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Les groupes juifs de Diaspora craignent l’inclusion de l’extrême-droite à la Knesset

L'ADL et le NCJW ont dénoncé " le racisme, l'homophobie et la misogynie" du parti HaTzionout HaDatit tandis que les Juifs britanniques adoptent un ton plus modéré

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

De gauche à droite : le leader d’Otzma Yehudit, le député Itamar Ben Gvir, le chef de l’opposition et leader du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef de HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
De gauche à droite : le leader d’Otzma Yehudit, le député Itamar Ben Gvir, le chef de l’opposition et leader du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef de HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

De plus en plus d’organisations se sont fait l’écho des groupes juifs américains qui s’inquiètent de l’inclusion présumée du parti d’extrême-droite HaTzionout HaDatit dans le prochain gouvernement israélien.

Au lendemain des élections législatives, avant même que les résultats ne soient définitifs, les groupes juifs américains ont commencé à publier des déclarations sur les résultats, certains s’en tenant à l’éloge de la démocratie israélienne sans discuter des résultats, tandis que des organisations plus progressistes ont immédiatement exprimé de sérieux doutes sur les commentaires et les actions passés des membres du parti HaTzionout HaDatit contre les Arabes, et la communauté LGBT entre autres.

Lors du dépouillement final des bulletins de vote jeudi, les résultats ont montré que le leader de l’opposition, Benjamin Netanyahu, pourrait accéder au poste de Premier ministre dans le cadre d’une coalition avec le parti HaTzionout HaDatit et les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah, ce qui lui donnerait une majorité confortable de 64 sièges à la Knesset, qui en compte 120 au total.

La forte présence du parti HaTzionout HaDatit – il sera le troisième plus grand parti de la prochaine Knesset et le deuxième plus grand dans la possible coalition – se traduira probablement par un poste ministériel de premier plan pour le chef du parti, Bezalel Smotrich, et un poste de ministre pour le numéro 2 du parti, Ben Gvir. Les critiques s’inquiètent aussi du fait que d’autres politiciens ouvertement racistes et homophobes pourraient être placés à de hauts postes, soit au sein du cabinet, soit dans des comités de haut niveau de la Knesset.

Tout au long de la journée de jeudi, plusieurs autres groupes ont publié des déclarations sur ces résultats, certaines modérées, d’autres enflammées.

L’Assemblée rabbinique du mouvement Massorti a souligné que son « engagement envers Israël en tant que patrie du peuple juif restera fort, quelle que soit la nouvelle coalition gouvernementale ».

Dans sa déclaration, l’Assemblée rabbinique a également indiqué qu’elle « s’engageait à dénoncer la haine et les idéologies suprémacistes où qu’elles se manifestent ». Cela semblait être une référence au parti HaTzionout HaDatit, mais l’organisation ne l’a pas ouvertement nommé.

« Nous respectons le processus démocratique israélien et, au fur et à mesure que nous en apprendrons davantage sur la nouvelle coalition gouvernementale, nous déterminerons les meilleurs moyens de nous engager avec le nouveau gouvernement », a déclaré l’Assemblée, qui comprend des rabbins non seulement de l’American United Synagogue of Conservative Judaism mais aussi de mouvements Massorti du monde entier.

Nous sommes profondément préoccupés par les déclarations et les idéologies des partis qui semblent vouloir former la prochaine coalition gouvernementale.

L’Anti-Defamation League, qui avait exprimé des inquiétudes quant à la rhétorique passée du parti HaTzionout HaDatit au cours de la période précédant les élections, a réitéré ses critiques après les résultats.

« Nous pensons que l’inclusion de ces individus et de ces partis d’extrême-droite dans un gouvernement israélien irait à l’encontre des principes fondateurs d’Israël et aurait un impact sur sa réputation, même parmi ses plus fervents partisans », a déclaré l’organisation.

L’ADL a ajouté qu’elle « n’hésitera pas à dénoncer les expressions et les politiques du gouvernement israélien et des dirigeants israéliens qui seront haineuses, racistes, anti-arabes, homophobes et anti-démocratiques ».

Le National Council of Jewish Women (NCJW), une organisation fondée il y a 130 ans, a publié jeudi soir une réponse agressive aux résultats des élections, appelant le parti par son nom.

« Nous soutenons le processus électoral en Israël et respectons le résultat de ses élections. Mais nous sommes profondément préoccupés par les déclarations et les idéologies des partis qui, apparemment, feront partie de la prochaine coalition gouvernementale – en particulier la rhétorique anti-LGBTQ+, anti-femmes et anti-arabe des factions qui composent le parti HaTzionout HaDatit, tel que le parti Otzma Yehudit de Ben Gvir, le parti Noam et le parti HaTzionout HaDatit », a déclaré la PDG de l’organisation, Sheila Katz.

« La NCJW défendra toujours la justice, la démocratie et la diplomatie, et nous refusons de normaliser le racisme, l’incitation ou la discrimination », a-t-elle ajouté.

Au Royaume-Uni, le groupe de coordination du British Board of Deputies a publié un commentaire particulièrement modéré sur l’élection et le résultat du parti d’extrême-droite.

« Nous sommes gravement préoccupés par le fait que le probable futur gouvernement comprendra des personnes dont les opinions et les actions déclarées sont en contraste avec les valeurs tolérantes et inclusives de notre communauté. Nous sommes impatients de continuer à travailler avec ceux qui, au sein du nouveau gouvernement israélien et de la société civile, cherchent à faire progresser la paix, la sécurité, la prospérité et l’équité », a déclaré le groupe de coordination du British Board of Deputies.

Cette déclaration est bien loin de la furieuse dénonciation publique de Smotrich que l’organisation avait publiée au début de l’année lors de sa visite au Royaume-Uni, dans laquelle le groupe avait qualifié ses opinions de « méprisables » et qui lui avait ordonné, en hébreu, de « remonter dans l’avion et de rester à jamais dans les mémoires comme un déshonneur ».

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