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Les chars déployés à Rafah après l’approbation de l’opération par le cabinet de guerre

Malgré les combats près du poste-frontière entre le sud de Gaza et l'Égypte et les frappes aériennes, l'incursion est qualifiée par certains médias comme ayant une "portée limitée"

De la fumée s’élevant après une frappe aérienne israélienne sur des bâtiments situés près du mur de séparation entre l'Égypte et Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 mai 2024. (Crédit : Ramez Habboub/AP)
De la fumée s’élevant après une frappe aérienne israélienne sur des bâtiments situés près du mur de séparation entre l'Égypte et Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 mai 2024. (Crédit : Ramez Habboub/AP)

Les chars et les troupes israéliens sont entrés dans la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, tôt mardi, après que Jérusalem a déclaré qu’une offre de trêve du groupe terroriste palestinien du Hamas ne répondait pas à ses exigences et a annoncé qu’elle avait donné son accord à la poursuite de l’incursion annoncée depuis longtemps.

L’armée israélienne a déclaré qu’elle menait des « frappes ciblées » contre le Hamas dans l’est de Rafah, considéré comme le dernier bastion du groupe terroriste.

Peu après, des chars israéliens sont entrés dans la bande de Gaza près de Rafah, jusqu’à 200 mètres du terminal du point de passage de Rafah avec l’Égypte voisine, ont déclaré un responsable palestinien de la sécurité et un responsable égyptien. Tous deux ont parlé sous le couvert de l’anonymat car ils n’étaient pas autorisés à s’adresser à la presse.

Des coups de feu et des explosions ont été entendus sur des images diffusées depuis le point de passage par la chaîne de télévision égyptienne al-Qahera, qui montrait le côté égyptien du point de passage, vide de toute personne. Le grondement des chars et le bourdonnement des hélicoptères étaient également audibles.

Le responsable égyptien a déclaré que l’opération semblait avoir une portée limitée. Selon lui et la chaîne de télévision Al-Aqsa TV du Hamas, des responsables israéliens ont informé les Égyptiens que les troupes se retireraient à la fin de l’opération.

Dimanche, des terroristes du Hamas ont tiré un barrage de roquettes sur le sud d’Israël près du point de passage de Rafah, tuant quatre soldats israéliens et en blessant dix.

Les Palestiniens ont également fait état de frappes aériennes intenses dans l’est de la ville, faisant au moins cinq morts. Israël a mené des frappes aériennes à Rafah avec une certaine régularité ces derniers mois, même s’il s’est abstenu d’envoyer des troupes dans la ville en raison de l’opposition internationale véhémente aux opérations militaires dans la ville, où plus d’un million de Palestiniens se seraient réfugiés, la plupart d’entre eux ayant été déplacés d’autres parties de la bande de Gaza.

Un responsable américain a déclaré que Washington ne pensait pas que l’incursion à Rafah représentait une opération militaire majeure, bien que l’action soit préoccupante.

L’armée israélienne s’est refusée à tout commentaire.

Cette opération survient après une journée au cours de laquelle Israël a émis des ordres d’évacuation pour quelque 100 000 habitants de la bande de Gaza dans certaines parties de l’est de Rafah, à qui il a été demandé d’évacuer vers une « zone de sécurité » près de Khan Younès, au nord de Rafah.

Des Palestiniens déplacés qui ont quitté Rafah dans le sud de la bande de Gaza suite à un ordre d’évacuation de l’armée israélienne, arrivant à Khan Younès le 6 mai 2024. (Crédit : AFP)

Quelques heures plus tard, le Hamas a déclaré avoir accepté une proposition égyptienne et qatarie de cessez-le-feu et de libération d’otages, mais les responsables israéliens ont expliqué que les conditions du Hamas ne correspondaient pas à ce que Jérusalem avait accepté, bien que des équipes de travail se rendent au Caire mardi pour reprendre les pourparlers indirects.

Déclarant que la dernière offre du Hamas était « loin de répondre aux exigences essentielles d’Israël », un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que le cabinet de guerre avait décidé à l’unanimité de poursuivre l’opération de Tsahal à Rafah « afin d’exercer une pression militaire sur le groupe terroriste palestinien du Hamas, dans le but de progresser vers la libération des otages et les autres objectifs de la guerre ».

Depuis des mois, Netanyahu a promis que les troupes israéliennes mèneraient une opération pour éliminer les derniers bastions du Hamas dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, quel que soit l’accord sur la libération des otages. Les responsables israéliens de la Défense affirment que quatre des six bataillons restants du Hamas se trouvent dans la ville, ainsi que des membres de la direction du groupe et un nombre important d’otages enlevés en Israël le 7 octobre lors de l’assaut barbare du groupe terroriste palestinien sur le sud d’Israël.

