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Les donateurs de l’UNRWA qui ont gelé leur aide reviendront sur leur décision, dit la Norvège

Selon Espen Barth Eide, de nombreux pays réexaminent les payements suspendus dû à l'implication d'employés de l'UNRWA dans les massacres ; le Qatar et l'Irak s'engagent à verser 25 millions de dollars chacun

Des soldats israéliens à l'intérieur d'un complexe évacué de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), à Gaza City, sur une photo prise lors d'une visite média organisée par l'armée israélienne, le 8 février 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Des soldats israéliens à l'intérieur d'un complexe évacué de l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), à Gaza City, sur une photo prise lors d'une visite média organisée par l'armée israélienne, le 8 février 2024. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le ministre norvégien des Affaires étrangères, Espen Barth Eide, a déclaré mercredi que de nombreux pays qui avaient interrompu leur financement à l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) ont probablement changé d’avis et que les versements pourraient reprendre bientôt.

À la suite d’accusations selon lesquelles une douzaine de ses 13 000 employés de la bande de Gaza auraient participé activement à l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre, au cours de laquelle près de 1 200 Israéliens ont été assassinés et 253 kidnappés et emmenés dans la bande de Gaza, plusieurs pays, dont les États-Unis et la Grande-Bretagne, ont suspendu leur financement à l’UNRWA.

La Norvège, l’un des principaux contributeurs de l’UNRWA, a maintenu son financement et transféré sa contribution annuelle habituelle de 275 millions de couronnes (environ 95 millions de shekels) en février, en annonçant qu’elle verserait des sommes supplémentaires. Elle fait également pression sur les pays qui ont interrompu leur financement pour qu’ils le reprennent.

« Je pense qu’un grand nombre des pays qui ont suspendu leur financement sont en train de revoir leur position », a indiqué Barth Eide lors d’une interview accordée à Reuters, citant le fait que ces pays reconnaissent « qu’ils ne peuvent pas punir l’ensemble de la société palestinienne ».

« Ce constat est de plus en plus largement reconnu et accepté par un grand nombre de pays », a-t-il déclaré après avoir rencontré des organisations humanitaires norvégiennes pour faire le point sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza.

« Mais, bien évidemment, ils ont besoin d’un dénouement honorable, et ils espèrent probablement, à mon avis et sans vouloir parler au nom des différents pays, que ces investigations leur apporteront des éléments qui leur permettront de dire : « Nous avons dû suspendre nos activités, mais nous sommes de retour ».

Le ministre des Affaires étrangères norvégien Espen Barth Eide s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité au siège de l’ONU, mardi 23 janvier 2024. (Crédit : Yuki Iwamura/AP)

L’ONU mène une enquête interne, et l’ancienne ministre des Affaires étrangères française, Catherine Colonna, dirige un examen indépendant.

Selon Juliette Touma, directrice de la communication de l’UNRWA, aucun des 16 pays donateurs qui ont gelé leur financement n’a encore repris ses activités, et elle les a exhortés à reconsidérer leur décision.

« Nous fonctionnons au jour le jour. C’est ainsi que nous avons réussi à traverser le mois de février. C’est ainsi que nous traverserons le mois de mars », a-t-elle affirmé à Reuters. « Chaque centime compte. »

Dans un premier temps, Israël a accusé 12 employés de l’UNRWA de participation aux attaques du Hamas, dont l’un d’entre eux a été filmé par une caméra de vidéo-surveillance alors qu’il enlevait la dépouille d’un Israélien et l’emmenait à Gaza. La semaine dernière, Israël a publié des enregistrements audio incriminant deux employés supplémentaires de l’UNRWA qui auraient participé à l’attaque.

Philippe Lazzarini, directeur de l’UNRWA, a déclaré lundi qu’il n’avait « jamais été informé » ni reçu aucune preuve des allégations émises par les Israéliens. Chaque année, a-t-il dit, l’UNRWA fournit à Israël et à l’Autorité palestinienne (AP) une liste de son personnel « et je n’ai jamais reçu la moindre plainte concernant le personnel que nous employons ».

Lundi, Lazzarini a mis en garde contre « une campagne délibérée et concertée » visant à mettre fin à ses activités, Israël reprochant à l’organisation d’employer plus de 450 « agents terroristes » du Hamas et autres groupes terroristes.

Les seules allégations qui lui ont été communiquées verbalement concernent les 12 employés de l’UNRWA qui auraient été impliqués dans l’attaque du 7 octobre, a-t-il déclaré, et elles semblent si graves qu’ils ont été licenciés.

l’UNRWA a accusé Israël dans un communiqué, de détenir plusieurs de ses employés et de les forcer, par la torture et les mauvais traitements, à faire de faux aveux sur les liens entre l’agence, le Hamas et les attaques du 7 octobre. L’armée israélienne a déclaré que tout mauvais traitement était « absolument interdit », a nié toutes les allégations d’abus sexuels et a déclaré qu’elle enquêtait sur toutes les plaintes de comportement inapproprié.

Le chef de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés palestiniens au Proche-Orient (UNRWA), Philippe Lazzarini, s’exprimant lors d’un entretien avec l’Associated Press, au siège de l’UNRWA, à Beyrouth, le 6 décembre 2023. (Crédit : Bilal Hussein/AP)

Irremplaçable

Il est difficile pour les États-Unis de « revenir » à l’UNRWA, a ajouté le ministre norvégien, mais il pourrait y avoir des solutions, a-t-il dit, par le biais d’un « accord entre les États-Unis et l’Europe » sur le partage du travail.

« Les Etats-Unis pourraient faire plus avec d’autres organisations et les Européens (pourraient) se concentrer davantage sur l’UNRWA », a-t-il déclaré, ajoutant que « la combinaison entre les Européens et les Etats arabes (également) serait probablement nécessaire ».

Le Qatar a déclaré mercredi qu’il octroierait 25 millions de dollars supplémentaires à l’agence des Nations unies. L’Irak s’est engagé à verser le même montant.

Certains donateurs ont suggéré peu après les allégations de remplacer l’UNRWA par une autre organisation humanitaire, a indiqué Barth Eide, mais cette idée n’est désormais plus à l’ordre du jour.

« Le reste de la communauté humanitaire internationale, les agences de l’ONU et les ONG leur ont dit qu’il était impossible de le faire assez rapidement », a-t-il ajouté.

Le siège de l’UNRWA, à Gaza City, le 8 février 2024. (Crédit : Emanuel Fabian/Times of Israel)

Vendredi, la Commission européenne a déclaré qu’elle verserait 50 millions d’euros à l’UNRWA, mais qu’elle retiendrait 32 millions d’euros pendant son enquête sur les accusations israéliennes.

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, a déclaré que la poursuite du financement montrait que l’UE reconnaissait l’UNRWA « comme un acteur irremplaçable ».

La Grande-Bretagne attend les résultats de l’enquête menée par Colonna, a déclaré un porte-parole du Premier ministre, Rishi Sunak.

Le gouvernement britannique attend le rapport, qui devrait être publié dans les prochaines semaines, et il communiquera ensuite ses conclusions. Le Royaume-Uni a distribué tous les fonds destinés à l’UNRWA pour cet exercice financier. Son prochain versement, d’environ 35 millions de livres sterling, est prévu pour le mois de mai.

Mardi, un représentant du gouvernement canadien a déclaré à l’Associated Press qu’Ottawa rétablirait également son financement de l’UNRWA.

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