Les restrictions ont été levées, mais les menaces de guerre assombrissent Yom HaAtsmaout
Les villes maintiennent leurs célébrations malgré la fragilité des cessez-le-feu, même si certaines optent pour des festivités plus modestes ; les Israéliens, lassés et fatigués, font preuve de prudence
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Il y a encore deux semaines, nombreux étaient ceux qui, en Israël, pensaient qu’il était fort probable que les célébrations de Yom HaAtsmaout – la fête de l’Indépendance – soient annulées, tout comme celles de Pourim et de Pessah, et qu’ils passeraient une nouvelle fois ces jours de fête à courir vers les abris antiatomiques et à esquiver les missiles, les roquettes et les drones, plutôt que de se retrouver entre amis ou en famille ou de sortir pour profiter des festivités.
Mais grâce au maintien des cessez-le-feu avec l’Iran et le Hezbollah, même si ceux-ci sont quelque peu fragiles, la fête est de nouveau d’actualité. Les villes prévoient à nouveau des concerts, des spectacles de rue et d’autres célébrations publiques pour mardi soir et mercredi. Partout dans le pays, les gens se préparent à envahir les plages, les parcs et les jardins pour marquer le 78ᵉ anniversaire d’Israël.
Pourtant, certains optent pour des festivités plus sobres, car beaucoup se remettent encore d’un mois de bombardements meurtriers menés par le régime iranien et son proxy libanais, le Hezbollah, qui a continué à lancer des roquettes sur le nord d’Israël pendant neuf jours supplémentaires après la suspension de la guerre contre la République islamique.
« Cette année, nous célébrerons Yom HaAtsmaout différemment », a déclaré Moshe Koninsky, maire de Karmiel, dont la ville de Galilée a été pilonnée par le Hezbollah. Koninsky a indiqué qu’il avait renoncé aux spectacles de grande envergure, préférant organiser des événements locaux à plus petite échelle.
« Nous prierons pour des jours meilleurs et plus calmes – et nous ferons la fête en grand cet été. »
Samedi soir, le Commandement du Front intérieur a levé toutes les restrictions restantes sur les rassemblements publics à l’échelle nationale. Le ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar (Likud), a annoncé qu’il n’y aurait aucune limite aux événements culturels et sportifs, ouvrant ainsi la voie à des célébrations de la fête de l’indépendance à grande échelle, après des semaines de perturbations.
Les restrictions ont été levées alors même que le cessez-le-feu de deux semaines conclu avec l’Iran le 8 avril doit expirer mercredi soir. Le président américain Donald Trump a indiqué dimanche que les pourparlers avec l’Iran sur la prolongation du cessez-le-feu reprendraient mardi, bien que Téhéran ait fait savoir qu’il ne prévoyait pas d’envoyer de délégation et se montrait pessimiste quant aux perspectives des négociations. Pourtant, nombreux sont ceux qui pensent que le cessez-le-feu sera prolongé. Un cessez-le-feu plus fragile de dix jours avec le Hezbollah, entré en vigueur vendredi, devrait se prolonger jusqu’à la semaine prochaine.
Différents styles de célébration
Ces derniers jours, plusieurs municipalités ont annoncé qu’elles organiseraient les festivités de Yom HaAtsmaout comme d’habitude, tandis que d’autres ont opté pour des célébrations plus modestes ou au sein de leurs communautés.
À Jérusalem, plusieurs artistes israéliens, dont Noa Kirel et Itay Levy, se produiront au Gan HaAtsmaout, dans le centre-ville, et d’autres spectacles en direct auront lieu un peu partout dans la capitale.
« Tout le monde est invité à venir célébrer et profiter d’une journée de l’indépendance exceptionnelle à Jérusalem », a déclaré la municipalité.
D’autres villes, telles qu’Eilat, Sderot et Raanana, devraient également programmer des spectacles similaires.
