Les USA fustigent le Conseil de sécurité qui a bloqué la condamnation du Hamas
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Les USA fustigent le Conseil de sécurité qui a bloqué la condamnation du Hamas

Le Koweït affirme que sa résolution appelant à la protection des Palestiniens est plus pertinente que le projet américain sur les tirs de roquettes ; Haley crie au "scandale"

WASHINGTON – L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, a fustigé le Conseil de sécurité mercredi pour ne pas avoir condamné collectivement les attaques à la roquette contre Israël, accusant l’organisme international de partialité plusieurs semaines après qu’un autre groupe d’experts de l’ONU a appuyé une enquête sur les actions israéliennes à la frontière de Gaza.

Le Koweït, membre non permanent du Conseil qui représente les pays arabes, a bloqué une déclaration rédigée par les États-Unis lors de la réunion du Conseil mercredi, arguant qu’il avait présenté son propre projet de résolution qui traitait de la crise.

« Il est scandaleux que le Conseil de sécurité ne condamne pas les attaques à la roquette du Hamas contre des citoyens israéliens alors que le Conseil des droits de l’homme approuve l’envoi d’une équipe chargée d’enquêter sur les actions de légitime défense israéliennes », a déclaré Haley avant la réunion du Conseil convoquée pour discuter de la flambée de violence à la frontière de Gaza.

« J’exhorte les membres du Conseil de sécurité à exercer au moins autant de contrôle sur les actions de l’organisation terroriste du Hamas que sur le droit légitime d’Israël à se défendre ».

Ses propos faisaient suite à la plus grave flambée de violence entre Israël et les terroristes basés à Gaza depuis la guerre Israël-Hamas de 2014.

Cratère à l’extérieur d’une maison près de la frontière de Gaza causé par une roquette tirée depuis l’enclave côtière le 30 mai 2018. (Capture d’écran : Hadashot news/Eshkol Regional Council)

Mardi, les organisations terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien basées à Gaza ont lancé plus de 70 roquettes et obus de mortier sur Israël, provoquant des dizaines de frappes aériennes de représailles. Quatre Israéliens ont été blessés, dont un soldat qui a subi des blessures modérées, et des projectiles ont endommagé une cour de maternelle une heure avant l’arrivée des enfants et une maison alors qu’une famille dormait dans une chambre blindée à l’intérieur.

Le Koweït fait pression pour que le Conseil vote cette semaine sur son projet de résolution appelant à « l’examen de mesures » pour la protection des civils palestiniens, selon le texte obtenu par l’AFP.

Fumée s’échappant à l’horizon suite à une frappe aérienne israélienne dans la ville de Gaza, 29 mai 2018. (THOMAS COEX/AFP)

Les États-Unis, qui disposent d’un droit de veto au sein du Conseil, s’opposeront à cette mesure, a déclaré l’ambassadeur israélien Danny Danon aux journalistes.

« Les habitants de Gaza n’ont pas besoin d’être protégés contre une menace extérieure. La population de Gaza a besoin d’être protégée du Hamas », a déclaré Mme Haley.

Les États-Unis ont convoqué la réunion d’urgence mardi soir, mais dès mercredi soir, un calme relatif semblait s’installer dans la bande de Gaza suite aux efforts de médiation déployés par l’Égypte.

Dans un point de presse avant la réunion, Danon a prévenu qu’Israël répondrait à toute attaque future avec tous les moyens nécessaires pour protéger son peuple du terrorisme.

« Si les enfants israéliens sont empêchés de dormir tranquillement la nuit, alors les terroristes de Gaza ressentiront la puissance de l’armée israélienne », a-t-il affirmé. « Nous ne permettrons à personne de nuire à nos citoyens et nous ferons tout ce qui est nécessaire pour les défendre. »

Les violences de mardi ont été la plus grave escalade depuis la guerre de 2014 entre Israël et le Hamas et ont succédé à des semaines de manifestations palestiniennes au cours desquelles plus de 100 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes. Israël affirme qu’une majorité des personnes tuées appartenaient à des organisations terroristes et qu’il agissait pour défendre sa frontière contre des manifestants violents et des terroristes cherchant à s’infiltrer dans le pays pour commettre des attaques ou endommager la clôture. Le Hamas a reconnu que plus de 50 des victimes comptaient parmi ses membres.

Plus tôt ce mois-ci, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution demandant instamment une enquête sur les actions israéliennes à la frontière pendant les manifestations, provoquant la colère d’Israël et des États-Unis, qui ont accusé cette instance de partialité.

Des Palestiniens brûlent des pneus le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l’est de Khan Younès, le 25 mai 2018. (AFP Photo/Said Khatib)

Lors de la réunion du Conseil de sécurité, le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient a souligné que cette journée de combat montrait à quel point la région était au bord d’une autre guerre.

« Cette dernière série d’attaques est une mise en garde contre le fait que nous sommes au bord de la guerre tous les jours », a déclaré Mladenov, qui s’est exprimé par liaison vidéo depuis Jérusalem.

« Personne à Gaza n’a les moyens pour une autre guerre », a ajouté Mladenov.

Le Conseil étant dans l’impasse, la France a averti que l’incapacité à se mettre d’accord sur une réponse à la crise de Gaza portait préjudice aux Nations Unies.

« Ce silence de plus en plus lourd, qui devient assourdissant, n’est pas acceptable », a déclaré l’Ambassadeur de France, François Delattre.

« Ce n’est pas acceptable pour les populations palestinienne et israélienne, qui sont affectées par ce conflit. Ce n’est pas acceptable pour le monde qui nous regarde », a-t-il souligné.

Mme Haley s’est dite exaspérée que le Conseil n’ait pas pu s’entendre sur la condamnation des attaques à la roquette contre Israël, et a accusé le Hamas d’essayer d’amener les Israéliens à riposter.

« Contrairement à certaines situations auxquelles nous sommes confrontés ici au Conseil de sécurité, les membres coupables se trompent d’adversaire et prétendent ne pas avoir de preuve de responsabilité, ce qui n’est clairement pas le cas », a-t-elle ajouté. « Le Hamas revendique ouvertement la responsabilité de cette agression. Il le fait avec fierté. Son seul regret est que les attaques n’ont tué personne. »

« Le Conseil de sécurité a toujours été prompt à attaquer Israël, quels que soient les faits ou les circonstances », a poursuivi Mme Haley. « Je suis très attentive à la réaction de mes collègues quand les attaques sont directement dirigées contre Israël. »

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