Les ados israéliens sensibles à l’influence anti-vax, avertit un médecin
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Les ados israéliens sensibles à l’influence anti-vax, avertit un médecin

Shlomo Vinker craint que les critiques du vaccin qui sévissent sur internet ne comblent le vide laissé par les autorités, touchant de plein fouet les adolescents

Photo d'illlustration : Un étudiant israélien reçoit un vaccin contre la COVID-19 dans un centre de vaccination Leumit à Tel Aviv, le 23 janvier 2021. (Crédit :Avshalom Sassoni/Flash90)
Photo d'illlustration : Un étudiant israélien reçoit un vaccin contre la COVID-19 dans un centre de vaccination Leumit à Tel Aviv, le 23 janvier 2021. (Crédit :Avshalom Sassoni/Flash90)

Les autorités doivent effectuer un travail de sensibilisation et de mobilisation concernant le vaccin auprès des adolescents sous peine de « perdre » de nombreux jeunes Israéliens, sensibles à la désinformation anti-vax, au moment où ces derniers vont devenir éligibles à la vaccination contre la COVID-19, a expliqué un éminent médecin.

Dans un entretien accordé jeudi au Times of Israël, le professeur Shlomo Vinker s’est dit inquiet du fait que le pays ne se prépare pas suffisamment pour gagner la bataille des cœurs et des esprits en amont de la campagne de vaccination des adolescents, qui devrait commencer bientôt.

D’un autre côté, l’initiative de vaccination des Israéliens âgés de 16 ans et plus a presque atteint son « plafond », a-t-il ajouté, prédisant que seulement un-huitième des 800 000 personnes qui ne sont pas encore vaccinées dans le pays accepterait dorénavant de recevoir les deux précieuses doses.

Vinker, directeur des services médicaux au sein de la caisse d’assurance-maladie de la Leumit, a indiqué que ces chiffres étaient dans l’ordre des choses et que le taux d’immunisation, jusqu’à présent, avait dépassé ses attentes. Toutefois, concernant les plus jeunes, il s’est dit « inquiet » de l’absence de campagne à leur égard de la part du ministère de la Santé, pour les inciter à se faire vacciner.

Il a affirmé que le ministère aurait déjà dû lancer des initiatives visant à mobiliser les adolescents sur internet, et entreprendre des démarches significatives dans les écoles pour sensibiliser cette classe d’âge et l’encourager à se faire vacciner.

Un employé du centre de vaccination de la Meuhedet à Kfar Habad, dans le centre d’Israël, le 16 février 2021. (Crédit : Flash90)

Vinker se dit préoccupé à l’idée que les anti-vax ne viennent combler ce vide.

« Si nous attendons que la vaccination des enfants débute, alors nous allons perdre les adolescents parce que les activistes anti-vax sont, de leur côté, très actifs en ce moment », a-t-il dit. « Ce qui signifie que nous ne devons pas leur laisser la place. »

Il indique que les adolescents passent beaucoup de temps sur internet et que leurs opinions se font sur la base des contenus qu’ils voient en ligne, ce qui accroît leur vulnérabilité face aux anti-vax.

En ce qui concerne la campagne d’immunisation des adultes, il déclare que 87 % de la population des 16 ans et plus est maintenant vaccinée et que les dispensaires n’accueillent dorénavant que peu de gens. C’est « très difficile » de convaincre les Israéliens qui ne sont pas encore vaccinés, continue Vinker.

Shlomo Vinker, directeur des services médicaux à la caisse d’assurance-maladie Leumit. (Autorisation : Leumit)

« Je suis réaliste », commente-t-il. « Nous avons presque atteint le plafond en ce qui concerne la vaccination des adultes. »

Vinker pense qu’il sera encore possible de convaincre environ 100 000 adultes et que les infirmiers téléphonent toujours aux éventuels candidats – en particulier aux personnes âgées qui n’ont pas été vaccinées – pour les encourager. Il y aura un afflux de personnes qui voudront se faire vacciner afin de voyager ou de séjourner dans des hôtels pendant l’été, a-t-il prédit. Mais il a ajouté que de nombreuses personnes s’étaient braquées dans leur position et qu’elles ne se feraient pas vacciner.

Certains sont des idéologues anti-vax, mais ils sont relativement peu nombreux, précise-t-il. Un grand nombre a développé des craintes ou des inquiétudes au sujet du vaccin, souvent après avoir vu des contenus en ligne, qui les empêchent d’aller se faire administrer ce dernier.

« Il y a parmi eux un nombre disproportionné de personnes issues des minorités – dans les secteurs arabe, ultra-orthodoxe, dans les populations originaires de l’ex-Union soviétique », déclare Vinker. Il ajoute que l’une des raisons de ce phénomène est que ces communautés sont souvent liées à des réseaux sociaux extérieurs au courant pro-vaccin israélien. « Par exemple, les immigrants russes d’un certain âge sont souvent connectés aux réseaux sociaux russes où il y a des points de vue beaucoup plus critiques face au vaccin », explique Vinker.

Il déclare qu’il n’y a pas de formule facile pour convaincre les récalcitrants tout en précisant que son personnel continuera à entrer en contact avec les personnes non-vaccinées pour essayer néanmoins de les persuader du bien-fondé de l’immunisation.

« Il est impossible de forcer qui que ce soit, il faut juste parvenir à convaincre que la vaccination est sûre, qu’elle est bonne pour la santé et pour le quotidien », poursuit-il.

Le ministère de la Santé n’a pas répondu à une demande du Times of Israël sur la question de la promotion du vaccin parmi les adolescents et dans la population générale.

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