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Les sanctions de l’ONU réimposées à l’Iran mais « la diplomatie reste possible »

Téhéran a rappelé ses envoyés en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne pour consultation, alors que la monnaie du pays atteint un niveau historiquement bas suite à l'échec du JCPOA

Deux femmes passent devant une immense banderole représentant le défunt commandant de la Force Qods, une unité expéditionnaire du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne, général Qassem Soleimani, tué lors d'une attaque américaine par drone en 2020, et les deux anciens dirigeants du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au centre, et Hashem Safieddine, tués lors de frappes aériennes israéliennes en 2024, sur la place Enqelab-e-Eslami (Révolution islamique), à Téhéran, en Iran, le 27 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
Deux femmes passent devant une immense banderole représentant le défunt commandant de la Force Qods, une unité expéditionnaire du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne, général Qassem Soleimani, tué lors d'une attaque américaine par drone en 2020, et les deux anciens dirigeants du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au centre, et Hashem Safieddine, tués lors de frappes aériennes israéliennes en 2024, sur la place Enqelab-e-Eslami (Révolution islamique), à Téhéran, en Iran, le 27 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Les Nations unies ont rétabli dimanche matin un embargo sur les armes et d’autres sanctions à l’encontre de l’Iran dans le sillage d’un processus qui a été déclenché par trois puissances européennes.

Téhéran a menacé d’une réponse sévère à cette initiative.

Ce sont la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, un groupe de pays appelé E3, qui ont déclenché le retour des sanctions imposées à l’Iran au Conseil de sécurité de l’ONU, accusant le pays d’avoir violé l’accord de 2015 – connu sous l’acronyme JCPOA – qui visait à empêcher le régime iranien de développer une bombe nucléaire.

L’Iran nie chercher à se doter d’armes nucléaires, mais enrichit de l’uranium à des niveaux qui n’ont aucune application pacifique. La république islamique, de surcroît, interdit l’accès à ses installations aux inspecteurs nucléaires de l’ONU et elle menace régulièrement de raser des villes israéliennes.

La fin du JCPOA qui avait été conclu il y a dix ans entre l’Iran, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, les États-Unis, la Russie et la Chine risque d’exacerber les tensions au Moyen-Orient, quelques mois seulement après les bombardements israéliens et américains qui ont pris pour cible des sites nucléaires iraniens lors de l’Opération « Rising Lion ».

Les sanctions qui avaient été imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies dans le cadre de résolutions qui avaient été adoptées entre 2006 et 2010 ont été rétablies dans la nuit de samedi à dimanche. Les tentatives qui ont visé à retarder le rétablissement de toutes ces sanctions ont échoué en marge du rassemblement annuel des leaders du monde entier qui a eu lieu à l’ONU, cette semaine.

Le président iranien Masoud Pezeshkian lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 24 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Richard Drew)

« Nous exhortons l’Iran et tous les États à respecter pleinement ces résolutions », ont déclaré les ministres des Affaires étrangères français, britannique et allemand dans un communiqué commun après l’expiration du délai.

Téhéran a menacé de réagir sévèrement. Mais le président iranien Massoud Pezeshkian a expliqué vendredi que l’Iran n’avait pas l’intention de se retirer du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. La république islamique a fait savoir samedi qu’elle rappelait ses ambassadeurs en Grande-Bretagne, en France et en Allemagne pour consultation.

De son côté, la Russie a contesté le rétablissement des sanctions de l’ONU.

« C’est illégal, cela ne peut pas être mis en œuvre », a dit samedi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, devant les journalistes réunis à l’ONU, ajoutant qu’il avait écrit au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour l’avertir que ce serait « une grave erreur » de sa part de reconnaître le rétablissement de ces sanctions.

Le site internet du Conseil de sécurité de l’ONU a été rapidement mis à jour pour refléter le retour des sanctions.

La diplomatie reste une option

Les puissances européennes avaient proposé de reporter la réinstauration des sanctions de six mois dans le but de laisser le temps de négocier un accord à long terme si l’Iran devait à nouveau accepter d’accueillir dans ses installations les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), si le régime des ayatollahs devait répondre aux inquiétudes concernant ses stocks d’uranium enrichi et s’il consentait à engager des pourparlers avec les États-Unis.

« Nos pays continueront à suivre la voie diplomatique et les négociations. La réimposition des sanctions de l’ONU ne marque pas la fin de la diplomatie », ont noté les ministres des Affaires étrangères britannique, français et allemand.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio écoute pendant qu’il s’adresse aux médias à l’aéroport international Ben Gurion, alors qu’il quitte Tel Aviv pour le Qatar après une visite officielle le 16 septembre 2025. (Crédit : Nathan Howard/Pool Photo via AP)

« Nous exhortons l’Iran à s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver la situation et à se conformer à nouveau à ses obligations juridiquement contraignantes en matière de garanties. »

Le président américain Donald Trump a clairement indiqué que la diplomatie restait une option pour l’Iran et qu’un accord restait la meilleure issue pour le peuple iranien et pour le monde, a déclaré le secrétaire d’État américain Marco Rubio dans un communiqué après la réimposition des sanctions de l’ONU.

« Pour que ça se produise, l’Iran doit accepter des pourparlers directs, menés de bonne foi, sans tergiversations ni obscurcissements », a-t-il ajouté, soulignant que jusqu’à ce qu’un nouvel accord soit conclu, il était important que les pays appliquent « immédiatement » les sanctions afin d’exercer des pressions sur les dirigeants iraniens « pour les amener à faire ce qui est juste pour leur nation et ce qui est le mieux pour la sécurité du monde ».

L’économie iranienne est déjà en difficulté en raison des sanctions américaines paralysantes qui avaient été réimposées en 2018, après que Trump a abandonné le JCPOA au cours de son premier mandat.

La monnaie iranienne, le rial, a continué à baisser en raison des craintes de nouvelles sanctions. Le rial est tombé à 1 123 000 pour un dollar américain, un nouveau record, samedi, contre environ 1 085 000 vendredi, selon les sites de change sur internet, dont Bon-bast.com.

Avec le retour des sanctions de l’ONU, l’Iran sera à nouveau soumis à un embargo sur les armes et à une interdiction de toutes les activités d’enrichissement et de retraitement d’uranium, ainsi que de toute activité liée aux missiles balistiques capables de transporter des armes nucléaires, y compris les lancements.

Parmi les autres sanctions qui seront réimposées figurent une interdiction de voyager pour des dizaines de ressortissants iraniens, un gel des avoirs de dizaines de personnes et d’entités iraniennes et une interdiction de fournir tout ce qui pourrait être utilisé dans le programme nucléaire iranien.

Tous les pays sont autorisés à saisir et à éliminer tout article interdit par les sanctions de l’ONU, et l’Iran se verra interdire d’acquérir des intérêts dans toute activité commerciale dans un autre pays impliquant l’extraction d’uranium, la production ou l’utilisation de matières et de technologies nucléaires.

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