Les Palestiniens menacent les membres de l’UNESCO avant le vote sur Jérusalem
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Les Palestiniens menacent les membres de l’UNESCO avant le vote sur Jérusalem

L’AP et la Jordanie envisagent des mesures (non précisées) si le texte “consensuel” critiquant Israël sur la Vieille Ville n’est pas adopté à l’unanimité

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Cérémonie officielle de levée du drapeau palestinien devant le siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, pour marquer la pleine admission de la Palestine en tant que 195e membre de l'organisation  en décembre 2011. (Crédit : ONU/UNESCO/Danica Bijeljac )
Cérémonie officielle de levée du drapeau palestinien devant le siège de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, pour marquer la pleine admission de la Palestine en tant que 195e membre de l'organisation en décembre 2011. (Crédit : ONU/UNESCO/Danica Bijeljac )

Alors que l’UNESCO va se prononcer sur une nouvelle résolution qui nie les relations des juifs au mont du Temple à Jérusalem, la délégation de l’Autorité palestinienne (AP) auprès de l’organisation a menacé la communauté internationale, et aurait déclaré qu’elle présenterait un texte encore plus dur envers Israël si la résolution n’était pas totalement soutenue par l’institution internationale.

Le Comité du patrimoine mondial de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), actuellement réuni à Paris, doit voter mercredi le texte, qui traite des violations israéliennes présumées dans la Vieille Ville de Jérusalem, et est similaire à une résolution controversée votée ce mois-ci par le Conseil exécutif de l’institution.

Dans une lettre adressée lundi aux 21 états-membres du Comité du patrimoine mondial, les délégations palestiniennes et jordaniennes auprès de l’UNESCO affirment qu’elles ont fait de grands efforts « pour garder la formulation consensuelle de la décision sur Jérusalem », et qu’elle a été soutenue par tous les membres de la commission.

Dans la lettre, dont une copie a été obtenue par le Times of Israël, les deux délégations déclarent qu’elles ont appris que « quelques états-membres hésitent toujours à savoir s’ils peuvent se conformer à notre accord… ou pas. »

Le Dôme du Rocher, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, devant le mont des Oliviers, le 29 septembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le Dôme du Rocher, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, devant le mont des Oliviers, le 29 septembre 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Cette hésitation est perçue « comme un échec de la formulation consensuelle », ont écrit les diplomates. Ils attendent que leur version soit adoptée par consensus et sans vote, ont-ils ajouté.

« Sinon, la délégation du royaume hachémite de Jordanie et la délégation de Palestine voudront, et selon les règles de procédures, seront obligées, d’envisager d’autres options. »

La lettre ne précise pas ce que ces options seraient, mais des responsables israéliens ont déclaré que les Palestiniens, inquiets des récents revers diplomatiques à l’UNESCO, menaçaient de nuire à la réputation de l’organisation en avançant des résolutions dont le parti-pris serait évident.

A certains égards, le texte est quelque peu adouci dans ses attaques contre Israël par rapport à une résolution votée la semaine dernière qui a attiré des accusations d’antisémitisme et a été vue par certains comme donnant une mauvaise réputation à la commission.

Par exemple, contrairement à la version de la semaine dernière, le texte n’appelle pas Israël la « puissance occupante » dans la Vieille Ville de Jérusalem. Elle ne place pas non plus le terme juif « mur Occidental » entre guillemets.

Cependant, le texte adopté le 13 octobre incluait un passage mentionnant l’importance de la Vieille Ville de Jérusalem pour « les trois religions monothéistes », alors que le texte de la résolution du Comité ne comprend aucune référence aux relations des juifs ou des chrétiens aux lieux saints de la zone.

Jérusalem est actuellement engagé dans un effort mondial pour empêcher une décision unanime pour adopter le texte, en préférant forcer un vote dans lequel certains états s’opposeraient à la résolution ou s’abstiendraient, a déclaré mardi l’ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen.

« Les ultimatums et les menaces des Palestiniens ne font que démontrer leur [pauvre] situation et révéler leur vrai caractère de brutes et de menteurs, a-t-il déclaré. La lettre et l’ultimatum des Arabes sont un excellent signe nous disant que nous sommes sur la bonne voie. »

La résolution précédente avait été approuvée par l’UNESCO en commission le 13 octobre avec 24 voix pour, six contre et 26 abstentions, puis confirmée officiellement par le Conseil exécutif de l’UNESCO le 18 octobre, entraînant de fortes condamnations en Israël, ainsi que de la part de la propre directrice de l’UNESCO, Irina Bokova, et de plusieurs dirigeants étrangers.

Irina Bokova, directrice générale de l'UNESCO. (Crédit : WikiCommons)
Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO. (Crédit : WikiCommons)

Un chœur de politiques israéliens, mené par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et comprenant des députés de gauche, a fustigé la décision, jugée absurde, et l’UNESCO, déconnectée de la réalité.

Le Mexique et le Brésil, qui ont voté en faveur de la résolution, ont ensuite exprimé leurs regrets et promis de s’abstenir dans de futurs votes sur le sujet.

L’Italie, qui s’était abstenue, a déclaré qu’elle voterait désormais contre des résolutions similaires.

« Les Palestiniens et les Arabes comprennent qu’après le Mexique et l’Italie, ils peuvent s’attendre à d’autres surprises déplaisantes », a déclaré Shama-Hacohen.

Leur ultimatum est conçu pour envoyer le message suivant aux états-membres du Comité du patrimoine mondial, a-t-il ajouté : « cessez de nous abandonner ou nous brûlerons la maison avec des résolutions anti-Israël extrémistes qui causeront des dommages immenses à l’organisation. »

L’Italie, le Brésil et le Mexique ne sont pas membres du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO, et ne voteront donc pas mercredi.

Les 21 pays qui voteront sont : la Finlande, la Pologne, le Portugal, la Croatie, la Turquie, l’Azerbaïdjan, la Corée du Sud, l’Indonésie, les Philippines, le Vietnam, le Kazakhstan, la Tunisie, le Koweït, le Liban, le Pérou, Cuba, la Jamaïque, le Burkina Faso, le Zimbabwe, l’Angola et la Tanzanie.

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