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Les députés néerlandais prêts à reconnaître le génocide arménien

L'Union chrétienne "proposera deux motions devant la chambre basse du parlement avec le soutien des partis de la coalition"

Recep Tayyip Erdogan et Mark Rutte, le 21 mars 2013 à Catshuis, la résidence officielle du chef du gouvernement néerlandais (AFP/Martijn Beekman)
Recep Tayyip Erdogan et Mark Rutte, le 21 mars 2013 à Catshuis, la résidence officielle du chef du gouvernement néerlandais (AFP/Martijn Beekman)

Les députés néerlandais devraient adopter jeudi une motion reconnaissant officiellement en tant que « génocide » les massacres perpétrés en 1915 en Arménie, à l’issue d’un vote qui devrait faire monter d’un cran les tensions avec la Turquie.

L’Union chrétienne (CU), parti conservateur membre du gouvernement du Premier ministre libéral Mark Rutte, « proposera deux motions devant la chambre basse du parlement avec le soutien des partis de la coalition », a annoncé le député Joel Voordewind (CU).

La première propose « que le parlement parle du génocide arménien dans des termes clairs », a expliqué M. Voordewind à l’AFP. La seconde demandera au gouvernement « d’envoyer un représentant à Erevan le 24 avril pour la commémoration du génocide arménien, et ensuite une fois tous les cinq ans », a-t-il ajouté.

Un million et demi d’Arméniens ont été tués de manière systématique à la fin de l’Empire ottoman entre 1915 et 1917. Nombre d’historiens et plus de vingt pays, dont la France, l’Italie et la Russie, ont reconnu qu’il y avait eu un génocide.

La Turquie reconnaît que jusqu’à 500 000 Arméniens sont morts pendant des combats et leur déportation forcée vers la Syrie ou le Liban, alors provinces ottomanes, mais réfute toute volonté d’extermination.

« Durant des années, la politique officielle du gouvernement néerlandais a été de ne pas parler de ‘génocide arménien’ mais bien de ‘la question du génocide arménien’ « , notamment pour garder de bonnes relations avec Ankara, a expliqué à l’AFP Erik-Jan Zürcher, professeur en études turques à l’Université de Leiden.

M. Zürcher s’attend toutefois à ce que « le gouvernement néerlandais […] continue à dire que cela reste quelque chose qui doit être réglé entre Ankara et Erevan », malgré les grandes chances pour que la motion soit adoptée jeudi.

Les relations bilatérales sont au plus bas depuis que les Pays-Bas ont annoncé début février le retrait de leur ambassadeur à Ankara et leur refus d’accueillir un représentant turc sur leur sol.

Le gouvernement néerlandais avait empêché en mars 2017 deux ministres turcs de s’exprimer lors d’un meeting organisé pour la communauté turque à Rotterdam à l’occasion de la campagne du référendum sur le renforcement des pouvoirs présidentiels.

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