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Liban : un archevêque maronite de retour d’Israël arrêté

Moussa el-Hajj a été accusé par le tribunal militaire d'avoir "enfreint la loi de boycott d'Israël" ; les autorités religieuses se sont indignées de sa convocation et de sa détention

Le village chrétien maronite de Jish, dans le nord d'Israël (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)
Le village chrétien maronite de Jish, dans le nord d'Israël (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

La convocation et la détention d’un archevêque maronite libanais par un tribunal militaire libanais à son retour d’un déplacement en Israël, a suscité mercredi l’indignation parmi la classe politique chrétienne.

En sa qualité d’archevêque maronite de Haïfa et de Jérusalem Moussa el-Hajj est autorisé à visiter Israël et les Territoires palestiniens, mais à l’issue de son dernier déplacement il a été détenu pendant huit heures, lundi à son retour. Puis il a été convoqué par un tribunal militaire pour un interrogatoire mercredi, ont rapporté les médias locaux.

En réaction, le patriarche maronite Béchara Raï a tenu mercredi une réunion exceptionnelle avec d’autres religieux maronites, dont l’archevêque Moussa. Les prélats ont condamné son arrestation et sa convocation, qualifiées de « farce », et ont demandé que l’affaire soit « close immédiatement ».

« Nous exigeons (…) que l’aide confisquée soit restituée à l’archevêque afin qu’elle puisse parvenir à ses bénéficiaires », a indiqué le communiqué faisant référence à l’aide financière que l’archevêque a rapporté d’Israël où vit une petite communauté libanaise.

D’autres hommes politiques ont dénoncé l’arrestation du prêtre comme Samir Geagea, qui dirige le plus grand bloc parlementaire chrétien.

« Il est totalement incompréhensible que la sécurité générale arrête (…) l’archevêque Moussa el-Hajj », a déclaré M. Geagea dans un communiqué.

Même réaction offensée du député du parti Kataeb, Nadim Gemayel. Il a estimé que cette arrestation « porte atteinte à l’église maronite ».

L’archevêque n’a pas comparu mercredi, après avoir été accusé par le tribunal militaire d’avoir « enfreint la loi de boycott d’Israël », et pour « implication dans du blanchiment d’argent », a indiqué une source proche du dossier.

Cette dernière accusation fait référence à l’aide que l’archevêque a rapporté des Libanais vivant en Israël et destinée à leurs proches au Liban, qui souffrent de la crise économique, a ajouté le responsable sous couvert d’anonymat.

Les forces de sécurité ont saisi « d’importantes quantités de médicaments, de denrées alimentaires et des conserves, en plus de 460 000 dollars » lorsqu’il est rentré au Liban, a-t-il précisé.

Une communauté de chrétiens maronites, dont beaucoup sont des réfugiés libanais vivent actuellement en Israël après avoir aidé l’Etat hébreu pendant la guerre civile au Liban de 1975-1990.

La majorité des réfugiés ne sont pas revenus au Liban par crainte d’être persécutés ou arrêtés. Ils sont traités souvent de « collabos » notamment par les partisans du puissant groupe terroriste chiite du Hezbollah, ennemi juré d’Israël.

Pour d’autres, surtout parmi la communauté chrétienne, ils devraient être autorisés à rentrer.

Les citoyens libanais n’ont pas le droit de se rendre en Israël. Seule exception, les personnalités religieuses chrétiennes sont autorisées à visiter Israël et les Territoires palestiniens dans le cadre de leurs fonctions, le patriarche maronite du Liban s’étant rendu à Jérusalem en 2014.

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