Les autorités de NYC s’inquiètent du regain épidémique dans les zones orthodoxes
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Les autorités de NYC s’inquiètent du regain épidémique dans les zones orthodoxes

Les autorités sanitaires indiquent que six quartiers de Brooklyn et du Queens, où les chiffres sont en hausse, sont à l'origine d'un cinquième des nouveaux cas en ville

Un employé portant un équipement de protection individuelle lave un bus scolaire qui dessert une communauté juive ultra-orthodoxe dans le quartier de Brooklyn à New York, le 27 mars 2020. (AP Photo/John Minchillo)
Un employé portant un équipement de protection individuelle lave un bus scolaire qui dessert une communauté juive ultra-orthodoxe dans le quartier de Brooklyn à New York, le 27 mars 2020. (AP Photo/John Minchillo)

JTA – Six quartiers fortement orthodoxes de Brooklyn et du Queens sont actuellement à l’origine de 20 % de tous les nouveaux cas de COVID-19 à New York, et la hausse des cas y est « très préoccupante », ont annoncé mardi les responsables de la santé de la ville.

Ces nouvelles données surviennent alors que les communautés orthodoxes de New York commencent à s’inquiéter de l’apparition possible d’une seconde vague de cas, après un printemps brutal et un été relativement calme.

Les données correspondent à ce que les médecins sur le terrain dans les quartiers signalent – que le nombre de cas augmente fortement dans les zones qui ont été durement touchées en mars et avril.

Le Dr Stuart Ditchek, pédiatre à Midwood, a indiqué que neuf de ses patients ont été testés positifs hier sur un total de 31 tests, soit un taux de positivité de près de 30 %, contre une moyenne de 1,2 % dans toute la ville.

Stuart Ditchek dit avoir constaté une « augmentation exponentielle » des cas quotidiens – et être de plus en plus préoccupé par le fait que sa communauté pourrait être confrontée à une deuxième vague comme celle qui a été déclenchée par les rassemblements communaux pour la fête de Pourim à la mi-mars.

« Cela ressemble à Pourim pour moi, mais c’est pire parce qu’à cette époque nous ne pouvions pas faire de test, donc nous ne savions pas vraiment à quoi nous étions confrontés », s’inquiète-t-il. « Je sentais que ça allait arriver mais maintenant ce que nous voyons est une sorte d’effet boule de neige tous les jours ».

Des Juifs orthodoxes à côté d’un panneau invitant à la distanciation physique à Williamsburg, Brooklyn, le 16 juillet 2020. (Noam Galai/Getty Images/via JTA)

Le département de la santé de la ville surveillait les quartiers, tous abritant de grandes communautés orthodoxes, depuis des semaines après que les cas ont commencé à augmenter en août, la plupart étant attribués aux grands mariages célébrés dans de nombreuses communautés orthodoxes, en particulier à Borough Park et à Williamsburg.

Mais le nombre de cas a continué à augmenter au cours des dernières semaines, malgré les appels téléphoniques des responsables du département de la santé visant les quartiers orthodoxes et les appels au dépistage et au port du masque lancés par le maire lui-même.

Dans plusieurs quartiers du sud de Brooklyn, dont Midwood, Borough Park et Bensonhurst – que le ministère de la santé appelle désormais « Foyer Ocean Parkway », du nom de l’avenue qui les relie – ainsi qu’à Williamsburg et Far Rockaway, les cas ont triplé du 1er août au 19 septembre. À Kew Gardens, un quartier du Queens, le nombre de cas a doublé au cours de la même période.

Une famille dans le métro new-yorkais, le 14 septembre 2020, à Brooklyn. (AP/Mary Altaffer)

Si un grand nombre des cas enregistrés au cours des six dernières semaines ont été liés aux grands mariages typiques des communautés orthodoxes, qui ont repris dans de nombreuses communautés sans masque ni distanciation physique au milieu de l’été, la propagation du coronavirus dans les communautés a probablement été exacerbée par un certain nombre de facteurs.

