Les supermarchés observent une hausse du vol à l’étalage en Israël
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Les supermarchés observent une hausse du vol à l’étalage en Israël

Selon les vigiles, les voleurs, souvent des clients réguliers, affirment souvent ne pas réussir à joindre les deux bouts après avoir perdu leur emploi

Un client passe devant les étagères vides où le pain est normalement proposé à la vente dans un supermarché, le dimanche 15 mars 2020 à Boston. (AP Photo/Steven Senne)
Un client passe devant les étagères vides où le pain est normalement proposé à la vente dans un supermarché, le dimanche 15 mars 2020 à Boston. (AP Photo/Steven Senne)

Les vigiles de supermarchés ont constaté une augmentation significative des tentatives de vol à l’étalage depuis le début de l’épidémie de coronavirus.

Mercredi, des agents de sécurité du sud et du centre du pays ont déclaré à la Douzième chaîne que les vols pouvaient entraîner des dizaines de millions de shekels de pertes pour les chaînes de supermarchés.

L’un d’eux a indiqué à la chaîne qu’il avait arrêté plus de 20 voleurs à l’étalage rien que ces deux dernières semaines. Il a précisé que la plupart étaient des clients réguliers, qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts alors que l’économie du pays est à l’arrêt.

657 876 Israéliens se sont inscrits à l’agence pour l’emploi depuis le début du mois, après avoir été placés en congé sans solde.

Un autre vigile, de la région du Néguev, a raconté à la Douzième chaîne comment les caméras de sécurité ont filmé dimanche un client fidèle qui est entré dans le magasin avec un long manteau et a commencé à cacher dessous du savon, des gants jetables, des pâtes et un sachet de fruits secs.

Il est passé, tremblant, à une caisse et a payé certains fruits et légumes de son panier avant de sortir du magasin.

Des Israéliens font la queue devant un supermarché Rami Levy à Ashdod le 14 mars 2020. (Photo par Flash90)

« C’est un client qui fait ses courses dans notre magasin depuis plus de 10 ans. Nous sommes déjà amis », a commenté le vigile, qui a attendu que l’homme soit sorti du magasin pour éviter d’avoir à l’arrêter devant les autres clients.

« Avant même que je le fouille, le client a éclaté en sanglots », a rapporté l’agent de sécurité. « Il s’est excusé, a demandé pardon. Il a affirmé qu’il avait été viré il y a deux semaines du restaurant où il travaillait et que la situation financière de son foyer était très difficile. Il n’avait pas encore reçu les allocations chômage, sa femme était malade, et il ne savait pas comment il allait pouvoir s’en sortir jusqu’à Pessah avec ses deux enfants ».

Un autre agent de sécurité a dit que plutôt que d’appeler immédiatement la police comme c’est habituellement le cas dans ce genre de situation, depuis le début de l’épidémie, il a simplement demandé aux voleurs à l’étalage de rapporter ou de payer les articles, en les prévenant que la prochaine fois qu’il les attrape, il devra appeler les forces de l’ordre.

Le vigile a regretté que pour chaque voleur à l’étalage qu’il parvient à arrêter, il y a cinq ou sept personnes qui réussissent à s’en sortir.

« Dans tous les cas, c’est désagréable de devoir fouiller des clients réguliers, particulièrement pendant cette période difficile », a témoigné un agent de sécurité d’Ashkelon.

Selon la Douzième chaîne, les dix articles les plus dérobés ces dernières semaines sont les produits en conserves, suivi des pâtes, la charcuterie, les produits surgelés, la vaisselle en plastique, les produits de nettoyage, le pain, les soupes préparées, les fruits secs et les snacks.

Un porte-parole de la police a expliqué que les officiers « se focalisaient sur l’application des nouvelles mesures de sécurité publique après la décision du gouvernement », en référence aux mesures d’urgence contre le virus.

« Il y a une augmentation des officiers de police qui patrouillent dans les rues, dont la police aux frontières et les unités mobilisées pour faire appliquer chaque nouvelle mesure afin de protéger les gens », a-t-il dit.

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