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Les Gardiens de la Révolution menacent d’attaquer des « bases sionistes » en Irak

L'armée idéologique d'Iran affirme "son droit naturel à détruire toute base" de lancement d'une attaque contre la République islamique

Photo d'illustration : Des missiles tirés lors d'un exercice militaire des Gardiens iraniens de la révolution, le 28 juillet 2020. (Crédit : Sepahnews via AP)
Photo d'illustration : Des missiles tirés lors d'un exercice militaire des Gardiens iraniens de la révolution, le 28 juillet 2020. (Crédit : Sepahnews via AP)

Les Gardiens islamiques de la révolution iraniens ont menacé vendredi de frapper « les bases sionistes » en Irak, quelques jours après des lancements de missiles sur la capitale du Kurdistan irakien.

« Si les responsables irakiens n’agissent pas pour éliminer les autres bases occupées dans le pays par les sionistes alors que notre pays continue à subir une menace provenant de cette région, nous continuerons à riposter sans une seule hésitation », a déclaré le porte-parole du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, Ramazan Sharif, selon l’agence de presse semi-officielle FARS.

« C’est notre droit naturel de détruire toute base d’où émane une attaque contre la sécurité de l’Iran, ce qui est la ligne rouge pour nous », a-t-il ajouté.

Au début de la semaine, environ 12 missiles iraniens ont été lancés sur des cibles de la ville d’Erbil, au nord de l’Irak. Certains sont retombés à proximité du consulat américain.

L’Iran a affirmé avoir touché des bases israéliennes lors de cette frappe, disant qu’elle avait eu lieu en riposte à une attaque en Syrie attribuée à Israël qui avait tué deux membres des Gardiens de la révolution, la semaine précédente.

Aucun blessé n’avait été signalé dans cette frappe commise à Erbil. Cet incident a toutefois marqué une escalade significative entre les États-Unis et l’Iran, entraînant aussi la colère des dirigeants irakiens qui ont évoqué « une violation du droit et des normes internationales », convoquant dans la foulée l’ambassadeur iranien à Bagdad pour faire part de leur mécontentement. Les hostilités entre les États-Unis et l’Iran se sont souvent illustrées en Irak, dont le gouvernement est un allié des deux pays.

Un manoir endommagé après une attaque de missiles iraniens pendant la nuit à Erbil, la capitale de la région autonome kurde du nord de l’Irak, le 13 mars 2022. (Crédit : Safin Hamed/AFP)

L’Iran et les États-Unis sont en train de négocier un accord sur le nucléaire à Vienne et les États-Unis envisagerait d’enlever les Gardiens de la révolution de leur liste des groupes terroristes, au désespoir d’Israël.

D’autres informations, cette semaine, ont laissé entendre que la frappe iranienne à Erbil était venue en représailles à une frappe aérienne israélienne qui aurait entraîné des dégâts majeurs à la flotte de drones de l’Iran, au mois de février.

Dans ses propos de vendredi, Sharif a affirmé que « les sionistes ont admis eux-mêmes que leurs drones » avait décollé d’Erbil et qu’ils avaient survolé une base militaire de Kermanshah où aurait eu lieu l’attaque présumée contre les drones iraniens. Il n’a toutefois pas évoqué la frappe elle-même.

De plus, vendredi, le commandant des forces armées américaines pour le Moyen-Orient a déclaré que les échanges de frappes aux missiles entre l’Iran et Israël, en Irak et en Syrie, mettaient les forces américaines en péril.

Le général Frank McKenzie a dit aux journalistes du Pentagone qu’au cours des six derniers mois, la République islamique s’en était prise aux forces et aux structures américaines à un certain nombre d’occasions mais que « les très bonnes actions des commandants sur le terrain » avaient permis d’éviter des victimes.

« S’il y avait eu des victimes, je pense que nous pourrions aujourd’hui nous retrouver dans une situation très différente », a continué McKenzie.

McKenzie et d’autres responsables américains ont indiqué, cette semaine, que les frappes de missiles qui se sont abattues à proximité du consulat des États-Unis, dimanche dernier, ne visaient pas les Américains. Les responsables américains et israéliens ont refusé de commenter ou de détailler les cibles poursuivies lors de cette attaque en public.

« Je pense qu’il est manifeste qu’Israël passera à acte et prendra des initiatives lorsque le pays sera attaqué par l’Iran. Et bien sûr, l’Iran a juré la destruction d’Israël », a continué McKenzie. « Je m’inquiète de ces échanges entre l’Iran et Israël parce que nos forces se trouvent en péril en conséquence, que ce soit en Irak ou en Syrie. Et c’est un élément qui, en fait, me préoccupe ».

Le général Franck McKenzie, chef du Commandent central américain, à Kaboul, en Afghanistan, le 12 juillet 2021. (Crédit :
AP Photo/Ahmad Seir)

McKenzie, qui va prendre sa retraite après environ trois années passées au poste de chef du Commandement central américain, s’est exprimé lors de ce qui devait être sa toute dernière conférence de presse. Il a précisé qu’alors qu’il se prépare à se retirer en faveur du général Erik Kurilla, son message à son successeur était que l’Iran continuait à représenter, à ses yeux, le plus important défi à relever.

« Mon principal problème, pendant ces trois années de commandement, a été l’Iran », a expliqué McKenzie, qui avait également supervisé le retrait chaotique d’Afghanistan et les raids visant à tuer les dirigeants de l’État islamique. « Il y a eu d’autres problèmes, d’autres problèmes énormes mais notre quartier-général dans son ensemble… s’est focalisé sur le problème iranien et tout ce qui l’accompagne ».

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