Les humains ont anéanti des centaines d’espèces d’oiseaux en 50 000 ans
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Les humains ont anéanti des centaines d’espèces d’oiseaux en 50 000 ans

Des chercheurs israéliens, en examinant la littérature scientifique, découvrent au moins 400 espèces, qui ont disparu peu de temps après l'arrivée des humains sur la planète

Illustration artistique d'un ancien oiseau moa chassé par les humains (Extrait du livre « Monstres éteints », 1897)
Illustration artistique d'un ancien oiseau moa chassé par les humains (Extrait du livre « Monstres éteints », 1897)

Une nouvelle étude de l’École de zoologie de l’Université de Tel Aviv indique que les humains ont causé l’extinction de plusieurs centaines d’espèces d’oiseaux au cours des 50 000 dernières années.

L’étude, réalisée en coopération avec l’Institut Weizmann, a examiné en détail la littérature scientifique sur les oiseaux disparus, et a répertorié au moins 469 espèces aviaires disparues de la planète en quelques dizaines de milliers d’années, sur la base des dépouilles trouvées sur les sites archéologiques et paléontologiques du monde entier.

Cependant, « nous pensons que le nombre réel [d’espèces] est beaucoup plus élevé », affirment les scientifiques.

Les chercheurs pensent que ce sont principalement les humains qui ont causé ces extinctions, soit parce qu’ils chassaient les oiseaux pour se nourrir, soit parce qu’ils ont introduit dans les écosystèmes des animaux qui se nourrissaient ensuite des oiseaux et/ou de leurs œufs.

Ils ont remarqué que de nombreuses dépouilles, découvertes sur des sites de peuplement humain, semblent avoir été consommées, et que les extinctions d’espèces semblent se produire peu de temps après l’apparition des humains dans une région.

Les chercheurs pensent que les humains pourraient être responsables de la disparition d’environ 10 à 20 % de toutes les espèces aviaires. Ils considèrent que la grande majorité des espèces éteintes partageaient plusieurs caractéristiques : elles étaient de grande taille, vivaient sur des îles, et nombre d’entre elles étaient incapables de voler.

Ils avancent l’hypothèse que ce type d’oiseaux étaient des cibles plus aisées pour les humains, et étaient particulièrement convoités, car chaque oiseau tué fournissait à ses chasseurs une grande quantité de nourriture.

Des flamants roses (Phoenicopterus Roseus) dans un réservoir d’eau à Atlit, au nord de Tel Aviv, le 13 octobre 2020. (Crédit : Jack Guez / AFP)

Ils mentionnent l’exemple bien documenté de l’oiseau moa en Nouvelle-Zélande, et 11 espèces de moa se sont retrouvés en voie d’extinction quelques centaines d’années après l’arrivée des humains dans la région.

Selon le professeur Shai Meiri de l’Université de Tel Aviv, qui a dirigé cette recherche, « notre étude indique qu’avant la phase d’extinction majeure des derniers millénaires, de nombreux autres oiseaux de grande taille, sinon géants, ainsi que des oiseaux incapables de voler vivaient sur notre planète, et que la diversité des oiseaux vivant dans les îles était bien plus grande qu’aujourd’hui.

Il ajoute : « Nous espérons que nos découvertes serviront de sonnette d’alarme quant aux espèces d’oiseaux actuellement menacées d’extinction, et il est donc important de documenter les caractéristiques similaires qu’elles pourraient présenter. Il faut cependant noter que les conditions ont considérablement évolué, et qu’aujourd’hui la cause principale des extinctions d’espèces par l’homme n’est plus la chasse mais plutôt la destruction des habitats naturels. »

Cette recherche a été publiée récemment dans le Journal of Biogeography.

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