a lancé la guerre contre le régime islamiste qui l’a remplacé.

Samirah, qui a rejoint une fraternité historiquement juive à l’université et a aidé à fonder un chapitre du campus du groupe antisioniste juif Jewish Voice for Peace, a également tweeté : « Il est antisémite de confondre le judaïsme, une religion à part entière, avec le sionisme, une idéologie suprémaciste ethno-religieuse fortement utilisée par Israël pour faire avancer son agression militaire inhumaine et bien documentée de plus de 70 ans contre les Palestiniens ».

Une porte-parole de la Déléguée Eileen Filler-Corn, la démocrate juive qui est la présidente de la Chambre des délégués de Virginie, n’a pas répondu à une demande de commentaires.

Les républicains ont reproché aux démocrates de ne pas le condamner. « Où sont les @USJewishDems pour dénoncer cette haine ? » a déclaré sur Twitter Boris Epshteyn, un conseiller juif de l’ancien président Donald Trump, en référence au Jewish Democratic Council of America, qui n’a pas non plus répondu à une demande de commentaire.

Un autre groupe démocrate juif, la Democratic Majority for Israel, a suggéré sur Twitter que Samirah ne valait pas la peine de perdre du temps ; il avait été battu lors d’une primaire démocrate dans son district du nord de la Virginie plus tôt cette année et ne sera plus délégué en janvier.

« Les démocrates de Virginie ont eu la sagesse de le retirer de la Chambre des délégués de l’État », a déclaré le groupe dans un tweet.

Samirah, qui est un Américain d’origine palestinienne, est le fils d’un activiste musulman de Chicago qui a été expulsé en 2003 par l’administration Bush en tant que « risque pour la sécurité ». Dix ans plus tard, un juge américain a ordonné le retour de l’aîné, estimant que le gouvernement n’avait jamais prouvé qu’il représentait un risque pour la sécurité.

Le plus jeune Samirah a fait les gros titres en 2019 lorsqu’il a perturbé un rassemblement de l’ancien président Donald Trump.

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