Des personnels médicaux transportent la dépouille d’une victime du coronavirus au centre médical juif de Kingsbrook à Brooklyn, à New York, le 8 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Mary Altaffer)

Avec la reprise des mariages en août, les enfants ont commencé à revenir des camps de vacances et les familles sont revenues à Brooklyn après avoir passé les mois d’été dans des villages vacances su nord de l’État de New York. Les écoles ont récemment repris les cours en présentiel dans de nombreux quartiers orthodoxes, certaines bafouant la distanciation physique ou le port de masque. Et de nombreuses synagogues ont retrouvé leurs capacités d’avant la pandémie, malgré la menace persistante de celle-ci, signe à la fois de la ferveur avec laquelle la période de repentance qui précède les fêtes de fin d’année est considérée dans les communautés orthodoxes et du sentiment largement répandu que la pandémie de coronavirus a pris fin dans ces communautés il y a longtemps.

Les communautés orthodoxes de Borough Park, Crown Heights et Williamsburg, trois quartiers abritant d’importantes populations hassidiques, ont été particulièrement touchées lorsque la pandémie a frappé les États-Unis pour la première fois en mars.

Les flambées ont été liées aux célébrations qui ont eu lieu après Pourim, une fête juive souvent marquée par des fêtes et une consommation d’alcool importante, avant que des restrictions ne soient mises en place ou que l’on ne connaisse l’ampleur de la propagation du virus.

Des membres de la communauté juive orthodoxe regardent les manifestants traverser le quartier de Brooklyn le 3 juin 2020, lors d’une manifestation « Breonna Taylor and Black Lives Matter » à New York, après la mort récente de George Floyd, immobilisé par la police de Minneapolis. (Photo par Angela Weiss / AFP via Getty Images/ via JTA)

À la fin du printemps, beaucoup de ces communautés avaient retrouvé une vie normale, reprenant les études en personne dans les yeshivas et les prières dans les synagogues, et renonçant en grande partie aux masques qui devenaient alors monnaie courante dans la ville.

Pour beaucoup, l’ampleur des dégâts causés par le virus en mars leur a permis de reprendre une vie normale, car beaucoup pensaient que les communautés avaient développé une immunité collective. En effet, pendant une grande partie de l’été, les cliniques locales ont signalé peu de nouveaux cas de COVID-19 malgré la reprise des activités de la vie courante.

Mais en août, les signes d’une seconde vague ont commencé à apparaître dans plusieurs communautés, les mariages étant considérés comme responsables.

Une administratrice d’un réseau de cliniques de Williamsburg a vu le nombre de cas augmenter de façon spectaculaire au cours de la semaine dernière.

Alors qu’il y avait eu un ou deux cas par semaine pendant l’été, ces chiffres sont passés à dix cas par semaine début septembre et à plus de 50 cas la semaine dernière. La clinique se prépare maintenant à une deuxième vague avec les mêmes mesures qu’avant la première vague, en s’assurant qu’elle dispose de suffisamment d’équipements de protection individuelle et en repensant le protocole de test et d’isolement des cas suspects de COVID.

Un homme prie à côté d’une ambulance garée dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn, New York, le 7 avril 2020. (Crédit : AP/Mark Lennihan)

« Nous nous sommes dit que c’était un peu ce qui s’est passé au début du mois de mars », commente-t-elle à propos de l’augmentation spectaculaire des cas.

Avec les synagogues pleines à craquer pendant Rosh HaShana et Yom Kippour et Souccot qui approchent, elle s’attend à ce que le nombre de cas continue à augmenter au cours des prochaines semaines.

En un seul jour, rapporte-t-elle, les cliniques ont enregistré 10 tests positifs, 33 négatifs et plus de 20 résultats en attente. Même si ces derniers sont négatifs, le taux de positivité de la clinique serait supérieur à 15 % – plus de cinq fois le seuil fixé par le gouverneur de New York pour assurer la sécurité des écoles.

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