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Les moments « juifs » marquants de Boris Johnson lors de son mandat

Le Premier ministre sortant s'est montré chaleureux envers les Juifs britanniques et ami d'Israël, et a modifié la répartition des votes de la Grande-Bretagne à l'ONU

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, à gauche, et le Premier ministre britannique Boris Johnson lors d'un événement des Amis d'Israël conservateurs à Londres, en Grande-Bretagne, le 29 novembre 2021. (Crédit: Stuart Mitchell)
Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid, à gauche, et le Premier ministre britannique Boris Johnson lors d'un événement des Amis d'Israël conservateurs à Londres, en Grande-Bretagne, le 29 novembre 2021. (Crédit: Stuart Mitchell)

JTA – Pour de nombreux Britanniques, le mandat de Boris Johnson en tant que Premier ministre aura été pavé de scandales comme celui qui l’a forcé à démissionner jeudi.

Pour les Juifs britanniques, il laissera plutôt le souvenir d’une ménorah brisée.

Élu en 2019, le chef du Parti conservateur a annoncé jeudi qu’il démissionnait après l’effondrement de son cabinet sur fond du dernier scandale – la façon dont Johnson a géré le cas d’un haut fonctionnaire accusé d’abus sexuels.

Johnson a également fait l’objet de critiques pour ses violations des règles contre le COVID-19 et son incapacité présumée à signaler certaines réunions avec des oligarques russes (nonobstant, Johnson a été relativement dur dans ses critiques du président russe Vladimir Poutine).

Johnson a déclaré qu’il avait l’intention de rester à son poste jusqu’à ce que son parti organise un vote interne pour lui trouver un successeur, ce qui laisse ouverte la question de savoir si et quand il quittera effectivement son poste.

Lorsqu’il le fera, les quelque 300 000 Juifs de Grande-Bretagne se souviendront probablement de lui comme d’une personne dont le leadership a eu peu d’effet durable sur leur statut. La prédécesseur de Johnson, Theresa May, a fait adopter par le Royaume-Uni la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah, a inscrit le Hezbollah sur une liste noire en tant que groupe terroriste et a levé le boycott officieux des visites officielles en Israël par des membres éminents de la Maison royale britannique.

L’ancien ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, à gauche, et la Première ministre britannique Theresa May en mai 2017. (Crédit : Thierry Charlier / Pool Photo via AP)

En revanche, le mandat de Johnson a donné lieu à peu de changements, bon gré mal gré, sur les questions qui sont chères à de nombreux membres de la communauté, selon Herschel Gluck, un rabbin orthodoxe influent du nord de Londres. Il a noté que, sous le mandat de Johnson, les autorités britanniques ont effectivement renforcé l’application de règles que les écoles juives haredim du Royaume-Uni semblent réticentes à respecter.

« Johnson a du charisme, il parlait généralement en termes positifs et donnait le sentiment que la communauté lui tenait à cœur, ce qui a plu à beaucoup de gens. Mais je n’arrive pas à trouver un seul domaine dans lequel il a réellement tenu ses promesses », a déclaré Gluck.

Anat Koren, rédactrice en chef d’Alondon, journal en hébreu de Londres, a fait un bilan plus optimiste du mandat de Johnson.

« Ami d’Israël, il a eu une attitude chaleureuse envers la communauté juive », a-t-elle dit. « Il s’est assuré qu’il n’y ait pas de détérioration en ce qui concerne les attitudes du gouvernement envers Israël et les Juifs, et c’est déjà beaucoup. »

Quel que soit son tableau de bord sur les questions juives, Johnson a certainement vécu des moments « juifs » mémorables depuis 2019.

Illustration : le rabbin Herschel Gluck au centre, président de Shomrim à Stamford Hill, visite les lieux d’une attaque anti-islamique à Finsbury Park, au nord de Londres, le 19 juin 2017. (Crédit : AFP / Isabel Infantes)

Une rare visite à la synagogue de Belfast

Lors de sa visite, le mois dernier, d’une synagogue de Belfast, le Premier ministre britannique Boris Johnson s’est engagé à simplifier les procédures liées au Brexit, responsables d’une pénurie d’aliments casher en Irlande du Nord.

Johnson essayait de réunir une coalition gouvernementale avec des programmes très différents, et notamment des points de vue sensiblement distincts sur les questions liées au Brexit.

Le problème n’a pas encore été résolu, mais sa reconnaissance était une reconnaissance inhabituelle de la détresse d’une petite minorité par un homme politique qui a cherché à minimiser les effets négatifs du Brexit.

La ménorah brisée

Lors d’une réception de Hanoukka à Londres l’année dernière, Johnson a agité avec enthousiasme une délicate ménorah qu’il venait de recevoir en signe d’appréciation du groupe conservateur des Amis d’Israël. Des pièces du chandelier ont volé à travers la pièce. Johnson, connu pour sa maladresse, a pris un air penaud alors que l’on tentait de réassembler la ménorah. Yair Lapid, qui était alors ministre des Affaires étrangères d’Israël, s’est moqué de la situation et de Johnson. « Je suppose que l’on n’est pas censé brandir une ménorah », a-t-on entendu Johnson marmonner.

Du yiddish à Pessah

Dans une vidéo de 2021 pour la fête de Pessah, Johnson, dont l’arrière-grand-père maternel, Elias Avery Lowe, était un Juif né à Moscou, a fait preuve d’une profonde familiarité avec les coutumes juives et a même utilisé un mot yiddish, kvetch – terme en hébreu qui signifie l’art de se plaindre pour faire référence à certains des événements qui se produisent lorsque les familles juives s’assoient autour de la table du seder de Pessah.

Un changement entre Israël et l’ONU

En tant que ministre des Affaires étrangères, Johnson s’est élevé contre ce qu’il a décrit comme un parti pris anti-israélien dans les forums des Nations unies. Il a également modifié la position du Royaume-Uni sur les points consacrés à la seule critique d’Israël, la faisant passer du « oui » à l’abstention et finalement au « non ». En 2021, il est allé plus loin et a déclaré que le Royaume-Uni était opposé à la demande palestinienne d’une enquête sur les crimes de guerre présumés d’Israël. « Cette enquête donne l’impression d’être une attaque partielle et préjudiciable contre un ami et un allié du Royaume-Uni », a-t-il déclaré. Sa position a accentué le revirement amorcé par son prédécesseur May, qui a mis fin à des décennies d’approbation par le Foreign Office de résolutions et d’initiatives hostiles à Israël.

Une discussion intime avec un survivant de la Shoah

Alors que ses prédécesseurs prenaient souvent la parole lors d’événements réunissant des survivants de la Shoah et des militants de la mémoire, Johnson a organisé l’année dernière un appel vidéo d’une heure avec un survivant et un libérateur de camp de la mort, dans lequel son rôle était d’écouter. Johnson était assis sur son siège écoutant les histoires de Renee Salt, survivante d’Auschwitz, et de Ian Forsyth, libérateur de Bergen-Belsen. Alors qu’il interrogeait les deux orateurs, il s’est arrêté pour s’enquérir de certains détails (« Vous deviez avoir 14 ans à l’époque ? », a-t-il demandé à Salt) et leur a dit que ce qu’ils lui avaient raconté était « l’une des choses les plus puissantes jamais entendues ».

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