L’historienne allemande qui a inventé des histoires de Shoah, retrouvée morte
Rechercher

L’historienne allemande qui a inventé des histoires de Shoah, retrouvée morte

Marie Sophie Hingst avait envoyé 22 pages de témoignages de personnes inexistantes à Yad Vashem

L'historienne allemande Marie-Sophie Hingst. (Capture d'écran : YouTube/via JTA)
L'historienne allemande Marie-Sophie Hingst. (Capture d'écran : YouTube/via JTA)

L’historienne et blogueuse allemande Marie-Sophie Hingst, dont l’invention de l’histoire familiale liée à la Shoah a été révélée dans un article du magazine Spiegel en juin, est morte à Dublin à l’âge de 31 ans.

Elle a été retrouvée morte dans son appartement le 17 juillet. La police n’a pas confirmé la cause de la mort, mais indique qu’aucun acte criminel n’est suspecté.

En juin, Hingst s’est vue retirer son prix « Golden Blogger » à la suite de révélations selon lesquelles elle aurait inventé l’histoire des souffrances de sa famille durant la Shoah.

Selon le magazine Der Spiegel, qui a révélé l’histoire le mois dernier, Hingst avait envoyé, en 2013, 22 pages de témoignage sur des personnes qui n’ont finalement jamais existé à Yad Vashem, le mémorial israélien de la Shoah en charge des archives sur le génocide. Elle avait évoqué sa « famille » sur son blog intitulé : « Lis, ma chère – Lis ». Par la suite, elle a supprimé le blog et ses écrits ne sont plus accessibles.

Hingst « voulait établir des liens étroits avec la communauté juive », selon le magazine populaire. « Elle a animé des tables rondes pour l’Association pour le Mémorial des Juifs assassinés d’Europe, elle a travaillé pour le Selma Stern Center for Jewish Studies Berlin-Brandenburg et elle a rejoint la Jewish Society au Trinity College. »

« Ce genre d’escroquerie n’est peut-être pas un crime en soi, mais c’est néanmoins scandaleux », a écrit Martin Doerry, rédacteur en chef de Der Spiegel. « Inventer des victimes de la Shoah, c’est se moquer de tous ceux qui ont été torturés et tués par les nazis. »

Cependant, le journaliste dublinois Derek Scally, qui a interviewé Hingst pour The Irish Times, a déclaré qu’il était clair pour lui qu’elle souffrait de maladie mentale. La mère de Hingst a dit à Scully que sa fille avait plusieurs personnalités.

Hingst, qui avait obtenu un diplôme en histoire au Trinity College de Dublin et travaillait pour la société de high-tech Intel, avait avoué à Doerry qu’elle avait inventé l’histoire familiale ; elle a qualifié son blog primé de littérature, mais Doerry a conclu qu’elle semblait parfois croire ce qu’elle avait inventé.

Après la publication de l’article de Doerry, Hingst a dit à Scally qu’elle se sentait « écorchée vive ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...