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Les religieux rejettent la coalition minoritaire, alors que Gantz l’accepterait

Bennett et Shaked refusent l'initiative du Premier ministre, la qualifiant d'inutile ; Gantz serait prêt à un gouvernement d'unité Kakhol lavan-Likud proposé par Rivlin

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre les responsables de droite et des partis haredis dans son bureau à Jérusalem, le 18 septembre 2019. (Crédit : Likud)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rencontre les responsables de droite et des partis haredis dans son bureau à Jérusalem, le 18 septembre 2019. (Crédit : Likud)

Les dirigeants des quatre partis religieux ont signé mercredi un engagement pris par le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans lequel ils se sont engagés à ne pas rejoindre une coalition minoritaire soutenue par l’alliance des partis à majorité arabe de la Liste arabe unie.

Cette décision a été prise alors que les informations faisaient état de la possibilité de la création d’un gouvernement minoritaire dirigé par le centriste Kakhol lavan et soutenu de l’extérieur par la Liste arabe unie et la faction de droite Yisrael Beytenu. Un rapport publié mercredi suggère également que Benny Gantz, le chef de Kakhol lavan, pourrait envisager de rejoindre un gouvernement dirigé par le leader du Likud Benjamin Netanyahu, alors que les pourparlers de coalition semblent stagner.

Les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah, ainsi que les partis sionistes religieux HaBayit HaYehudi et Union nationale, ont tous accepté de signer la promesse de rester à l’écart de la coalition minoritaire, a déclaré jeudi le porte-parole de Netanyahu dans un communiqué.

Le communiqué ajoutait que Naftali Bennett, le nouveau leader de HaYamin HaHadash, était le seul leader « nationaliste » qui n’avait pas paraphé le document parce qu’il était aux États-Unis.

Cependant, la Treizième chaîne a rapporté que Bennett et sa collègue de HaYamin HaHadash, la députée Ayelet Shaked, avaient en fait refusé de signer l’engagement, le jugeant « inutile ».

Bennett a tweeté contre un tel scénario supposé dans le pacte de Netanyahu quelques heures plus tôt mercredi. La deuxième clause de l’engagement signé par les partis religieux stipule qu’ils ne rejoindront un gouvernement dirigé par Netanyahu avec les autres partis de droite ainsi que Kakhol lavan que si le parti de Gantz rejoint une telle coalition.

Naftali Bennett et Ayelet Shaked lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, le 21 juillet 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

À aucun moment depuis l’élection du mois dernier, Gantz n’a exprimé l’intention de former une coalition minoritaire avec les Travaillistes et le Camp démocratique (44 sièges au total) avec le soutien extérieur de la Liste arabe unie et Yisrael Beytenu ayant accepté de ne pas voter pour renverser le gouvernement, comme indiqué dans l’engagement pris à l’initiative de Netanyahu.

L’idée a été largement évoquée dans le quotidien Israel Hayom, qui est largement considéré comme le porte-parole de Netanyahu.

Netanyahu a un peu plus d’une semaine pour former une coalition avant que le président Reuven Rivlin ne charge Gantz de former un gouvernement, avec des pourparlers qui se dérouleraient à couteaux tirés.

Mercredi soir, la Douzième chaîne a rapporté que Gantz se préparait à l’idée de servir dans une coalition avec Netanyahu, bien qu’il ait promis de ne pas le faire pendant la campagne électorale.

Selon la chaîne, Gantz a dit à des personnes de confiance que son parti allait « se boucher le nez pendant plusieurs mois » et adopter la proposition du président Reuven Rivlin pour un compromis sur le partage du pouvoir.

Le président Reuven Rivlin (au centre) le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d’une cérémonie de commémoration de feu le président Shimon Peres au mont Herzl de Jérusalem, le 19 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Rivlin avait suggéré un gouvernement d’unité dans lequel le pouvoir serait divisé également et où Netanyahu et Gantz serviraient chacun deux ans comme Premier ministre. Rivlin a laissé entendre, mais n’a pas précisé, que Netanyahu pourrait prendre un congé sans limitation de durée s’il est accusé dans une ou plusieurs des enquêtes pour lesquelles il fait l’objet d’accusations. En vertu de l’arrangement établi par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre intérimaire » dans un tel scénario, jouirait de toute l’autorité d’un Premier ministre.

Les médias israéliens ont émis l’hypothèse qu’un acte d’accusation contre Netanyahu sera déposé d’ici la fin de l’année. Ce qui signifie que dans la proposition de Rivlin, Gantz n’aurait à servir sous Netanyahu que pendant un mois ou deux avant de remplacer le chef du Likud.

« En fin de compte, Netanyahu a une date d’expiration », aurait dit Gantz à des confidents selon la Douzième chaîne.

On pense que Gantz aurait du mal à former son propre gouvernement en raison de l’engagement signé par les partis ultra-orthodoxes et de droite de ne rejoindre qu’un gouvernement dirigé par Netanyahu.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), le président Reuven Rivlin (au centre) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) se rencontrent à la résidence du Président à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Amos Ben Gershom/GPO)

Netanyahu a fait pression sur Kakhol lavan pour qu’il rejoigne une coalition dirigée par lui et comprenant des partis de droite et des partis Haredi. Jusqu’à présent, Gantz a refusé de faire partie d’une coalition avec Netanyahu tant que le dirigeant du Likud ferait face à des accusations de corruption, et n’est pas disposé à rejoindre un gouvernement composé de partis d’extrême droite et ultra-orthodoxes. Kakhol lavan a dit qu’un gouvernement d’unité avec le Likud pourrait être formé « en une heure » si Netanyahu se retirait.

La date limite de Netanyahu pour essayer de former une coalition gouvernementale est le 24 octobre. Rivlin pourrait alors accorder à Netanyahu une prolongation de 14 jours, bien que cela soit considéré comme peu probable en raison de ses faibles chances de succès.

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