Les grandes firmes coûtent 13 MDS nis en termes sanitaires et environnementaux
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Les grandes firmes coûtent 13 MDS nis en termes sanitaires et environnementaux

Dans son huitième rapport annuel sur la pollution, le ministère de la Protection de l'environnement adopte les critères de l'OCDE pour le calcul des coûts indirects des industries

Le littoral de Hadera, avec la centrale électrique d'Orot Rabin, en grande partie alimentée au charbon, le 16 avril 2013. (Flash90)
Le littoral de Hadera, avec la centrale électrique d'Orot Rabin, en grande partie alimentée au charbon, le 16 avril 2013. (Flash90)

Les 570 plus grandes usines en Israël ont coûté à l’Etat 13 milliards de shekels en dommages à la santé publique et à l’environnement l’année dernière, selon le dernier rapport annuel sur les émissions de gaz polluants et le réchauffement climatique publié lundi par le ministère de la Protection de l’environnement.

Bien qu’il s’agisse du huitième rapport annuel de ce type, il est le premier à évaluer les coûts externes, ou indirects, de ces émissions selon les critères fixés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ces coûts comprennent, par exemple, les soins hospitaliers de personnes souffrant de maladies liées à la pollution, ou le nettoyage d’une rivière contaminée par des déchets industriels.

Les conclusions du rapport sont basées sur des données fournies par les grandes entreprises elles-mêmes dans les domaines de l’énergie, des produits chimiques, des métaux, de l’alimentation et des boissons, du traitement des déchets et des eaux usées et de l’élevage intensif.

Les 13 milliards de shekels qu’ils ont coûtés au pays représentent 73 % du total des coûts indirects imposés aux contribuables israéliens par les activités de toutes les entreprises dans les domaines concernés.

Le littoral de Hadera, avec la centrale électrique d’Orot Rabin, en grande partie alimentée au charbon, le 16 avril 2013. (Flash90)

L’entreprise la plus onéreuse en termes sanitaires et environnementaux est la centrale électrique d’Orot Rabin à Hadera, sur la côte nord d’Israël, qui a coûté au pays 3,7 milliards shekels de coûts externes. Elle utilise encore partiellement du charbon et n’a pas modernisé sa technologie pour réduire considérablement ses émissions.

Orot Rabin est suivi par la centrale Rutenberg à Ashkelon, sur la côte sud, dont les coûts externes ont été évalués à 1,65 milliard de shekels.

En troisième position, la cimenterie Nesher, située dans le centre de Ramle, a coûté à l’État 1,2 milliard de shekels en coûts indirects.

Une partie de la cimenterie Nesher dans le centre d’Israël. (Capture écran)

Les raffineries de pétrole de Bazan dans la baie de Haïfa, dans le nord d’Israël, qui sont connues pour leur pollution de l’air, sont arrivées en neuvième position, avec des coûts externes de 349 millions de shekels.

Parmi les dix entreprises que le rapport félicite pour leur réduction des coûts externes, la société d’exploration pétrolière et gazière Noble Energy, basée au Texas, occupe la deuxième place.

La plate-forme de gaz naturel Tamar de Noble Energy a été contrainte d’installer une technologie permettant d’absorber les émissions plutôt que de les rejeter dans l’air.

Cela a fait suite à des révélations choquantes en 2017, selon lesquelles les émissions de substances connues ou suspectées d’être cancérigènes de la plate-forme étaient égales au total des émissions de 570 grandes installations industrielles du pays, y compris les raffineries de pétrole malveillantes de Haïfa.

Des travailleurs vus sur la plateforme de traitement du gaz naturel de Tamar, à 23 km au large de la côte sud d’Ashkelon, le 11 octobre 2013. (Moshe Shai/Flash90)

La nouvelle technologie de la plate-forme a entraîné une baisse de 61 % des émissions de substances potentiellement cancérigènes et une réduction du coût des dommages indirects de 37,5 millions de shekels à 14,4 millions de shekels, selon le rapport.

Dans les 570 usines, les oxydes d’azote ont diminué de 11 % – en grande partie grâce au passage progressif d’Israël du charbon au gaz naturel. Le charbon devrait être totalement éliminé d’ici 2030, pour être remplacé par le gaz, qui produit 70 % de l’électricité du pays, et les énergies renouvelables – principalement les champs solaires – fournissent les 30 % restants.

Mais par habitant, les émissions d’oxyde d’azote sont encore deux fois plus élevées que dans les pays développés. Il faut noter l’absence de changement depuis 2012 dans les quantités d’oxyde d’azote émises par la cimenterie Nesher.

Les oxydes d’azote sont une famille de gaz toxiques et très réactifs qui se forment lorsque le combustible est brûlé à haute température. Ils contribuent aux pluies acides et au réchauffement de la planète, contribuent à provoquer ou à aggraver des maladies respiratoires telles que l’emphysème et la bronchite et – lorsqu’ils sont mélangés à des composés organiques volatils pendant les périodes d’ensoleillement – forment le smog, qui peut endommager les poumons des enfants, des asthmatiques et des personnes qui travaillent à l’extérieur.

La cimenterie Nesher près de Ramle, dans le centre d’Israël. (Capture d’écran)

Plus tôt cette année, le ministère de l’Environnement a approuvé une révision des permis d’émission de Nesher, malgré les avertissements des résidents locaux et des militants écologistes selon lesquels l’usine pompera des quantités encore plus importantes de produits chimiques nocifs dans l’air.

Les dioxydes de soufre, qui irritent le système respiratoire en cas d’exposition, ont diminué de 28 %, tandis que les composés organiques volatils, à l’exception du méthane mais y compris les benzènes cancérigènes, ont baissé d’un tiers.

Les gaz responsables du réchauffement climatique ont augmenté de 2 %, selon le rapport, mais cela ne tient compte que des émissions de dioxyde de carbone. Par habitant, les Israéliens ont été exposés à 54 tonnes de dioxyde de carbone l’année dernière.

D’autre part, le ministère constate que les émissions de méthane ont diminué de 9 % entre 2018 et 2019 grâce aux améliorations techniques de la plate-forme de gaz Tamar et aux rénovations des stations d’épuration des eaux usées. Les chiffres sur les rejets de méthane de la plate-forme gazière Leviathan, dont l’exploitation commerciale a commencé en janvier, n’ont pas besoin d’être présentés avant l’année prochaine.

Le potentiel de réchauffement climatique sur 20 ans du méthane – le principal élément du gaz naturel – est 84 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies.

Au début de cette année, l’organisation à but non lucratif Adam Teva V’Din a tenté d’estimer la quantité de méthane libérée, non seulement par les cheminées, mais aussi tout au long de la chaîne de production et de distribution des puits de gaz Tamar et Leviathan d’Israël, jusqu’à son arrivée dans les centrales électriques au gaz.

À ce jour, les seules informations qu’Israël recueille sur les émissions de méthane liées au gaz naturel sont celles que les puits Tamar et Mari-B, désormais fermés, ont communiquées au ministère de la Protection de l’environnement.

Arie Vanger, responsable de l’organisation pour les questions liées à l’air, a calculé qu’à mesure qu’Israël passera du charbon et du pétrole au gaz naturel au cours des prochaines années, les émissions totales de gaz à effet de serre augmenteront en fait d’une moyenne annuelle nette de 6,4 millions de tonnes, ce qui équivaut à 8 % par an.

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