L’ex-ministre et députée Travailliste Ora Namir s’éteint à 88 ans
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L’ex-ministre et députée Travailliste Ora Namir s’éteint à 88 ans

Namir avait été députée à la Knesset pendant 22 ans puis ambassadice en Chine. Elle laisse le souvenir d'une "guerrière" dans le social et de son travail pour l'éducation

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Ora Namir, à gauche, et Arieh 'Luba' Eliav, le 1er décembre 2005 (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Ora Namir, à gauche, et Arieh 'Luba' Eliav, le 1er décembre 2005 (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Ora Namir, membre du parti Travailliste et députée ayant assumé par ailleurs deux rôles ministériels, s’est éteinte dimanche à l’âge de 88 ans.

Ses pairs, au sein de la formation, se sont souvenus de Namir pour son activisme dans les questions sociales et particulièrement pour ses efforts visant à améliorer le système éducatif.

« La Knesset est endeuillée par le décès de l’ancienne députée Ora Namir », a noté un message posté sur le fil d’information officiel du Parlement israélien sur Twitter. « Namir avait été membre de la 8e Knesset et elle avait siégé au parlement jusqu’à la 13e Knesset dans les rangs du parti Travailliste ».

Le président a déploré une « très mauvaise nouvelle ».

« Ora Namir avait travaillé à des postes variés pour promouvoir le statut des femmes et la commission qu’elle avait présidée avait recommandé l’adoption de la loi sur l’égalité dans les opportunités d’emploi, qui est dorénavant un fondement de la loi du travail en Israël », a dit Rivlin dans un communiqué.

« Plus tard, alors qu’elle était ministre des Affaires sociales, Ora a grandement contribué au développement de l’aide vis-à-vis des franges les plus faibles de la société, avec sensibilité et un grand sentiment de responsabilité », a-t-il ajouté.

« Le peuple d’Israël continuera à chérir sa mémoire et ses actions », a continué Rivlin, qui, en tant que député du Likud, avait siégé au Parlement aux côtés de Namir dans la 12e Knesset. « Que sa mémoire soit bénie ».

Le parti Travailliste a déclaré dans un communiqué que « tous les citoyens israéliens bénéficient du travail de toute sa vie ».

« Namir était très active dans les questions sociales et elle s’est battue pour l’égalité, pour l’éducation gratuite pour les enfants, pour des journées d’école plus longues », a ajouté le communiqué.

Le leader Travailliste Amir Peretz s’est souvenu avoir siégé au Parlement avec Namir.

« Le décès d’Ora est douloureux, notre relation personnelle était formidable et j’adorais nos conversations », a-t-il écrit sur Twitter. « Ora était à mes yeux l’une des plus hautes autorités dans les affaires sociales. A l’avenir, son héritage de guerrière sociale éclairera le chemin que je serai amené à emprunter ».

Il a posté une photo de lui posant aux côtés de Namir et de l’ancien député Aryeh « Lova » Eliav, l’un des fondateurs du parti Travailliste décédé en 2010.

Le président de la Knesset Yuli Edelstein s’est pour sa part souvenu avoir rencontré Namir à Moscou en 1981, lorsqu’il n’avait pas eu le droit de quitter l’Union soviétique pour Israël.

« Ora avait profité de sa participation à une conférence internationale qui était organisée à Moscou pour venir nous voir et nous prendre par la main », a écrit Edelstein sur Facebook. « Elle était une grande sioniste, de toute son âme et de toutes ses forces. Le sionisme était à ses yeux une valeur suprême, un mode de vie ».

Six années plus tard, après la libération de prison d’Edelstein et alors qu’il avait été autorisé à émigrer, Namir lui était venu en aide à son arrivée dans le pays, s’est-il rappelé dans son post. Sa toute première visite à la Knesset, a raconté Edelstein, avait eu lieu grâce à l’invitation de Namir, autour d’un repas pris à la cafétéria.

« Même si je n’ai pas eu le privilège de servir à ses côtés à la Knesset, elle a été un mentor pour moi par le biais de ses activités parlementaires longues et continues – et malgré les nombreux désaccords qu’il y avait entre nous », a encore écrit Edelstein.

Née à Hadera en 1930, Namir avait été officier pendant la guerre d’Indépendance de 1948. Elle avait épousé plus tard Mordechai Namir, ancien maire de Tel Aviv.

Namir avait été élue à la Knesset en 1974 et elle avait conservé son siège pendant 22 ans. Elle avait été membre de la Commission de l’éducation et de la culture, qu’elle avait également présidée. En 1975, le Premier ministre de l’époque Yitzhak Rabin l’avait nommée à la tête de la commission d’examen du statut des femmes en Israël, placée sous l’autorité du Premier ministre.

En 1992, elle avait tenté en vain de devenir responsable du parti Travailliste et, la même année, elle avait été désignée ministre de l’Education lors du second mandat de Rabin.

Un an plus tard, elle était devenue ministre du Travail et des Affaires sociales, une fonction qu’elle devait assumer jusqu’en 1996. Cette année-là, elle avait démissionné et quitté la politique pour devenir ambassadrice israélienne en Chine.

Après être revenue en Israël, elle s’était présentée au scrutin de 2013 pour remporter un siège à la Knesset sur la liste du parti Une nation, mais elle n’avait pas été élue.

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