Israël en guerre - Jour 148

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Les petites entreprises sont les plus touchées par les défis de la guerre – rapport

Une enquête révèle que les startups ainsi que sociétés plus anciennes ont besoin de fonds suite aux mobilisations de réservistes et de la pénurie d’investisseurs étrangers

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Illustration : Travailleurs dans une startup (Crédit : Vadim_Key ; iStock by Getty Images)
Illustration : Travailleurs dans une startup (Crédit : Vadim_Key ; iStock by Getty Images)

Le rappel massif des réservistes pour participer à la guerre contre le groupe terroriste du Hamas, qui fait rage depuis plus de deux mois, pèse lourdement sur les petites start-ups et les entreprises technologiques plus anciennes, selon une enquête du Start-Up Nation Policy Institute (SNPI) publiée ce mercredi.

L’armée israélienne a mobilisé plus de 350 000 soldats de réserve, à la suite des attaques meurtrières du Hamas du 7 octobre sur le sud d’Israël, au cours desquelles les terroristes ont tué près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et en ont pris environ 240 en otage.

Parmi les réservistes se trouvent des employés du secteur de la haute technologie, le moteur de croissance de l’économie israélienne. De nombreuses start-ups fonctionnent donc pendant cette période de guerre sans personnel clé, notamment les fondateurs, les PDG et les responsables de la R&D et des ventes, ce qui affecte leurs opérations quotidiennes ainsi que leur capacité à lever des fonds vitaux.

Pour contrer l’impact de la guerre sur les startups et les entreprises technologiques, l’Autorité de l’Innovation d’Israël, chargée de diriger les politiques technologiques du pays, a lancé un programme de financement spécial pour les startups à court terme. En outre, plusieurs fonds d’urgence privés ont vu le jour, avec pour objectif d’investir dans les startups touchées par la guerre.

Pour évaluer l’impact de la guerre, le SNPI a mené une enquête auprès de 600 startups et entreprises technologiques qui ont sollicité des financements d’urgence. Les résultats de l’enquête montrent que les petites entreprises comptant jusqu’à 10 employés et ayant levé moins de 5 millions de dollars avant le début de la guerre constituent la majeure partie des demandeurs et sont les plus touchées par les difficultés de financement et l’absence de travailleurs.

Par ailleurs, une ventilation des startups qui ont soumis des demandes jusqu’à la première semaine de décembre a également révélé qu’un cinquième d’entre elles avaient été fondées avant 2017.

Uri Gabai, PDG du Start-Up Nation Policy Institute (SNPI) Policy Institute. (Crédit : Micha Loubaton)

« Alors qu’Israël se bat pour sa sécurité, le front économique ne doit pas être négligé », a indiqué Uri Gabai, PDG du SNPI. « Les petites entreprises qui sont essentielles pour l’avenir d’Israël sont réellement en danger ; les entreprises plus anciennes et plus importantes ont également du mal à traverser la période actuelle ».

Parmi les jeunes entreprises interrogées, plus de 20 % ont déclaré que leur activité avait été affectée par le rappel de leurs employés au service de réserve. Parmi ces entreprises, 39 % comptent entre 1 et 5 employés, et 31 % entre 6 et 10 employés.

« Indépendamment du pourcentage d’employés appelés sous les drapeaux, l’absence d’un PDG, d’un responsable R&D ou d’un responsable des ventes a un impact important sur la capacité opérationnelle d’une entreprise », a déclaré Danny Biran, l’auteur du rapport. « Ainsi, le PDG joue généralement un rôle central dans la collecte de fonds, et son absence entrave considérablement cette activité, en plus de tous les autres défis liés à la collecte de fonds. »

Près de 40 % des startups ont déclaré qu’elles étaient confrontées à des difficultés dans la collecte de fonds pour diverses raisons, notamment la rétractation d’accords par des investisseurs à la suite du déclenchement de la guerre, des retards dans les réunions avec des investisseurs potentiels ou des difficultés à programmer des réunions. De nombreuses entreprises ont signalé que les processus d’investissement ont été interrompus par des investisseurs étrangers et israéliens.

Les difficultés de collecte de fonds sont les plus importantes parmi les entreprises technologiques créées avant 2017 qui ont obtenu plus de 20 millions de dollars de fonds avant la guerre, car environ 50 % d’entre elles ont déclaré qu’elles avaient du mal à trouver de nouveaux capitaux.

« Ces entreprises ont besoin de lever plus de fonds que les entreprises plus jeunes, et sont donc plus touchées par le « manque d’appétit » général des investisseurs », a expliqué Biran. « Les entreprises plus anciennes qui n’ont pas levé suffisamment de fonds dans le passé pour faire face à la tempête actuelle sont moins attrayantes pour les investisseurs. »

Des soldats réservistes israéliens lors d’un entraînement militaire sur le plateau du Golan, dans le nord d’Israël, le 30 octobre 2023. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Les secteurs des logiciels d’entreprise et de la santé numérique sont ceux où le plus grand pourcentage de startups a signalé un impact négatif de la guerre sur les activités en Israël, avec notamment une réduction des ventes aux clients locaux, l’arrêt des essais ou des pilotes, et des retards de paiement de la part des clients locaux. Depuis le début de la guerre, les tests et les collaborations avec les hôpitaux israéliens ont été interrompus, ce qui a eu un impact négatif sur le développement des produits des startups du secteur de la santé numérique, tandis que les industries manufacturières traditionnelles et les industries de défense ont interrompu toutes les commandes d’achat, selon l’enquête.

De nombreuses start-ups qui dépendent du marché mondial ont signalé des difficultés à conclure des accords avec des clients et des partenaires internationaux, ou à développer d’autres canaux de vente. Cette situation est aussi due à la suspension de la plupart des vols internationaux vers Israël, ce qui limite les possibilités de rencontrer des clients et des partenaires ou de participer à des foires commerciales.

« Les clients et partenaires internationaux ne sont pas enclins aujourd’hui à se rendre en Israël, ce qui nuit aux activités commerciales de nombreuses entreprises », a souligné Biran.

Il a par ailleurs déploré le fait que les programmes de financement et les initiatives d’urgence que l’Autorité de l’Innovation est en mesure de proposer en temps de guerre se limitent à apporter un soutien à la R&D industrielle. Il a indiqué que de nombreuses entreprises ont besoin d’une aide financière pour leurs activités commerciales, telles que le marketing, les ventes et le soutien à la clientèle, et pas forcément en matière de recherche et de développement.

« La haute technologie israélienne, qui traverse une crise depuis le début de l’année 2023, est un acteur sur un marché mondial compétitif – le monde ne va pas nous attendre », a souligné Gabai. « Le gouvernement israélien doit agir immédiatement pour sauver le secteur high-tech et faire en sorte qu’au lendemain [de la guerre], l’économie israélienne sera aussi forte que possible ».

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