Rechercher

Les Affaires étrangères réprimandent l’ambassadeur turc après les propos d’Erdogan

Suite à ce premier affrontement depuis la reprise des relations diplomatiques, l'ambassadeur a été convoqué après les accusation du président turc ; le maire de Jérusalem se félicite des progrès de la Ville Sainte depuis le départ des Turcs

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le président Reuven Rivlin, à droite, et le nouvel ambassadeur de la Turquie en Israël, Kemal Okem, à Jérusalem, le 12 décembre 2016. (Crédit : Roi Avraham)
Le président Reuven Rivlin, à droite, et le nouvel ambassadeur de la Turquie en Israël, Kemal Okem, à Jérusalem, le 12 décembre 2016. (Crédit : Roi Avraham)

Le ministère israélien des Affaires étrangères a réprimandé l’ambassadeur turc à Tel Aviv suite aux propos tenus la veille par le président Recep Tayyip Erdogan, qui a violemment critiqué Israël et a appelé les musulmans à se rendre au mont du Temple à Jérusalem pour soutenir les Palestiniens.

À la demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Yuval Rotem, s’est entretenu au téléphone avec l’ambassadeur Kemal Okem, pour une conversation de « clarification », a indiqué le ministère. Il s’agit de la première confrontation entre les deux pays depuis le rétablissement de leurs relations l’an dernier.

Le message de Rotem a été repris dans un communiqué publié lundi soir, a indiqué le ministère.

« Ceux qui violent systématiquement les droits de l’homme dans leur propre pays ne devraient pas faire la morale à la seule démocratie de la région, pouvait-on lire . Israël protège la liberté de culte pour les juifs, les musulmans et les chrétiens, et continuera à le faire en dépit des diffamations infondées dont il fait l’objet. »

Lundi soir, pendant un discours, Erdogan a traité Israël de pays « raciste et discriminatoire » et a affirmé qu’il ne laisserait pas la Knesset interdire l’appel à la prière du muezzin (en référence au projet de loi qui limite les appels à certains créneaux horaires). « Chaque jour d’occupation de Jérusalem est une insulte pour nous tous », a-t-il ajouté à la cérémonie d’ouverture du Forum international du Waqf al-Quds à Istanbul.

Plus tard dans la journée de lundi, Erdogan a parlé des moyens de stopper ce qu’il appelle la « judaïsation » de Jérusalem avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Rami Hamdallah. Lors d’une rencontre à Istanbul, le dirigeant turc a « confirmé la nécessité de s’associer pour protéger Jérusalem des tentatives de judaïsation », selon l’agence de presse palestinienne Maan.

La délégation palestinienne, à gauche, dont Rami Hamdallah, Premier ministre de l'Autorité palestinienne, avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 8 mai 2017. (Crédit : Wafa)
La délégation palestinienne, à gauche, dont Rami Hamdallah, Premier ministre de l’Autorité palestinienne, avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à Istanbul, le 8 mai 2017. (Crédit : Wafa)

Les propos d’Erdogan ont suscité des réponses excédées des politiciens israéliens.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a déclaré que ses remarques sont infondées. « Malheureusement, ses déclarations sur le mont du Temple attisent un feu qui nuit à la sécurité des résidents et des touristes de Jérusalem, a-t-il dit. Contrairement aux autres régions du Moyen Orient, Israël préserve le droit au culte ainsi que le libre accès aux lieux saints pour toutes les religions », a-t-il ajouté.

« Les déclarations provocatrices d’Erdogan ne changeront pas le fait que Jérusalem est la capitale du peuple juif, et la capitale d’Israël », a publié sur Twitter la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely. Le mont du Temple restera ouvert à toutes les religions mais toujours « sous souveraineté israélienne », a-t-elle ajouté.

La vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely à Jérusalem, le 1er mai 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely à Jérusalem, le 1er mai 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ils est surprenant qu’Erdogan, qui dirige un État qui a occupé Israël pendant 400 ans, nous fasse la leçon sur la façon de gérer notre ville », a dit le maire de Jérusalem Nir Barkat.

« Contrairement à la période d’occupation ottomane, sous souveraineté israélienne, Jérusalem est une ville prospère, ouverte et libre, qui prône la liberté de religion et de culte pour tous. Ces dernières années, un nombre record de musulmans se sont rendus au mont du Temple, exerçant ainsi leur liberté de religion sous souveraineté israélienne. »

Le lien entre le peuple juif et la ville est tri-millénaire, a déclaré Barkat, ajoutant que les racines juives sont visibles « à chaque coin de la ville ».

Barkat a précisé : « alors que nous nous apprêtons à célébrer le cinquantenaire de la réunification de Jérusalem, j’invite Erdogan à se rendre dans notre ville et à s’émerveiller de la situation sur le terrain, une situation qui ne s’est que bonifiée depuis l’empire ottoman. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...