L’Eypte invite Israël, l’AP et le Hamas à négocier un cessez-le-feu à long terme
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L’Eypte invite Israël, l’AP et le Hamas à négocier un cessez-le-feu à long terme

Le sommet, qui se déroulerait au Caire, portera également sur la question du rapatriement des dépouilles des soldats de Tsahal et des civils israéliens retenus captifs à Gaza

Un technicien inspecte un missile non explosé tiré depuis la bande de Gaza qui a atterri au dernier étage d'un immeuble résidentiel à Ashkelon, le 20 mai 2021. (Crédit : AP Photo/John Minchillo)
Un technicien inspecte un missile non explosé tiré depuis la bande de Gaza qui a atterri au dernier étage d'un immeuble résidentiel à Ashkelon, le 20 mai 2021. (Crédit : AP Photo/John Minchillo)

L’Égypte aurait invité Israël, l’Autorité palestinienne et le Hamas à un sommet au Caire pour discuter d’un cessez-le-feu à long terme entre Israël et Gaza, suite à une accalmie négociée par l’Égypte qui a récemment mis fin à un conflit de 11 jours entre Israël et les dirigeants de Gaza, le groupe terroriste palestinien du Hamas.

L’objectif du sommet serait d’élaborer un accord sur la reconstruction de Gaza ainsi qu’un accord de cessez-le-feu à long terme et de discuter du retour des civils israéliens et des corps de deux soldats de Tsahal retenus en captivité depuis près de sept ans, a rapporté mercredi le radiodiffuseur israélien Kan (en hébreu).

Les soldats de Tsahal Hadar Goldin et Oron Shaul ont été tués lors de la guerre de l’été 2014 avec le Hamas, tandis que le civil Avera Mengistu a été capturé après être entré à Gaza de son propre chef la même année. Mengistu souffrirait de problèmes de santé mentale. Hisham al-Sayed, un deuxième civil, est entré dans l’enclave en 2015 et y est détenu depuis.

Selon le reportage, un responsable militaire égyptien anonyme s’est rendu en Israël la semaine dernière pour discuter de l’initiative, mais aucune date n’a été fixée pour le sommet proposé.

Kan a également rapporté qu’Israël a posé deux conditions pour son accord de participation : que les pourparlers avec le Hamas et l’Autorité palestinienne se tiennent séparément, et que chaque étape du processus de reconstruction de Gaza soit liée à l’avancement du retour des captifs.

Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du haut à gauche : Avera Mengistu, Hisham al-Sayed, Hadar Goldin et Oron Shaul. (Flash 90/Times of Israel)

Au fil des ans, Israël s’est efforcé d’obtenir la libération des corps des soldats et des civils, en utilisant souvent l’armée égyptienne, qui entretient des liens avec Jérusalem et le Hamas, comme intermédiaire. Le Hamas a demandé, en échange, la libération des prisonniers de sécurité palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, qu’ils soient membres du Hamas ou d’autres groupes terroristes. Certains de ces prisonniers avaient déjà été libérés lors de l’accord d’échange de prisonniers de 2011, mais ont été réarrêtés lors de la répression de 2014 contre le groupe terroriste en Cisjordanie, à la suite de l’enlèvement et du meurtre de trois adolescents israéliens.

Actuellement, des efforts diplomatiques sont en cours pour consolider le cessez-le-feu négocié par l’Égypte qui a mis fin aux récents combats, avec des plans pour reconstruire la bande de Gaza où les frappes aériennes israéliennes ont endommagé les infrastructures et rasé les bâtiments.

Le Caire a envoyé des délégations à Tel-Aviv et à Gaza pour surveiller l’application du cessez-le-feu et coordonner l’aide internationale d’urgence et de reconstruction pour l’enclave, qui est soumise à un blocus israélien et égyptien depuis près de 15 ans afin d’empêcher le Hamas de construire des infrastructures terroristes.

Des volontaires palestiniens balaient la poussière devant un bâtiment détruit lors de la dernière série de combats, dans le quartier Rimal de la ville de Gaza, le 25 mai 2021. (Crédit : MOHAMMED ABED / AFP)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est rendu en Jordanie mercredi, à l’issue d’une tournée de deux jours au Proche-Orient.

Après avoir rencontré le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, qu’il a félicité pour avoir contribué à mettre fin « relativement rapidement » à la violence intense, il s’est rendu en Jordanie, où la moitié des 10 millions d’habitants sont d’origine palestinienne.

Il a rencontré le roi Abdallah II, après deux jours de discussions régionales – notamment avec les dirigeants israéliens et palestiniens – afin d’obtenir le soutien de Washington au cessez-le-feu.

« Il était important de garantir le cessez-le-feu, notamment en raison du bilan dévastateur de la violence sur les familles des deux côtés », a déclaré Blinken aux journalistes après sa rencontre avec le monarque jordanien à Amman, sa dernière étape.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken en réunion avec le roi de Jordanie Abdullah II à Bayt Al Urdon, le 26 mai 2021, à Amman, en Jordanie. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon, Pool)

« Nous voyons le cessez-le-feu non pas comme une fin, mais comme le début de quelque chose sur lequel nous pouvons construire ».

Après s’être entretenu avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dans son quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, Blinken a promis de rétablir les relations entre les États-Unis et les Palestiniens en rouvrant un consulat à Jérusalem et en accordant des millions de dollars d’aide à la bande de Gaza.

Ces annonces marquent une rupture avec la politique américaine de l’ancien président Donald Trump, qui avait fermé la mission diplomatique pour les Palestiniens en 2019 et réduit l’aide à l’Autorité palestinienne.

À long terme, Blinken a évoqué la « possibilité de reprendre les efforts pour parvenir à une solution à deux États, dont nous continuons de penser qu’elle est le seul moyen d’assurer véritablement l’avenir d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, et bien sûr de donner aux Palestiniens l’État auquel ils ont droit. »

Après avoir rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il a réitéré son soutien au droit d’Israël de se défendre contre les attaques à la roquette des dirigeants du Hamas de Gaza, ajoutant qu’ils ne doivent pas bénéficier de l’aide à la reconstruction.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, rencontre le secrétaire d’État américain Antony Blinken dans son bureau à Jérusalem, le 25 mai 2021. (Crédit : Haim Zach / GPO)

Le chef politique du Hamas, Yahya Sinwar, a juré mercredi de ne pas prendre « un seul centime » de l’aide, insistant sur le fait que le groupe avait suffisamment d’argent.

Reconstruire Gaza

Mercredi, après avoir rencontré Sissi, Blinken a déclaré que tous deux « croient fermement que les Palestiniens et les Israéliens méritent également de vivre en sécurité » et que « l’Égypte est essentielle à ces aspirations ».

La semaine dernière, Sissi a promis 500 millions de dollars pour aider les efforts de reconstruction à Gaza.

Blinken a déclaré mercredi que les États-Unis étaient sur le point de fournir plus de 360 millions de dollars d’aide aux Palestiniens, dont 250 millions annoncés en mars et avril.

En plus de cela, l’administration avait l’intention de fournir 75 millions de dollars d’aide aux Palestiniens, ainsi que 5,5 millions de dollars d’aide immédiate en cas de catastrophe pour Gaza, et près de 33 millions de dollars pour un appel humanitaire d’urgence de l’ONU.

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