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Les proches d’une victime de violences conjugales réclament justice

Une amie a présenté ses excuses au nom de tous lors des funérailles de Yafit Furian ; le mari, hospitalisé et inconscient est le principal suspect dans cette affaire

Une photo non datée de Yafit Furian (Selmi), retrouvée morte chez elle, à Rehovot, le 27 septembre 2022. (Autorisation)
Une photo non datée de Yafit Furian (Selmi), retrouvée morte chez elle, à Rehovot, le 27 septembre 2022. (Autorisation)

Yafit Furian, 31 ans, a été identifiée jeudi comme la dernière victime d’un cas de violence domestique présumée, deux jours après que son corps a été retrouvé lardé de coups de couteau, dans son appartement de Rehovot, qui avait été incendié.

Le mari de Furian est soupçonné de l’avoir assassinée. Son nom est actuellement sous embargo et ne peut donc pas être publié. Il a été retrouvé inconscient aux côtés de sa femme dans la chambre de leur appartement en feu, après avoir vraisemblablement tenté de se suicider. Il est toujours hospitalisé, dans un état grave, mais devrait être interrogé par la police dès son réveil.

Furian, qui travaillait comme secrétaire dans une maison de retraite, laisse derrière elle quatre enfants, trois frères et sœurs et ses deux parents. Ses funérailles ont eu lieu jeudi soir à Holon, dans la banlieue de Tel Aviv.

« Je m’excuse au nom de nous tous », a déclaré une amie dans son éloge funèbre. « J’espère que tu es maintenant dans un bon endroit. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour prendre soin de tes enfants, de ta famille. »

« Cette violence contre les femmes doit cesser », a déclaré Ariel Brouchim, un proche de Furian, à la fin de l’enterrement. « L’État doit intervenir dans cette affaire. En tant que famille, nous ne nous tairons pas et nous nous battrons jusqu’à ce que justice soit faite. »

Les pompiers ont été appelés au domicile des Furian tôt mardi matin. Ils l’ont retrouvée morte dans sa chambre aux côtés de son mari, qui était, pour sa part, dans un état critique.

Le couple, leur trois enfants, et le père du suspect ont été retrouvés dans leur appartement en feu à Rehovot, tôt mardi matin.

Un pompier présent sur les lieux a déclaré que le feu était concentré dans la chambre du couple, qui était fermée à clé, et que le matelas sur lequel Furian a été retrouvée avait été enflammé, a rapporté Ynet.

L’un des enfants du couple, une fillette âgée de quatre ans, a été retrouvée en pleurs à l’extérieur de la chambre de ses parents. Le père du suspect aurait sauvé les trois enfants, qui n’ont été que légèrement blessés dans l’incendie.

Des enquêteurs de la police et des pompiers sur les lieux d’un incendie, dans lequel un homme est soupçonné d’avoir tué sa femme et d’avoir mis le feu à leur appartement, à Rehovot, le 27 septembre 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Le couple était marié depuis neuf ans et n’était pas connu des services sociaux. La police a déclaré au site d’information Walla qu’elle n’avait été alertée d’aucun cas antérieur de violence domestique impliquant les Furian.

Les militants se plaignent depuis longtemps des violences faites aux femmes en Israël, affirmant que l’on ne fait pas assez pour prévenir la violence domestique.

Une étude de l’Observatoire israélien du féminicide, basé à l’université hébraïque, portant sur le premier semestre 2022, a révélé une augmentation de 71 % des féminicides par rapport à la même période de l’année précédente – 12 décès contre 7.

En juillet, le Premier ministre Yair Lapid a abordé le fléau de la violence à l’égard des femmes, déclarant qu’il s’agissait « d’une tache qu’il n’était plus possible de tolérer en Israël ».

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, s’est exprimé sur la question mardi, déclarant que « la violence à l’égard des femmes touche tous les secteurs, et la combattre est l’une de ses priorités ».

« Il n’est pas toujours possible d’identifier à l’avance un foyer où une femme subit des violences physiques, mentales ou financières… Mais je suis déterminé à continuer à retourner chaque pierre afin d’assurer la sécurité des femmes dont la vie est en danger », a déclaré Barlev.

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