Les postillons pourraient rester en suspension dans l’air pendant 14 minutes
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Les postillons pourraient rester en suspension dans l’air pendant 14 minutes

Une discussion banale peut engendrer "des milliers de postillons avec une projection très large", augmentant le risque de contagion, ont expliqué les chercheurs américains

Un groupe d'amis fête un anniversaire avec du champagne sur une plage à Marseille, dans le sud de la France, le 16 mai 2020 (AP Photo/Daniel Cole)
Un groupe d'amis fête un anniversaire avec du champagne sur une plage à Marseille, dans le sud de la France, le 16 mai 2020 (AP Photo/Daniel Cole)

Selon une nouvelle étude, le simple fait de parler peut générer des milliers de micro-postillons qui, dans un environnement clos, peuvent rester en suspension dans l’air pendant 14 minutes. Cela peut contribuer à la transmission du nouveau coronavirus.

L’étude a été publiée la semaine dernière dans The Proceedings of the National Academy of Sciences, une revue scientifique pluridisciplinaire à comité de sélection, journal officiel de la US National Academy of Sciences. À en croire l’étude, les postillons de porteurs asymptomatiques « sont de plus en plus considérées comme un mode probable de transmission de la maladie ».

Une discussion banale peut générer « des milliers de postillons avec une projection très large », ont expliqué les chercheurs américains.

Les scientifiques du National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (Institut national du diabète et des maladies rénales) et de l’Université de Pennsylvanie sont à l’origine de cette étude. Ils ont observé les postillons générés par des volontaires et ont suivi ces projections à l’aide de lasers lumineux. Les participants parlaient à travers des boites en carton ouvertes à l’extrémité. On leur a demandé de répéter les mots « restez sains » à plusieurs reprises pour suivre et mesurer les postillons.

« Alors que les ‘grands’ postillons tombent rapidement au sol, les postillons plus petits peuvent se déshydrater et flotter comme une ‘nucléus de postillon’ dans l’air, où ils se comportent comme un aérosol », a démontré l’étude, qui précisait qu’ils peuvent rester dans l’air entre 8 et 14 minutes.

Deux hommes assis sur des bancs différents discutent en respectant les règles de distanciation sociale en bord de mer dans la banlieue de Glyfada, à proximité d’Athènes, le 15 mai 2020. (Crédit : AP Photo/Petros Giannakouris)

La recherche a révélé un taux d’émission moyen de 1 000 postillons par seconde, avec jusqu’à 10 000 postillons par seconde en fonction du volume du discours. Certains sons, comme le « s » dans « sains », produisent plus de postillons que d’autres, selon l’étude.

« Ces observations confirment qu’il y a une probabilité importante qu’un discours banal participe de la transmission par voie aérienne du virus dans des environnements confinés », ont écrit les chercheurs.

L’étude a été menée dans un environnement contrôlé et n’incluait pas des volontaires atteints du COVID-19.

Une étude suggère que la vitamine D peut aider

Dans le même temps, une étude pré-publiée le mois dernier par un groupe de chercheurs de la Northwestern University dans l’Illinois a établi une corrélation entre une carence en vitamine D et les effets les plus graves du COVID-19.

Les Israéliens sur une plage de Tel Aviv, contrevenant aux règles instaurées pour stopper la propagation du coronavirus, le 16 mai 2020. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Les personnes souffrant de carences graves en vitamine D ont développé des cas graves du COVID-19 dans 17,3 % des cas examinés, contre 14,6 % pour les personnes avec des niveaux normaux de vitamine D, selon l’étude, qui n’a pas encore été évaluée.

Le Prof. Vadim Backman de la Northwestern University a dirigé la recherche. Il estime qu’en réglant le problème des carences en vitamine D, on pourrait réduire le taux de mortalité de moitié.

« Cela n’empêchera pas un patient de contracter le virus, mais cela pourra réduire les complications et éviter des décès parmi des personnes infectées », a-t-il dit.

L’étude, qui n’a pas encore été évaluée, se basait sur des données récoltées en Chine, France, Allemagne, Italie, Iran, Corée du Sud, Espagne, Suisse, Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Alors que les chercheurs n’ont pas pu examiner directement le taux de vitamine D, ils ont utilisé les données de protéines réactives-C dans des échantillons sanguins à la place, en notant qu’une corrélation entre ces deux éléments avait déjà été établie.

Certains scientifiques, dont le professeur français Didier Raoult, ont avancé des théories selon lesquelles des facteurs environnementaux pourraient affecter la capacité du virus à se propager. Parallèlement, des affirmations infondées et diffusées sur les réseaux sociaux ont conduit certaines personnes à penser que les rayons du soleil pouvaient tuer le virus.

Cette hypothèse a gagné en popularité le mois dernier quand un haut responsable américain a déclaré qu’une étude avait démontré que les rayons du soleil pouvaient rapidement détruire le virus et que la chaleur et l’humidité pouvaient réduire sa durée de survie sur des surfaces. Cette étude doit aussi être évaluée de manière indépendante, mais le président américain Donald Trump l’a évoquée avec enthousiasme lors d’une conférence de presse.

Le président américain Donald Trump pointe le doigt vers le soleil alors qu’il se prépare à observer une éclipse solaire, le 21 août 2017 à la Maison Blanche, à Washington. (Crédit : AP Photo/Andrew Harnik)

L’étude de Northwestern n’associe pas directement le virus aux rayons du soleil, qui constituent une des sources principales de vitamine D, avec le poisson, les œufs et le lait. De manière générale pourtant, un apport suffisant en vitamine D est un élément clef pour maintenir un système immunitaire sain.

Les chercheurs ont établi que des taux extrêmement bas de la vitamine pouvaient entraîner ce que l’on surnomme une « tempête de cytokines », où le système immunitaire sur-réagit dans une tentative pour détruire le virus et finit par rendre le patient très malade. La « tempête de cytokine » est considérée comme un facteur important de mortalité. Les chercheurs ne savent pourtant pas véritablement expliquer pourquoi cela se produit chez certaines personnes, et pourquoi certains pays sont plus durement touchés que d’autres.

Les chercheurs de Northwestern ont formulé l’hypothèse que cette spécificité pourrait expliquer pourquoi les très jeunes, qui ont moins de chance d’avoir un système immunitaire développé, ont enregistré des taux de mortalité plus faibles.

« Si je pense qu’il est important que les gens sachent qu’une carence en vitamine D peut jouer un rôle dans la mortalité, nous ne devons pas pousser tout le monde à prendre de la vitamine D », a souligné Backman. « Il faut mener d’autres études, et j’espère que notre travail pourra susciter de l’intérêt sur le sujet. Les données peuvent aussi nous renseigner sur le mécanisme de mortalité qui, s’il est avéré, pourrait conduire vers de nouveaux objectifs thérapeutiques. »

Des études en Asie, qui n’ont pas non plus été évaluées, ont également indiqué un lien entre une carence en vitamine D et une réponse sévère au coronavirus, a rapporté Newsweek. Pourtant, les experts ont prévenu de risques d’interférence dans cette étude et d’un manque d’information sur les méthodes de recherche.

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