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Les autorités palestiniennes torturent les détenus, selon Human Rights Watch

Human Rights Watch dénonce les mauvais traitements infligés aux opposants de l’Autorité palestinienne et du Hamas et les qualifie de possibles crimes contre l’humanité

Les forces de l'ordre palestiniennes s’affrontent avec des manifestants dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 26 juin 2021, lors d’un rassemblement pour protester contre la mort du militant des droits de l’homme Nizar Banat. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Les forces de l'ordre palestiniennes s’affrontent avec des manifestants dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 26 juin 2021, lors d’un rassemblement pour protester contre la mort du militant des droits de l’homme Nizar Banat. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Les autorités palestiniennes de Cisjordanie et de la bande de Gaza torturent systématiquement leurs détracteurs en détention, pratique susceptible de constituer un crime contre l’humanité, a déclaré vendredi un groupe international de défense des droits de l’homme.

Dans son rapport, Human Rights Watch (HRW) appelle les pays donateurs à cesser de financer les forces de l’ordre palestiniennes coupables de tels crimes et exhorte la Cour pénale internationale à enquêter.

Le rapport estime que les forces de l’ordre palestiniennes « utilisent l’isolement et les coups. Elles fouettent les pieds des prisonniers ou leur imposent des positions stressantes et douloureuses pendant une longue durée, hissent leurs bras dans leur dos à l’aide de câbles ou de cordes, tout ceci pour punir et intimider les détracteurs ou opposants, et obtenir des aveux ».

Le rapport décrit également les mauvais traitements et la torture infligés par Israël aux détenus palestiniens en Cisjordanie, affirmant qu’aucun acte d’accusation n’avait été émis contre les forces de l’ordre israéliennes malgré les centaines de plaintes déposées au cours des 20 dernières années.

Le rapport de HRW sort un an après la mort de Nizar Banat, un critique virulent de l’Autorité palestinienne, dont la famille affirme qu’il est mort après l’irruption en pleine nuit, à son domicile, des forces de l’ordre de l’AP qui l’ont frappé avec des matraques en métal. Sa mort avait déclenché des semaines de manifestations contre l’AP, qui gouverne certaines parties de la Cisjordanie. Les forces de l’ordre palestiniennes ont d’ailleurs violemment dispersé certaines de ces manifestations.

Amnesty International a indiqué, la semaine passée, que l’Autorité palestinienne ne tenait pas ses forces de l’ordre responsables de la mort de Nizar Banat. Les autorités palestiniennes ont arrêté 14 officiers l’été dernier, jugés par un tribunal militaire, mais n’ont pris aucune mesure contre les hauts commandants.

Maryam Banat, 67 ans, mère du critique de l’Autorité palestinienne Nizar Banat, tient une affiche avec la photo de son fils lors d’un rassemblement pour protester contre sa mort aux mains des forces de l’orde de l’AP, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 3 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

« Plus d’un an après avoir battu à mort Nizar Banat, l’Autorité palestinienne continue d’arrêter et torturer ses détracteurs et opposants », a déclaré Omar Shakir, directeur de la division Israël et Palestine à Human Rights Watch.

« Les abus systématiques de l’AP et du Hamas constituent une forme grave de la répression subie par le peuple palestinien », a-t-il expliqué, évoquant le groupe terroriste à la tête de Gaza.

Le groupe a donné la liste des Palestiniens qui, selon lui, avaient été arrêtés arbitrairement à la suite de la mort de Banat.

HRW a ajouté que les forces de l’ordre n’étaient pas tenues de rendre des comptes pour les actes de torture et que, compte tenu de leur nature systématique depuis de nombreuses années, cette pratique était susceptible de constituer un crime contre l’humanité.

Les Palestiniens sont signataires de la Convention contre la torture, qui exige de ses membres une action en matière de prévention de la torture.

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