Les États-Unis démentent ne plus reconnaitre le Golan comme territoire israélien
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Les États-Unis démentent ne plus reconnaitre le Golan comme territoire israélien

Après le tollé provoqué par la reprise d'une rumeur par les médias, Yair Lapid dénonce une tentative de saper le nouveau gouvernement israélien et les liens avec les États-Unis.

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des vignes dans le nord du Plateau du Golan (Crédit photo : Flash90)
Des vignes dans le nord du Plateau du Golan (Crédit photo : Flash90)

Le département d’État américain a démenti vendredi que l’administration Biden envisageait d’annuler la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, après qu’une fausse information a suscité un tollé en Israël.

« La politique américaine concernant le Golan n’a pas changé, et les rapports indiquant le contraire sont faux », a tweeté le département des Affaires au Proche-Orient du département d’État.

Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a déclaré que la rumeur selon laquelle l’administration Biden revenait sur la reconnaissance par l’ancien président Donald Trump de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan s’inscrivait dans le cadre d’efforts visant à affaiblir les liens entre Israël et les États-Unis et à compromettre le nouveau gouvernement.

La rumeur s’est répandue après qu’un rapport fallacieux d’un site d’information américain d’extrême droite a été repris par plusieurs médias israéliens, provoquant un scandale dans la sphère politique.

« Le plateau du Golan est un atout stratégique et fait partie intégrante de l’État souverain d’Israël. Les États-Unis ont reconnu notre souveraineté sur le plateau du Golan et son importance stratégique pour la sécurité d’Israël », a déclaré M. Lapid.

« Quiconque répand des rumeurs sur l’annulation de cette reconnaissance nuit à [notre] sécurité, nuit à la déclaration de souveraineté [des États-Unis] et se montre prêt (non pas que ce soit la première fois) à porter un véritable préjudice à l’État d’Israël et à ses relations avec les États-Unis – tout cela dans le but de compromettre le nouveau gouvernement », a déclaré Lapid dans un communiqué.

Le ministre de la Défense de l’époque, Naftali Bennett (G), s’entretient avec le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi (D), et le général de brigade Avi Gil, chef de la 36e division du Commandement du Nord, sur le plateau du Golan, le 18 décembre 2019. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Jeudi, le Washington Free Beacon a publié un article intitulé  » L’administration Biden revient sur la reconnaissance par les États-Unis du plateau du Golan comme territoire israélien « . Le média avait contacté le service de presse du département d’État américain pour connaître la position de l’administration Biden sur le plateau du Golan.

En 2019, Trump a reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau stratégique, qu’Israël a pris à la Syrie lors de la guerre des Six Jours en 1967 et qu’il a ensuite annexé ; un geste non reconnu à ce jour par la communauté internationale.

Un camion de construction entre dans « Ramat Trump » (« les hauteurs de Trump ») le 21 septembre 2020 (Emmanuel DUNAND / AFP)

Le département d’État a répondu en renvoyant le Beacon aux commentaires faits par le secrétaire d’État Antony Blinken en février, dans lesquels il a déclaré qu’Israël devrait continuer à conserver le territoire tant que le dictateur Bachar Assad gouverne la Syrie, ajoutant que « d’un point de vue pratique, le Golan est très important pour la sécurité d’Israël ».

Toutefois, M. Blinken a ajouté que « si la situation devait changer en Syrie, nous l’envisagerions. Mais nous sommes loin d’en être là ».

Le Free Beacon a fait référence à ces commentaires de février, les qualifiant de retour en arrière de Biden sur la reconnaissance du Golan par Trump. Il a ensuite interrogé plusieurs républicains de haut rang, dont l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo et le sénateur Ted Cruz, qui ont exprimé leur indignation.

Le ministre de la Défense Yair Lapid lors d’une réunion de sa faction Yesh Atid à la Knesset, le 21 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Quelques heures plus tard, l’histoire a été reprise par les principaux médias israéliens. Plusieurs d’entre eux, dont la Douzième chaîne et la radio militaire, ont publié des tweets citant des « rapports américains » sur la décision de l’administration Biden d’annuler la reconnaissance du plateau du Golan par Trump, sans donner davantage de détails.

Par la suite, les ministres du cabinet israélien se sont prononcés sur la question. Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev (Parti travailliste), a tweeté : « Le plateau du Golan n’est pas devenu plus israélien suite à la décision de Trump, et il ne deviendra pas moins israélien si la décision est révoquée. »

Oded Forer, ministre du développement du Néguev et de la Galilée (Yisrael Beytenu), a tweeté qu’il avait demandé à son bureau de formuler une décision de cabinet visant à renforcer le plateau du Golan et à y doubler la population.

Les législateurs et les chefs de l’opposition d’extrême droite ont utilisé le rapport pour critiquer le nouveau gouvernement. Le député Amichai Chikli, un dissident de Yamina qui a voté contre la nouvelle coalition, a adressé des félicitations sarcastiques à M. Lapid pour avoir réussi à faire annuler la reconnaissance américaine de la souveraineté israélienne sur le Golan dès la première semaine de son mandat. Le tweet de Chikli ne mentionnait même pas le rapport, rapportant plutôt le prétendu développement comme un fait établi.

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