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Les mesures Israël-Hamas au menu de la rentrée des corps législatifs américains

Certains textes ont déjà été présentés pour condamner le Hamas ; d'autres résolutions chercheront à s'attaquer à l'antisémitisme qui sévit sur les campus

La police sépare des militants pro-israéliens et pro-palestiniens lors d'une manifestation à Fort Lauderdale, en Floride, le 8 octobre 2023. (Crédit :  Joe Cavaretta/South Florida Sun-Sentinel via AP, File)
La police sépare des militants pro-israéliens et pro-palestiniens lors d'une manifestation à Fort Lauderdale, en Floride, le 8 octobre 2023. (Crédit : Joe Cavaretta/South Florida Sun-Sentinel via AP, File)

La majorité des corps et autres assemblées législatives, dans tous les États-Unis, se réuniront au mois de janvier pour la toute première fois depuis l’attaque commise par les terroristes palestiniens du Hamas et des civils gazaouis sur le sol israélien, le 7 octobre, qui a entraîné la guerre à Gaza et des manifestations dans le monde entier – et ils se préparent à un passage à l’acte en guise de réponse, qu’il soit symbolique ou concret.

Les corps législatifs d’environ huit états qui ont organisé des sessions à la fin de l’année 2023 ont d’ores et déjà condamné les atrocités perpétrées par le Hamas.

« Ma vision du monde a été façonnée par le fait que mes aïeux n’avaient pas été protégés pendant la Shoah, que personne n’était venu pour les aider », commente Lori Berman, sénatrice de l’état de Floride, une démocrate qui a parrainé une résolution qui a été adoptée à l’unanimité dans son état, le mois dernier. « C’est le silence et l’indifférence qui permettent au mal – au diable – de s’imposer ».

Des mesures ont déjà été introduites en vue des sessions qui se tiendront en 2024 dans des états qui vont du New Hampshire au Dakota du nord – et il devrait y en avoir d’autres.

Lors de l’attaque meurtrière du 7 octobre, les hommes armés du Hamas ont tué environ 1 200 personnes, en majorité des civils, et ils ont pris 240 personnes en otage. Israël a répondu par une riposte massive à Gaza. Le ministère de la Santé de la bande, placé sous l’autorité du Hamas, a affirmé que plus de 20 000 personnes ont été tuées au sein de l’enclave côtière pendant la guerre. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.

Les émotions particulièrement fortes suscitées par ces hostilités ont pour origine une longue histoire de conflit.

Depuis le 7 octobre, au moins 29 législations relatives au Hamas ou à Israël ont été présentées dans les assemblées des états. La majorité d’entre elles étaient des résolutions qui condamnaient l’attaque et qui apportaient leur soutien à Israël.

Des manifestants propalestiniens brandissent des panneaux pendant une manifestation devant la mairie d’Orlando, en Floride, ne 20 octobre 2023. (Crédit : File:Joe Burbank/Orlando Sentinel via AP, File)

Dans certains états et notamment en Floride, dans l’Ohio, en Pennsylvanie et au Texas, les résolutions condamnant l’attaque ont été adoptées à l’unanimité ou presque.

D’autres ont eu des objectifs différents : Des textes approuvés en Pennsylvanie et au Texas ont encouragé le président Joe Biden à faciliter un cessez-le-feu permanent. Dans le New Jersey, une loi aurait prévu que les frais de voyage des résidents de l’état évacués d’Israël pendant l’assaut ou après seraient pris en charge par ce dernier.

Le problème pourrait devenir plus complexe au fut et à mesure de la guerre alors même que les démocrates sont de plus en plus divisés sur les résolutions.

Dans le Michigan, la Chambre, où les démocrates sont majoritaires, a reporté ses sessions de 2023 sans avoir trouvé d’accord sur une résolution, les députés arabes américains refusant de soutenir un texte condamnant le Hamas et soutenant la riposte israélienne.

Une autre résolution, dans le Michigan, sommerait la représentante démocrate Rashida Tlaib – elle est la seule membre d’origine palestinienne au Congrès – de démissionner pour des propos qui, selon les critiques, appelaient à l’élimination d’Israël. Elle a déjà été sanctionnée au Congrès pour ses déclarations.

