Les États-Unis déconseillent à leurs citoyens de se rendre en Cisjordanie
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Les États-Unis déconseillent à leurs citoyens de se rendre en Cisjordanie

L'ambassade appelle ses citoyens à éviter les régions palestiniennes, où "la violence peut survenir sans prévenir" ; un responsable militaire s'inquiète d'une "vague d'attentats"

Illustration : une route des collines du sud de Hébron, en Cisjordanie. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Illustration : une route des collines du sud de Hébron, en Cisjordanie. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Alors qu’Israël continue de faire pression concernant le projet d’annexion (soutenu par les États-Unis) de certaines parties de la Cisjordanie en juillet prochain, Washington a émis jeudi une alerte de sécurité conseillant à ses citoyens de faire preuve d’une prudence accrue lorsqu’ils se rendent en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza, anticipant ainsi une éventuelle recrudescence de la violence.

L’ambassade des États-Unis à Jérusalem a conseillé aux ressortissants américains de « faire preuve d’une grande vigilance et de prendre les mesures appropriées pour veiller à leur sécurité ».

Elle a averti que « la violence peut se produire sans prévenir ou à peine, ciblant les lieux touristiques, les centres de transport, les points de contrôle gouvernementaux, les marchés et les installations commerciales ou les installations gouvernementales ».

« Les citoyens américains devraient examiner attentivement les risques pour leur sécurité personnelle lorsqu’ils envisagent de visiter des sites ou de se rendre à des événements qui pourraient être des cibles potentielles », a-t-elle ajouté.

L’alerte interdisait au personnel du gouvernement américain de « se rendre en Cisjordanie à titre personnel, à l’exception des portions de la route 1, de la route 443 et de la route 90 qui traversent la Cisjordanie ». Il leur est interdit de se rendre à Gaza.

Le COGAT, la liaison militaire d’Israël avec les Palestiniens, a averti en début de semaine le chef d’état-major de l’armée et le ministre de la Défense d’un risque potentiel de violence si le gouvernement poursuivait ses plans d’annexion unilatérale de certaines parties de la Cisjordanie.

Le major-général Kamil Abu Rukun, coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires, le COGAT. (Autorisation)

Selon la radio militaire, le major-général Kamil Abu Rukun – officiellement connu comme le coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT) – a indiqué au chef de Tsahal Aviv Kohavi et au ministre de la Défense Benny Gantz que l’annexion « risquait d’entraîner une vague d’attaques terroristes et une rupture de la coopération en matière de sécurité [avec l’Autorité palestinienne] ».

La semaine dernière, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a annoncé que ses forces de sécurité mettaient fin à la coordination sécuritaire avec Israël.

Alors que les responsables de la sécurité israélienne ont confirmé l’information, la Treizième chaîne a rapporté que Ramallah avait envoyé des messages à Israël disant qu’il ne permettrait pas d’attaques terroristes contre les Israéliens ou un soulèvement populaire de masse.

Bien qu’elle n’ait pas fait l’objet d’un large débat public, la coopération d’Israël avec les forces de sécurité palestiniennes a été créditée d’avoir déjoué de nombreux attentats terroristes majeurs et d’avoir été un facteur significatif du calme relatif en Cisjordanie ces dernières années.

Le lieu d’un attentat présumé dans le sud de la Cisjordanie, le 14 mai 2020. (Crédit : armée israélienne)

Lundi, le Premier ministre de l’AP, Mohammad Shtayyeh, a déclaré que l’AP empêcherait le chaos et le désordre public en Cisjordanie malgré la rupture des liens. Les services de sécurité israéliens craignent toutefois que le groupe terroriste du Hamas n’exploite l’escalade des tensions pour intensifier ses activités en Cisjordanie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé lundi qu’il avait fixé au mois de juillet la date à laquelle Israël étendrait sa souveraineté sur les implantations de Cisjordanie et la vallée du Jourdain, et a informé les députés du Likud qu’il n’avait pas l’intention de modifier ce projet.

Cette décision sera coordonnée avec les États-Unis, conformément au plan pour le Moyen-Orient dévoilé par le président américain Donald Trump en janvier, qui a approuvé l’extension de la souveraineté israélienne sur environ 30 % de la Cisjordanie.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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