En revanche, Tel Aviv, habituellement au cœur de la scène festive israélienne, opte pour des célébrations plus sobres.
La municipalité a déclaré qu’elle marquerait Yom HaAtsmaout « par des événements plus modestes, axés sur la communauté, destinés principalement aux familles et aux enfants dans les centres communautaires locaux à travers la ville ».
Comme ces dernières années, le feu d’artifice annuel est suspendu afin de ménager ceux qui ont été marqués par les divers engagements militaires d’Israël au fil des ans.
En 2022, Tel Aviv a été l’une des principales villes d’Israël, avec Herzliya et Netanya, à annoncer qu’elle n’organiserait plus de feux d’artifice, invoquant les objections d’anciens combattants souffrant de trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Myriam, mère de deux enfants et habitante de Tel Aviv, a déclaré que sa famille prévoyait de célébrer Yom HaAtsmaout lors d’événements plus modestes, organisés dans son quartier, mais avec certaines précautions.
Leur synagogue organisera mardi soir une cérémonie marquant la fin de Yom HaZikaron, ainsi que des activités familiales.
« Nous nous sentons en sécurité de faire cela car notre synagogue dispose d’un abri antiatomique », a-t-elle déclaré.
Pendant la journée, Myriam a indiqué que sa famille resterait discrète en organisant un barbecue à la maison et a précisé qu’ils étaient « prêts à mettre en œuvre le plan d’urgence qui consiste simplement à rester chez eux sans rien faire ».
Certaines communautés du nord d’Israël, qui ont été pilonnées par les tirs de roquettes du Hezbollah pendant plus de six semaines, organisent également des célébrations limitées.
À Nahariya, dans le nord du pays, la municipalité a déclaré qu’elle organiserait de petits événements de quartier à la place de grandes célébrations, avec des spectacles de rue et des DJ prévus dans toute la ville.
Eytan, un habitant de Nahariya, a expliqué au Times of Israel qu’après des semaines de sirènes incessantes et plusieurs impacts de roquettes dans la ville, il n’avait pas envie de participer aux festivités.
« Je ne veux pas faire la fête, je veux du calme », a-t-il déclaré, ajoutant que l’indépendance n’est pas seulement une journée dans l’année pour lui, mais un sentiment.
Responsable d’un foyer local pour soldats seuls au sein de la Fondation Achai, Eytan a expliqué que, bien que la célébration de Yom HaAtsmaout reste importante à ses yeux, il s’abstiendra cette année de toute manifestation festive.
« Je vois les soldats partir en service de réserve puis revenir, et les soldats en service obligatoire rester déployés pendant de longues périodes – je vois la tension, je vois l’épuisement », a-t-il ajouté.
« Je vois le désir des gens de retrouver enfin la paix et le calme, afin que nous puissions véritablement célébrer ces événements. »
Plus au nord, la ville frontalière de Kiryat Shmona n’a pas encore annoncé de célébrations publiques pour Yom HaAtsmaout. Dimanche, la municipalité a bloqué toute la ville pour protester contre le cessez-le-feu au Liban et condamner le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir abandonné les habitants.
D’autres municipalités à travers le pays, notamment Haïfa, au nord, et Ramat Gan, au centre, ont déclaré qu’elles renonceraient aux spectacles de grande envergure, car le délai était trop court après la décision du Commandement du Front intérieur de lever les restrictions.
« Il ne sert à rien de se précipiter à la dernière minute, sous la pression et dans la hâte, pour installer d’énormes scènes à la place des événements de quartier et communautaires que nous avions déjà préparés », a déclaré le maire de Ramat Gan, Carmel Shama-Hacohen, soulignant la situation toujours « instable » avec l’Iran et les « incidents et combats » en cours au Liban.
À Haïfa, un responsable municipal a déclaré à la chaîne N12 : « Il n’est pas possible d’organiser de grands spectacles à la dernière minute. »
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