Les néo-nazis et le KKK rejoignent le chœur des suprématistes blancs qui saluent Bannon
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Les néo-nazis et le KKK rejoignent le chœur des suprématistes blancs qui saluent Bannon

Pour David Duke, la nomination de l’ancien chef de Breitbart à la Maison Blanche est “excellente” ; le chef du parti nazi américain a salué Trump pour ce choix

Stephen Bannon, à droite, dans le hall de la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)
Stephen Bannon, à droite, dans le hall de la Trump Tower à New York, le 11 novembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)

Les dirigeants du Ku Klux Klan (KKK), de partis néo-nazis et des suprématistes blancs ont ajouté leurs voix à la liste croissante de racistes et d’antisémites qui saluent la nomination par le président américain élu Donald Trump de Stephen Bannon comme stratège en chef de la Maison Blanche.

Les associations de défense des droits civiques, de lutte contre le racisme et des députés ont dénoncé la nomination de Bannon. Ils l’accusent d’avoir alimenté l’extrême-droite quand il était rédacteur en chef du site internet Breitbart News. Les groupes ultra-nationalistes sont cependant ravis du rôle qu’il jouera à la Maison Blanche.

David Duke, ancien dirigeant du KKK, a déclaré à CNN à propos de sa nomination que « je pense que c’est excellent. Je pense que quiconque aide à achever le programme et les politiques que le président élu Trump a développés pendant la campagne est une très bonne chose, évidemment. C’est donc bon de voir qu’il s’en tient aux sujets et aux idées qu’il a proposés quand il était candidat. »

Rocky Suhayda, président du parti nazi américain, a déclaré à CNN que « peut-être Donald est-il réel », selon le site d’informations The Hill.

La nomination de Bannon, annoncée dimanche en même temps que celle de Reince Priebus comme directeur de cabinet, a été rapidement dénoncée, beaucoup pointant les liens entre Breitbart et la droite alternative, un mouvement décrit par l’ADL comme « un vague groupe de nationalistes blancs de racistes et d’antisémites. »

« Bannon a été la force motrice principale de la transformation de Breitbart en terreau de la propagande blanche ethno-nationaliste », a déclaré le Southern Poverty Law Center (SPLC), qui a recensé les hommages rendus à Bannon par des groupes racistes.

Andrew Anglin, responsable du site internet néo-nazi de suprématie blanche The Daily Stormer, qui se présente comme « le site de la droite alternative le plus visité au monde », a écrit un article intitulé « Les pédés et les juifs geignent après la nomination de Bannon », qui comprend les phrases suivantes : « Bannon est la meilleure personne qui aurait pu être placée à ce poste clef, à part peut-être Pat Buchanan et moi. Tout cela va dans la bonne direction, et je suis très heureux de voir les juifs rager. »

Le site d’informations antisémite et suprématiste blanc Infostormer n’a eu que des hommages pour la nomination de Bannon dans l’équipe de la Maison Blanche.

« Regardons Bannon exercer un grand pouvoir et une grande influence sur ce nouveau gouvernement du peuple, et espérons que ses positions sur l’invasion des migrants, la vermine musulmane et la hausse du crime chez les sous-humains noirs surpassent l’attitude de compromis béta de M. Priebus. »

VDARE, décrit par le SPLC comme un « site de haine anti-immigration », a été très heureux de cette nomination. Un article publié lundi par « Washington Watcher » s’est rengorgé que « jusqu’à présent, aucune plainte majeure. Trump a nommé le patriote de l’immigration et PDG de Breitbart News Steve Bannon comme stratège en chef, entraînant des cris de l’ADL, du Southern Poverty Law Center, et des autres suspects habituels du même genre. »

Précédemment, Richard Spencer, président du think-tank suprématiste et nationaliste blanc National Policy Institute et star de la droite alternative, avait été l’un des premiers à rendre hommage à Trump pour avoir nommé Bannon. « ‘Stratège’ est le meilleur poste possible pour Steve Bannon à la Maison Blanche de Trump », avait-il écrit, ravi, sur Twitter.

Le SPLC a déclaré que le directeur national du groupe néonazi de la Société de la renaissance aryenne, Ken Reed, avait lui aussi salué l’annonce. Il a publié dimanche un post sur Facebook sur la nomination de Bannon, disant « Vous pouvez dire VICTOIRE ??? »

Bannon lui-même a été accusé personnellement d’antisémitisme par son ex-femme, même s’il a démenti cette affirmation par sa porte-parole.

Son ex-femme a déclaré sous serment, pendant leur procédure de divorce, que Bannon avait fait des remarques antisémites quand le couple décidait dans quelle école privée envoyer leurs filles il y a presque dix ans.

Des documents juridiques de 2007 ont révélé que son ex-femme, Mary Louise Piccard, avait déclaré que Bannon ne voulait pas que leurs filles aillent dans une école privée de Los Angeles, l’Archer School for Girls, parce qu’il ne voulait pas qu’elles aillent à l’école avec des juives.

Selon les documents, Piccard a affirmé que Bannon a déclaré qu’ « il n’aime pas les juifs et qu’il n’aime pas leur manière d’élever leurs enfants pour en faire des ‘pleurnichards’. »

La directrice de campagne du président américain élu Donald Trump, Kellyanne Conway, et Stephen Bannon, nommé stratège en chef de la Maison Blanche, le soir de l'élection à New  York, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
La directrice de campagne du président américain élu Donald Trump, Kellyanne Conway, et Stephen Bannon, nommé stratège en chef de la Maison Blanche, le soir de l’élection à New York, dans la nuit du 8 au 9 novembre 2016. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Trump ne s’est pas associé lui-même publiquement avec la droite alternative, et sa directrice de campagne, Kellyanne Conway, avait été « personnellement offensée » à l’idée qu’elle ou l’un des 60 millions d’électeurs de Trump soutiendraient de telles idées.

Le président américain Barack Obama a refusé lundi de commenter cette nomination. Quand il a été interrogé lundi par un journaliste au sujet de Bannon, il a répondu qu’il « ne serait pas approprié pour moi de commenter chaque nomination que le président élu va faire si je veux être cohérent avec la notion que nous allons tenter de faciliter une transition en douceur. »

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