Bolton: les USA ne discutent pas de la souveraineté d’Israël sur le Golan
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Bolton: les USA ne discutent pas de la souveraineté d’Israël sur le Golan

Le conseiller à la sécurité nationale de Trump a indiqué qu'il n'y a "aucun changement dans la position américaine" malgré la pression mise par Jérusalem pour accepter l'annexion

John Bolton lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre Bnejamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 août 2018 (Crédit :  Ohad Zweigenberg/POOL)
John Bolton lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre Bnejamin Netanyahu à Jérusalem, le 20 août 2018 (Crédit : Ohad Zweigenberg/POOL)

Le conseiller national à la sécurité du président américain Donald Trump a déclaré mercredi que l’administration américaine ne discutait pas de la reconnaissance potentielle de la revendication israélienne de souveraineté sur le plateau du Golan, malgré des pressions rapportées de la part de Jérusalem.

Israël a capturé le plateau du Golan à la Syrie lors de la guerre des Six jours en 1967 et a annexé le territoire au début des années 1980. Mais les Etats-Unis et la communauté internationale refusent depuis longtemps d’y reconnaître une éventuelle souveraineté israélienne, considérant le plateau comme un territoire syrien sous occupation israélienne.

« J’ai entendu que l’idée était suggérée mais il n’y a pas de discussion à ce sujet, ni aucune décision au sein du gouvernement américain », a indiqué Bolton à l’agence de presse Reuters dans une interview qui a été publiée mercredi matin.

« Nous comprenons manifestement l’affirmation israélienne de l’annexion du plateau du Golan – nous comprenons ce positionnement – mais il n’y a aucun changement pour le moment dans la position américaine », a-t-il ajouté.

La reconnaissance de la souveraineté israélienne sur ce plateau montagneux stratégique, dans le nord-est du pays, bénéficie à la fois de soutien et d’opposition à Washington.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant une patrouille de sécurité sur le plateau du Golan, près de la frontière d’Israël avec la Syrie, le 11 avril 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Au mois de juillet, la commission de contrôle de la chambre américaine des représentants a écouté les arguments des opposants et des partisans de la reconnaissance de l’annexion israélienne du plateau du Golan à l’initiative du représentant républicain de Floride Ron DeSantis.

Alors que l’audience n’a été rattachée à aucune législation, elle a représenté une initiative agressive de la part de certains groupes pro-israéliens, de républicains amicaux et du gouvernement israélien visant à consolider les acquis apportés sous Trump, dont la Maison Blanche montre la volonté de s’aligner étroitement aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le gouvernement Netanyahu aurait, ces derniers mois, poussé la Maison Blanche à reconnaître cette annexion, disant que le chaos en Syrie consécutif au début de la guerre civile, en 2011, venait soutenir le rôle essentiel du plateau dans le maintien de la sécurité israélienne.

Au mois de juin, l’ambassadeur américain David Friedman aurait dit aux députés israéliens qu’ils se montraient « ingrats » lorsqu’ils demandaient à Washington de faire suivre sa reconnaissance de Jérusalem en tant que capitale d’Israël par une approbation américaine de la souveraineté de l’Etat juif sur le plateau du Golan.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman, à gauche, et le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton visitent l’ambassade de Jérusalem, le 21 août 2018 (Crédit :Matty Stern/Ambassade américaine de Jérusalem)

Trump a rompu avec des décennies de politique américaine au mois de décembre et a reconnu Jérusalem comme étant la capitale de l’Etat juif. Toutefois, mardi, le président a déclaré devant une foule rassemblée en Virginie qu’Israël paierait « un prix supérieur » par rapport aux Palestiniens en raison de cette concession, signalant un autre point de friction possible entre les gouvernements.

Parmi ceux qui ont demandé la reconnaissance américaine de l’annexion d’Israël du Golan, le ministre des Transports Israel Katz, le député issu du Likud, Yoav Kisch, et Yair Lapid, à la tête du parti d’opposition Yesh Atid.

Selon un reportage en hébreu diffusé par la chaîne publique Kan, dimanche, Friedman a expliqué que les Israéliens ne comprennent pas que les Etats-Unis ont des intérêts mondiaux sans lien avec l’Etat juif, tandis que les politiciens, en Israël, n’ont qu’un agenda interne.

Bolton a également appuyé la décision de l’administration Trump de réduire significativement les fonds versés à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, ce qui a placé l’institution dans une crise financière grave, venant refléter les critiques à l’encontre de son système qui reconnaît les descendants de réfugiés comme des réfugiés.

« Le programme de l’UNRWA est le seul dans l’histoire basé sur l’assertion d’un statut de réfugié héréditaire et je pense que cela fait trop longtemps que nous aurions dû prendre des initiatives pour réduire nos financements », a confié Bolton à Reuters. « La plus grande partie des dépenses de l’UNRWA ne fait véritablement que perpétuer le statut de réfugiés des Palestiniens et je pense que c’est… la perpétuation d’un statut qui n’est pas naturel ».

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