« Israël atteindra ses objectifs de guerre », a déclaré un haut responsable israélien au Times of Israel lundi en fin de journée. « Nous détruirons les capacités armées et administratives du Hamas, nous libérerons les otages et nous ferons en sorte que Gaza ne constitue pas une menace pour Israël et le monde civilisé à l’avenir », a promis le responsable, réitérant les messages transmis par les responsables israéliens depuis des semaines.

Des Palestiniens sur le site d’un bâtiment détruit par une frappe aérienne israélienne à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 5 mai 2024. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Une opération militaire à Rafah répondrait aux exigences des partenaires de la coalition d’extrême-droite de Netanyahu, qui ont insisté à de multiples reprises pour que Tsahal ne soit pas empêchée de conquérir la ville, même si cela signifie mettre en péril un éventuel accord sur les otages.

« Je prie pour le succès de nos troupes qui se battent enfin à Rafah », a déclaré la ministre Orit Strouk à la chaîne publique israélienne Kann lundi soir.

Parallèlement, des familles d’otages et les manifestants anti-gouvernementaux ont arpenté les rues de Tel Aviv et de Jérusalem lundi soir pour réclamer une trêve qui permettrait aux 128 otages enlevés le 7 octobre d’être relâchés.

« Le moment est venu d’accepter l’accord. Le moment est venu de conclure un cessez-le-feu », a crié Einav Zangauker, mère de l’otage Matan Zangauker, dans un mégaphone, alors que les manifestants bloquaient les voitures sur l’autoroute Ayalon à Tel Aviv. « Nous ne les laisserons pas laisser passer cette opportunité ce soir. »

Des parents et des sympathisants des otages capturés par le Hamas le 7 octobre, brandissant des pancartes et agitant des drapeaux lors d’une manifestation appelant à leur libération, à Tel Aviv, le 6 mai 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La perspective d’une incursion dans la bande de Gaza a également suscité une condamnation internationale, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, déclarant « qu’une incursion terrestre dans Rafah serait intolérable en raison de ses conséquences humanitaires dévastatrices et de son impact déstabilisateur dans la région ». Il a déclaré que l’offre de trêve du groupe terroriste palestinien du Hamas était « une occasion à ne pas manquer ».

En visite à Washington, le roi Abdallah II de Jordanie a exhorté le président américain Joe Biden à intervenir pour mettre fin à un « nouveau massacre » à Rafah, avertissant que cela pourrait entraîner une extension de la guerre au-delà de Gaza.

Lors d’un appel avec Netanyahu plus tôt dans la journée de lundi, Biden a réitéré son opposition à une incursion militaire israélienne majeure à Rafah, a indiqué un communiqué de la Maison Blanche, sans fournir plus de détails.

Les États-Unis ont exprimé à maintes reprises leur opposition à une opération de grande envergure à Rafah en l’absence de garanties crédibles de la part d’Israël quant à la protection du million et plus de Palestiniens qui s’y trouvent. Israël affirme pouvoir évacuer et soigner ces civils en toute sécurité, mais Washington n’est pas convaincu.

Des manifestants anti-Israël protestant en solidarité avec Gaza, devant le consulat israélien, à Istanbul, le 6 mai 2024. (Crédit : Emrah Gurel/AP)

Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, a déclaré plus tard lundi que les États-Unis ne soutiendraient aucune opération à Rafah qui mettrait les civils en danger. Il s’agit là d’un durcissement de la position adoptée de longue date par Washington, qui s’opposait spécifiquement à une incursion « majeure » dans la ville.

Le porte-parole du Département d’État, Matthew Miller, a déclaré lundi que les États-Unis n’avaient pas vu de plan crédible pour protéger les civils palestiniens. « Nous ne pouvons pas soutenir une opération à Rafah telle qu’elle est envisagée actuellement », a-t-il déclaré.

L’administration Biden propose des alternatives à l’incursion dans Rafah, notamment le renforcement de la frontière de Gaza avec l’Égypte et des opérations plus ciblées contre les dirigeants du Hamas. Mais Netanyahu a fait de l’opération Rafah un élément essentiel et non négociable d’une « victoire totale » sur le groupe terroriste palestinien.

La guerre a éclaté lorsque des terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tuant près de 1 200 personnes, principalement des civils, tout en prenant 252 otages de tous âges, en commettant de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Des Palestiniens marchant dans un camp de déplacés, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, près de la frontière égyptienne, le 28 avril 2024. (Crédit : AFP)

En réponse à cet assaut, Israël a lancé une incursion terrestre visant à éliminer les capacités armées et de gouvernance du groupe terroriste palestinien à Gaza et à libérer les otages, dont 128 sont toujours en captivité.

Plus de 34 600 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Tsahal dit avoir éliminé 13 000 terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, en plus d’un millier de terroristes qui ont pris d’assaut Israël le 7 octobre.

Deux cent soixante-sept soldats israéliens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le 27 octobre.

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