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Les USA voteront contre la condamnation de l’ONU de l’annexion d’Israël du Golan

L'ambassadrice sortante, Nikki Haley, a déclaré que la mission s'opposera à une motion annuelle "manifestement biaisée" après des années d'abstention

L'ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, (au centre), lève la main alors qu'elle vote en faveur de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies concernant la Corée du Nord au siège des Nations Unies, à New York, le 11 septembre 2017. (Drew Angererer/Getty Images/AFP)
L'ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies, Nikki Haley, (au centre), lève la main alors qu'elle vote en faveur de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies concernant la Corée du Nord au siège des Nations Unies, à New York, le 11 septembre 2017. (Drew Angererer/Getty Images/AFP)

Les États-Unis voteront pour la première fois contre une résolution annuelle de l’ONU appelant Israël à se retirer du plateau du Golan, a déclaré vendredi la mission du pays auprès de l’organisation mondiale, ce qui signifie un changement radical dans la politique américaine envers le territoire.

Lors du vote prévu vendredi sur la résolution « Le Golan syrien occupé », les Etats-Unis changeront leur abstention annuelle en « non », a déclaré dans un communiqué Nikki Haley, ambassadrice sortante des Etats-Unis auprès de l’ONU.

« Si cette résolution a un jour eu un sens, ce n’est certainement plus le cas aujourd’hui. La résolution est manifestement biaisée contre Israël », a déclaré Mme Haley en annonçant la décision prévue.

La résolution non contraignante, votée chaque année par la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, conteste « l’illégalité de la décision » prise par Israël « d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration au Golan syrien occupé », qu’elle déclare illégale au regard du droit international.

Des soldats israéliens sur une base de l’armée sur le plateau du Golan regardent de l’autre côté de la frontière avec la Syrie le 7 juillet 2018. (AFP Photo/Jalaa Marey)

Israël a pris le plateau du Golan à la Syrie pendant la guerre des Six Jours de 1967 et a annexé le territoire au début des années 1980. Mais les États-Unis et la communauté internationale refusent depuis longtemps d’y reconnaître la souveraineté israélienne et la considèrent officiellement comme un territoire syrien sous occupation israélienne.

Mme Haley a cependant déclaré vendredi que « les atrocités que le régime syrien continue de commettre prouvent son manque d’aptitude à gouverner qui que ce soit ».

Israël aurait fait pression sur la Maison Blanche ces derniers mois pour qu’elle reconnaisse l’annexion, faisant valoir que la guerre civile sanglante en Syrie a corroboré les affirmations israéliennes selon lesquelles le plateau est essentiel pour le maintien de la sécurité.

En août, les forces gouvernementales syriennes soutenues par l’Iran et la Russie ont atteint la frontière avec le plateau du Golan israélien après avoir conquis le territoire des rebelles et des combattants de l’État islamique.

Bien qu’il ait cherché à éviter toute implication directe dans le conflit syrien, Israël a reconnu y avoir effectué des dizaines de frappes aériennes pour arrêter les livraisons d’armes sophistiquées destinées au Hezbollah, qui est un mandataire iranien.

L’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, s’est félicité de l’annonce faite par les États-Unis, déclarant dans un communiqué que « le changement dans le mode de vote américain prouve, une fois de plus, l’étroite  coopération entre les deux pays ».

« Il est temps que le monde fasse la distinction entre ceux qui stabilisent la région et ceux qui sèment la terreur », a-t-il ajouté.

L’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations Unies Nikki Haley s’entretient avec l’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies Danny Danon avant un vote à l’Assemblée générale le 13 juin 2018 à New York. (AFP PHOTO / Don EMMERT)

Alors qu’un « non » des Etats-Unis n’empêchera probablement pas l’adoption de la résolution, cela pourrait être un signe que l’administration Trump envisage de reconnaître le contrôle israélien sur le Golan.

En septembre, l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a déclaré qu’il s’attendait à ce que le territoire annexé reste « à jamais » sous contrôle israélien.

« Je ne peux honnêtement pas imaginer une situation dans laquelle le plateau du Golan ne fasse pas partie d’Israël pour toujours », a déclaré Friedman au quotidien Israel Hayom.

Mais lors d’une visite en Israël un mois plus tôt, le conseiller américain pour la sécurité nationale, John Bolton, avait déclaré qu’il n’y avait pas eu de discussions sur cette reconnaissance.

« Il est évident que nous comprenons la position israélienne qui revendique l’annexion du plateau du Golan – nous comprenons leur position – mais il n’y a aucun changement dans la position américaine pour le moment », avait-il déclaré dans une interview à l’agence de presse Reuters.

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