La représentante démocrate du Michigan, Rashida Tlaib, prend la parole lors d’une manifestation pro-palestinienne à Washington, le 20 octobre 2023. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

Si la condamnation de l’attaque a été largement reprise, la manière dont ces dénonciations ont été formulées dans les projets de loi a varié.

Pendant une session spéciale qui a eu lieu au mois de décembre, la Chambre des représentants de Georgie a approuvé une résolution qui condamnait l’assaut du Hamas. Seuls deux représentants se sont prononcés en sa défaveur, mais 49 se sont abstenus. Parmi ces derniers, la représentante Ruwa Romman, démocrate et première femme musulmane à avoir été élue au sein de l’instance.

Elle a expliqué au cours d’un entretien qu’elle avait dit aux auteurs du texte qu’elle lui aurait apporté son soutien s’il avait précisé que l’état était solidaire du peuple israélien et non d’Israël.

« Vous ne pouvez pas me demander de défendre un pays qui a déplacé mes grands-parents et qui tue aujourd’hui massivement les gens », a ajouté Romman.

Les députés réfléchissent aussi à la manière de prendre en charge les manifestations et autres événements pro-palestiniens dans les universités. Certains ont été accusés d’avoir permis à l’antisémitisme de retrouver une nouvelle vigueur.

Les députés républicains de Pennsylvanie ont, au début du mois, repoussé une législation qui prévoyait de transférer la somme de 33,5 millions de dollars à l’école vétérinaire de l’université privée de l’état qui a été mise en cause pour sa tolérance à l’égard de l’antisémitisme.

Todd Huston, président de la Chambre de l’Indiana où les républicains sont majoritaires, a indiqué à son caucus, au mois de novembre, qu’il accordait la priorité à la lutte contre l’antisémitisme sur les campus universitaires, une haine en forte recrudescence depuis le début de la guerre qui oppose Israël au Hamas.

La Chambre de l’Indiana a adopté un projet de loi, pendant la session législative de 2023, qui s’est efforcé de définir l’antisémitisme sous la forme d’une discrimination religieuse et qui visait à garantir qu’il y aurait « des opportunités d’enseignement exempt de ce type de discrimination ». Le texte a finalement été enterré par le Sénat.

« Nos étudiants juifs doivent savoir qu’ils seront en sécurité sur les campus dans tout l’Indiana et qu’ils ne seront pas soumis à des enseignements et à des contenus antisémites », a dit Huston dans un discours.

Un homme avec un drapeau israélien lors d’un rassemblement en soutien à Israël, au mémorial de la Shoah de Miami Beach, en Floride, le 19 octobre 2023. (Crédit : AP Photo/Wilfredo Lee, File)

Une mesure, dans le New Jersey, prendrait pour cible les financements versés aux universités – et non aux étudiants de manière individuelle – lorsqu’elles « autorisent, facilitent, financent ou soutiennent d’une façon ou d’une autre un événement ou une organisation faisant la promotion de l’antisémitisme ou des discours de haine sur les campus. » Le parrain de la résolution à l’Assemblée, Alex Sauickie, un républicain, dit croire que l’idée est susceptible de recueillir le soutien bipartisan nécessaire pour être approuvé au sein d’une instance contrôlée par le camp démocrate.

Edward Ahmed Michell, directeur national adjoint du Council on American-Islamic Relations (CAIR), indique que les mesures limitant la liberté d’expression pourraient être considérées comme inconstitutionnelles – et il doute qu’elles puissent séduire. Il déclare qu’un grand nombre d’autres, qui se concentrent sur le soutien à Israël et non sur le soutien apporté aux Gazaouis tués ou déplacés par la guerre, sont également troublantes.

« Je comprends que les législateurs des états soient désireux de commenter les incidents, à l’international, qui touchent leurs électeurs et c’est une bonne chose », affirme Edward Ahmed Michell. « Mais il faut qu’ils se montrent pertinents du point de vue moral ».

Le fondateur et directeur-exécutif du CAIR avait dit, au mois de novembre, qu’il avait été « heureux » de voir la population de Gaza « briser le siège », le 7 octobre. Dans un discours, Nihad Awad avait estimé que les Gazaouis « ont brisé leurs chaînes… pour se déplacer librement sur les terres qui sont les leurs ».

Il avait également indiqué que « les Gazaouis ont le droit de se défendre, ils ont le droit à l’auto-défense et Israël, en tant que puissance occupante, ne bénéficie pas de ce droit à l’auto-défense ».

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