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Les tefilines d’un rabbin profanées par les responsables d’un aéroport en Jordanie

Selon Moshe Haliwa, un agent a coupé les phylactères avant de l'autoriser à voler à Dubaï, une expérience humiliante qui lui a rappelé la Shoah

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Les tefilines du rabbin Moshe Haliwa après que les sangles ont été coupées par des agents de la sécurité aéroportuaire jordaniens, le 20 février 2023. (Crédit : Moshe Haliwa)
Les tefilines du rabbin Moshe Haliwa après que les sangles ont été coupées par des agents de la sécurité aéroportuaire jordaniens, le 20 février 2023. (Crédit : Moshe Haliwa)

Les responsables d’un aéroport jordanien ont refusé de laisser embarquer un rabbin israélien à bord d’un avion décollant d’Amman avant que les sangles de ses tefilines ne soient coupées – ce qui était nécessaire, ont-ils affirmé, pour des raisons sécuritaires.

Le rabbin Moshe Haliwa, qui faisait escale en Jordanie au cours d’un voyage reliant Tel Aviv à Dubaï, a indiqué qu’il s’était souvenu des humiliations réservées aux Juifs par les nazis pendant la Shoah au moment où un gardien de sécurité a coupé les sangles en cuir.

« Cela m’a rappelé des images de la Shoah, quand les nazis coupaient les papillotes et les barbes des Juifs », a expliqué Haliwa mardi au Times of Israel. « C’était très douloureux. »

Haliwa, qui est originaire d’Angleterre, vit dorénavant avec sa famille en Israël et dirige une communauté à Dubaï.

Il était arrivé depuis Tel Aviv via un vol de la Royal Jordanian Airlines, atterrissant à l’aéroport international de la reine Alia à Amman. De là, il a rejoint un appareil de la même compagnie à destination de Dubaï, aux Émirats arabes unis, où il dirige sa petite congrégation depuis environ un an.

Parce qu’il n’avait pas de gros bagage, il n’avait que son petit bagage à main qui comprenait deux paires de tefilines. Quand il est arrivé au contrôle de sécurité, un agent l’a interrogé sur l’usage de ces objets religieux. Les tefilines sont de petites boîtes noires qui contiennent du parchemin avec des passages de la Torah qui sont écrits à la main et les sangles en cuir servent à les attacher autour du bras et autour de la tête pendant la prière. Ce sont les objets du culte considérés comme les plus saints après les rouleaux de Torah dans le judaïsme orthodoxe.

« Cet individu voulait vérifier ce qu’il y avait dans mon sac pour une raison ou pour une autre », a expliqué Haliwa qui, la semaine dernière, avait fait le même voyage sans incident. « Une sorte de jeu de pouvoir s’est mis en place. »

Haliwa a ajouté avoir pris le temps d’expliquer à quoi servent les tefilines – l’une pour l’esprit, l’autre pour le cœur – qui contiennent les prières adressées à Dieu. Il a indiqué avoir fait remarquer que Juifs et musulmans sont cousins, qu’ils prient le même Dieu, en vain. Le chef de l’équipe du service de sécurité a insisté sur le fait que le rabbin ne pouvait pas embarquer avec ses tefilines dans l’avion, les sangles posant un risque sécuritaire.

Haliwa a indiqué qu’il était parti du principe que tous les personnels de l’aéroport connaissaient les objets de culte religieux des différentes confessions, notamment les tefilines. Il a précisé que le fait que l’agent lui ait demandé de laisser ces dernières au guichet de contrôle « a été une expression d’antisémitisme à mes yeux ».

Haliwa s’est rapidement trouvé entouré par six agents qui lui ont dit de passer le guichet en laissant les objets sous peine d’être arrêté. Ne souhaitant pas laisser derrière lui ces derniers – « Qui sait ce qui aurait pu leur arriver » – il a pris la décision drastique d’offrir au contrôleur de couper les sangles de manière à ce qu’il puisse emporter les précieuses boîtes avec lui. Sans les sangles, les tefilines ne peuvent pas être utilisées pour la prière mais elles peuvent être réparées. L’agent a encore refusé, insistant pour qu’il laisse l’ensemble derrière lui.

Ne souhaitant pas céder, Haliwa a fait appeler des responsables de la sécurité et il a finalement été en mesure de convaincre l’un d’entre eux de lui laisser prendre les boîtes. L’agent s’est donc contenté de couper les sangles en cuir.

« C’était humiliant, c’était douloureux », a-t-il commenté.

Haliwa veut maintenant mettre en garde contre les difficultés susceptibles de se présenter lors d’un voyage en Jordanie.

« Je ne le ferai plus », a-t-il dit.

Après être arrivé à sa destination finale, il s’est entretenu avec le consul israélien aux Émirats arabes unis, Liron Zaslansky, qui lui a dit qu’elle avait entendu parler de nombreux incidents de harcèlement antisémite de la part des garde-frontières jordaniens aux postes qui séparent Israël et la Jordanie.

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